Un astéroïde grand comme presque deux tours Eiffel passera "près" de la Terre samedi

Sciences
ESPACE - Un rocher spatial de la taille d'un gratte-ciel va passer à proximité -à l’échelle du Système solaire - de la Terre ce samedi 10 août. Rassurons-nous, ce visiteur venu des confins de notre galaxie est "relativement inoffensif" d'après la Nasa.

Samedi, un gigantesque astéroïde filant à une vitesse de 16.470 kilomètres par heure va passer à proximité de notre planète, a annoncé le Centre d'études des objets célestes proches de la Terre (CNEOS) de la NASA. Le gros caillou doit passer à 8 millions de kilomètres au-dessus de nos têtes. Assez loin pour écarter formellement la possibilité d’un impact avec notre planète, mais suffisamment proche à l’échelle du Système solaire. D’où la nécessite de garder un œil sur lui, explique l’Agence spatiale américaine dans un communiqué


Venu des confins de notre galaxie, ce visiteur connu sous le nom de 2006 QQ23 mesure environ 570 mètres de large, soit près de deux fois la hauteur de la Tour Eiffel, selon les estimations des astronomes. Un critère qui, en plus sa trajectoire, le classe d’office dans la catégorie des astéroïdes "potentiellement dangereux", précise l’agence américaine. L’objet est "d’une taille modérée" et reste "relativement inoffensif", ont tenu à rappeler Lindley Johnson et Kelly Fast, du Bureau de coordination de la défense planétaire de la Nasa, interrogés par la chaîne américaine CNN.

Chaque année, environ six objets spatiaux d’une taille équivalente à 2006 QQ23 passent à proximité de la Terre. Autant dire que l'événement n'a rien d'exceptionnel. Mais s'il n'y aucune menace imminente, le risque est cependant bien réel. Les agences spatiales, et notamment la Nasa, scrutent avec attention ces bolides qui, en raison de leur orbite, pourraient un jour entrer en collision avec note planète. Actuellement, plus de 896 comètes et astéroïdes mesurant plus d’un kilomètre sont placés sous haute surveillance. Non pas parce qu’ils constituent une menace imminente, mais bien pour s’assurer qu’ils ne le deviennent pas. Car, dans l’immensité du Cosmos, une infime déviation de vitesse, même de l’ordre de quelques centimètres par seconde, suffirait pour modifier la trajectoire de l'un d'eux de plusieurs millions de kilomètres.


En 2022, la mission américano-européenne DART aura justement pour but d'expérimenter une technique de déviation d'astéroïde. Une sonde spatiale de la Nasa va tirer un projectile artificiel qui va frapper à six kilomètres par seconde la surface de Didymoon, la petite lune de Didymos, un astéroïde de 800 mètres de diamètre autour duquel elle orbite. Il s’agira du tout premier test grandeur nature. Côté européen, la mission Hera consistera à envoyer un orbiteur qui ira constater le résultat de la déviation. Sur place, l’appareil sera chargé de mesurer le résultat de cette déviation, c’est-à-dire la période orbitale de la petite lune autour de son corps central, ainsi que la taille du cratère et sa morphologie. De quoi nous armer face à une éventuelle menace venue du ciel.

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