"First Man" : on va retourner sur la Lune, mais quand ?

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EXPLORATION - Alors que le biopic sur Neil Armstrong, le premier homme à avoir marché sur la Lune, sort en salles ce mercredi 17 octobre, LCI fait le point sur les prochaines missions qui pourraient conduire des humains à fouler de nouveau le sol de notre satellite.

On va remarcher sur la Lune. Reste à savoir quand. Aussi incroyable que cela puisse paraître, près d'un demi-siècle après la mission Apollo 11, malgré des progrès technologiques, nous sommes en effet aujourd’hui dans l’incapacité d’envoyer des humains sur notre satellite naturel. La dernière fois qu’un homme a foulé le sol lunaire, c’était il y a quarante-six ans, en 1972. Depuis, rien. Faute de volonté politique, et donc de budget, mais aussi de fusée et vaisseau pour nous y emmener. 


Alors que "First man", le biopic sur Neil Armstrong, le premier homme à avoir marché sur la Lune, sort en salles ce mercredi 17 octobre, LCI fait le point sur les ambitions des agences spatiales ou compagnies privées qui verraient bien des humains remettre le pied sur notre satellite naturel. 

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Un vol américain de reconnaissance dans quelques années

En décembre 2017, le président américain a notamment remis la Lune au cœur de la politique spatiale de son pays. "Les Etats-Unis vont mener le retour des humains sur la Lune pour de l’exploration et de l’exploitation à long terme, retour qui sera suivi par des missions humaines vers Mars et d’autres destinations", a ensuite expliqué Donald Trump lors d'un discours. "Mars, en grande partie à cause d'Elon Musk et de son projet de coloniser la planète rouge, a éclipsé pendant longtemps notre satellite. Aujourd'hui, la Lune fait de nouveau rêver", se réjouit l'astronaute français Jean-François Clervoy, interrogé par LCI.


Le lanceur américain "SLS" (pour Space Launch System) doit pallier ce manque, en emportant à son sommet la capsule habitable Orion, successeur d’Apollo, qui n'a volé qu'une seule fois de manière expérimentale, 2014, sans passager. Lors de son vol inaugural, programmé fin 2019, Orion sera cependant vide. Le second lancement,  prévu pour le début des années 2020, emportera des humains mais ceux-ci ne mettront pas le pied sur la Lune et se contenteront de survoler l'astre dans un remake de la mission Apollo 8 de… 1968. 

Un station spatiale en orbite autour de la Lune

Ces deux missions de reconnaissance nourrissent un projet beaucoup plus ambitieux porté, comme il y a cinquante ans, par les Américains. Le nom de code de ce projet : "Lunar Orbital Platform-Gateway" (en français, "Portail en orbite lunaire"), une station spatiale qui serait placée non pas autour de la Terre, comme l'ISS, mais donc en orbite autour de la Lune. Plus petite que l'ISS, elle servirait à la fois de port d'attache pour l'exploration de notre satellite, mais aussi de tremplin en vue des prochaines missions vers Mars. Outre la Nasa, ce projet de station spatiale autour de la Lune reposera sur les partenaires actuels de l’ISS, à savoir la Russie avec son agence Roscosmos, l’Europe avec l’Agence Spatiale Européenne (Esa), le Japon avec la Jaxa (Japan eXploration Agency) et le Canada avec l’ASC (Agence Spatiale Canadienne). 


La première partie, un élément de propulsion et d'alimentation en énergie, décollerait dès 2022. Ensuite viendraient les modules d'habitation à partir de 2023. A partir de cette date, des équipages pourraient alors s'y relayer pour des missions "de 30 à 60 jours". La Nasa a annoncé que ce futur transport spatial serait expérimenté d’ici la fin des années 2020, par une mission habitée d'un an "dans le voisinage de la Lune". 

Le projet "Lunar Orbital Platform-Gateway"

Une sonde sur la face cachée de la Lune en 2019

L'agence spatiale américaine prévoit d'arrimer à cette station spatiale un "vaisseau de transport" réutilisable, qui reste cependant encore à concevoir, et dont le port d'attache sera la Lunar Orbital Platform-Gateway. Dans cette optique, une compétition internationale a été lancée début octobre à l'occasion du Congrès international d'astronautique à Brême, en Allemagne. Ce concours informel vise à permettre l'installation de l'Homme sur la Lune et des sociétés privées, telles que Blue Origin et Lockheed Martin, ont déjà présenté leur projet d'atterrisseur lunaire.


De son côté, la Chine a délivré récemment de nouvelles informations sur son ambitieux programme d'exploration robotique et humaine de la Lune. L'empire du Milieu prépare ainsi des capsules capables d'emmener des taïkonautes autour de notre satellite. Sa prochaine étape est d'envoyer une sonde sur la face cachée en 2019, ce que personne n’a jamais fait, et de ramener des échantillons de terrain sur la Terre. La première mission habitée autour de la Lune aurait lieu dans les années 2030. 

Un projet de village lunaire

Enfin, depuis plusieurs années, l'agence spatiale européenne milite de son côté pour le "village lunaire", un projet de coopération internationale pour s'implanter près du pôle sud de la Lune. D'ici 2030, une première colonie lunaire pourrait s'implanter, avec six à dix pionniers, des scientifiques, techniciens et ingénieurs. "En 2050, vous pourriez avoir un millier de personnes" sur la Lune et puis on pourrait envisager de "faire venir les familles", imaginait Bernard Foing, responsable du programme "Moon Village" de l'Esa, à l'occasion d'un congrès européen de science planétaire en 2017. Et dans quelques décennies, "il pourrait même y avoir des naissances d'enfants sur la Lune", prédisait-il. 


Une idée finalement pas si éloignée des prédictions du célèbre physicien Stephen Hawking. "C'est un projet ambitieux qui nécessite une coopération internationale, souligne Jean-François Clervoy. Reste à savoir si l'Europe arrivera à convaincre ses partenaires. Pékin a fait part récemment de sa volonté de collaborer davantage avec l'Esa pour de prochaines missions. Alors pourquoi pas...".

Le projet de village lunaire européen

Elon Musk va envoyer un touriste en croisière autour de la Lune

Il sera vraisemblablement le premier touriste à effectuer une croisière autour de la Lune grâce à un projet privé. Le nom de ce pionnier du tourisme spatial a été dévoilé lundi 17 septembre au siège de Space X, en Californie. Yusaku Maezawa, collectionneur d’art et entrepreneur de 42 ans, a déjà son billet en poche. Mais il devra patienter encore un peu. La fusée à bord de laquelle il embarquera pour ce voyage lunaire, la fameuse "BFR" (pour Big Falcon Rocket), ne sera pas opérationnelle avant 2023, au plus tôt, a tenu à préciser Elon Musk, le patron de Space X.

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