Les lampes LED ne sont pas si bonnes pour la planète

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ENVIRONNEMENT - On les dit moins gourmandes en énergie... Et pourtant, selon une étude publiée mercredi 22 novembre dans la revue "Science Advance", les lampes à LED ne sont pas si économes que ça. Pire, leur utilisation massive n'a fait qu'accroître la pollution lumineuse sur Terre.

L'idée - vertueuse - selon laquelle on peut éclairer mieux et pour bien moins cher avec les ampoules à LED a du plomb dans l'aile. En effet, selon une étude publiée mercredi 22 novembre dans la revue "Science Advances", le recours massif à cette nouvelle technologie n'a fait qu'accroître la pollution lumineuse sur Terre ce qui, à terme, affecte la santé humaine, les animaux et les plantes.


Après avoir analysé les observations d’un satellite, les chercheurs du Centre GFZ de recherche de géophysique à Potsdam en Allemagne, à l'origine de cette étude, ont déterminé que l'éclairage artificiel de la planète s'est accru, tant en quantité qu'en intensité, d'environ 2% par an de 2012 à 2016. 

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Les ampoules LED consomment six fois moins que les allogènes

Et c'est là, tout le paradoxe : car  les chercheurs ont conclu que les économies d'énergie réalisées grâce à la technologie LED - pourtant plus faibles qu'attendues - ont apparemment été investies pour installer encore plus d'éclairages extérieurs. "Il y a un bon potentiel pour une véritable révolution de l'éclairage permettant à la fois d'économiser de l'énergie et de réduire la pollution lumineuse mais seulement si on ne consacre pas les économies réalisées à créer encore plus de lumière", résume Christopher Kyba, le principal auteur de cette étude. Mais malheureusement, juge-t-il, la luminosité artificielle va continuer à augmenter la nuit dans le monde avec des conséquences néfastes sur l'environnement et la santé.

Pollution lumineuse sous-estimée

La lumière la nuit peut, en effet, perturber le rythme circadien, l'horloge biologique, ce qui accroît le risque de cancer, de diabète et de dépression. Elle peut aussi inhiber la "dormance" des végétaux qui leur permet de survivre aux rigueurs de l'hiver. "Nous espérons que les résultats de cette recherche vont encore davantage tirer la sonnette d'alarme quant aux nombreuses conséquences sur la nature d'un usage excessif de la lumière artificielle la nuit", a quant à lui relevé Scott Feierabend, directeur de l'Association internationale des nuits noires "International Dark-Sky Association"


Il pointe notamment le fait que les éclairages LED émettent beaucoup de lumière bleue, néfaste à la santé. Et ça, l'instrument utilisé dans le satellite de la Nasa pour cette étude ne peut pas détecter. Ainsi l'étude pourrait avoir sous-estimé l'ampleur de la pollution lumineuse. En outre, cette lumière se diffuse davantage dans l'atmosphère terrestre que les autres sources lumineuses d'autres couleurs ce qui fait que le satellite n'a pas capté toute l'intensité de la lueur des villes la nuit qui apparemment étaient moins brillantes qu'avant l'adoption des ampoules LED, explique Christopher Kyba.

Selon un nouvel atlas mondial de la pollution lumineuse publié en 2016, plus de 80 % de l'humanité vit sous des cieux inondés de lumière artificielle, et un tiers de la population de la planète ne peut jamais voir la Voie lactée. Cette carte permet d'étudier les éclairages artificiels comme un polluant ayant un impact potentiel sur la santé et l'écologie, expliquait alors l'équipe 

internationale qui l'a mise au point.

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