La 4G sur la Lune, le Soleil approché comme jamais... : voici les grands événements spatiaux qui vont marquer 2019

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La Lune avant Mars : la conquête spatiale redécolle

ESPACE - Découvrez les principaux événements spatiaux qui auront lieu au cours de l'année 2019.

L’année 2019 a débuté sur les chapeaux de roues. La sonde New Horizons a frôlé Ultima Thulé, un corps perdu à 6,5 milliards de kilomètres de notre planète, dont l’agence spatiale américaine a indiqué qu’il était "le plus distant jamais visité". Deux jours plus tard, le 3 janvier dernier, l’agence chinoise de l’espace a réussi l'exploit de faire alunir un engin sur la face cachée de la Lune et y déployer un petit robot motorisé.

Et ce n'est pas fini. Voici les principaux événements auxquels vous préparer, qu'ils soient lancés par des agences spatiales ou des entreprises privées.

JANVIER 2019

Un module indien en route pour la Lune

Cinq ans et demi après avoir réussi la prouesse de placer un engin en orbite autour de Mars, l’Organisation indienne pour la recherche spatiale (ISRO) se prépare à faire ses premiers tours de roue sur la Lune avec sa mission baptisée "Chandrayaan-2" (qui signifie "véhicule lunaire" en sanskrit).Le module lunaire indien, qui devait partir vers notre satellite en mars 2018, devrait finalement être lancé le 31 janvier.

S’il parvient à se poser sans encombre, l’atterrisseur pourra alors libérer un petit robot motorisé, de 20 kg et alimenté par des panneaux solaires, pour partir en exploration sur une distance d’environ 200 mètres. Les instruments scientifiques qui équipent les différents segments de la mission seront notamment chargés d’observer le sol pour en faire une reconstitution 3D. Ils enverront aussi des données sur l’exosphère, la minéralogie et les éventuelles traces d’eau que l’on peut trouver sous forme de glace.

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FÉVRIER 2019

Le premier vol de la capsule habitable de SpaceX

Depuis l’été 2011 et le retrait de la navette spatiale américaine (STS), le module Dragon de SpaceX assure en partie le ravitaillement de la Station spatiale internationale (ISS). Le 5 janvier dernier, la société a installé sur sa rampe de lancement le Crew Dragon, sa version habitée. Le premier vol de démonstration (qui s’effectuera sans équipage), initialement prévu ce lundi 7 janvier, a été repoussé de plusieurs semaines. Si tout se passe bien, deux autres essais sans pilote seront réalisés, notamment pour tester le système d'éjection d'urgence de chaque capsule.

MARS 2019

Le premier vol de la capsule habitable de Boeing

En août dernier, à la suite d’un problème découvert lors d’un essai à Cap Canaveral, le premier vol de la capsule habitable Starliner CST-100 a dû être repoussé. Il aura lieu finalement en mars prochain, si tout va bien, selon son constructeur. Boeing, tout comme SpaceX, travaille à la mise au point de vaisseaux pour transporter des astronautes et ainsi redonner aux Etats-Unis la capacité d'accéder à l'ISS par leurs propres moyens. Depuis l'arrêt du programme des navettes spatiales en 2011, ils doivent en effet utiliser le Soyouz russe et payer plus de 80 millions de dollars par siège dans le cadre d'un accord qui court jusqu'à novembre 2019.

Le premier vol d'essai du vaisseau spatial Starship de SpaceX

Le milliardaire Elon Musk a partagé sur Twitter, samedi 5 janvier, une image conceptuelle de ce à quoi ressemblera le futur vaisseau spatial de SpaceX. Le premier vol d'essai doit avoir lieu courant Mars, a-t-il précisé. La compagnie spatiale américaine utilise actuellement deux fusées : Falcon 9, son lanceur phare, qui a accompli plus d’une soixantaine de missions depuis 2012 ; et Falcon Heavy, capable d'emporter des charges plus lourdes, qui a effectué un vol d'essai en février dernier, lançant une voiture Tesla en orbite autour du Soleil, au-delà de Mars. Mais ces deux fusées sont appelées à disparaître au profit de la seule Starship (anciennement nommé BFR, pour "Big Falcon Rocket"). C’est d’ailleurs une fusée Starship (qui signifie "vaisseau spatial" en français) qui doit envoyer le milliardaire japonais Yusaku Maezawa autour de la Lune en 2023 et atteindra peut-être Mars un jour. 

AVRIL 2019

Le premier engin spatial privé à se poser sur la Lune

Un atterrisseur lunaire, conçu par la startup SpaceIL, doit se poser le 30 avril prochain sur la surface de notre satellite naturel. Ce sera le premier engin israélien à se poser sur la Lune. A son bord, une capsule temporelle, censée constituer un témoignage destiné aux générations futures, contient trois disques numériques avec des milliers de fichiers. On y trouve des dessins d'enfants, des images de symboles israéliens comme le drapeau bleu blanc, des chansons israéliennes et les souvenirs d'un rescapé de la Shoah.

L'épopée spatiale de cette jeune pousse a débuté en 2008 à l'occasion de Google Lunar XPrize, un concours qui offrait 30 millions de dollars de récompense pour encourager les entrepreneurs privés à proposer des missions lunaires relativement peu coûteuses. Bien que le prix Google a expiré en mars sans que le gagnant ait atteint la Lune, l'équipe israélienne a décidé de persévérer. Le coût de ce projet un peu fou : 100 millions de dollars.

JUIN 2019

Le premier vol habité du vaisseau Crew Dragon

La capsule habitable de SpaceX transportera sa première équipe d'astronautes de la Nasa. Bob Behnken et Doug Hurley devraient être les heureux élus. Conçu à la base pour le futur tourisme lunaire, Crew Dragon sera utilisé, dans un premier temps, pour le transport des astronautes de la Nasa jusqu’à la Station spatiale internationale. La version habitable reprend la même architecture que la capsule Dragon, avec une cabine modifiée pour rendre les futurs voyages de l’équipage plus confortables. Différents éléments ont été ajoutés, comme par exemple des sièges en fibre de carbone, quatre fenêtres offrant une vue panoramique, ainsi qu’un moniteur pour contrôler la température.

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JUILLET 2019

La 4G sur la Lune, c’est pour 2019

La start-up berlinoise PTScientists a dévoilé en février 2018 les détails de l’opération "Mission to the Moon", destinée à déployer le réseau 4G sur la surface de la Lune, à l’occasion du cinquantième anniversaire du premier pas humain sur le satellite naturel de la Terre -c'était le 21 juillet 1969. Des géants mondiaux de différents secteurs d’activité, dont Nokia, Vodafone, Audi ou encore SpaceX, sont impliqués dans le programme.

C’est d’ailleurs une fusée Falcon 9 de l’entreprise spatiale américaine d’Elon Musk qui devrait décoller de Cap Canaveral et déposer sur la Lune le module Alina, élément-clé du projet. Il servira de relais pour transmettre vers la planète bleue les photos et vidéos prises par deux rovers Audi, batpisés "Lunar Quattro", qui exploreront notre satellite. Le tout en utilisant un réseau 4G Vodafone installé pour l’occasion grâce à un équipement pesant moins d’un kilo fabriqué par Nokia.

AOÛT 2019

Le premier vol habité de CST-100 Starliner

Le vaisseau habitable de Boeing va transporter sa première équipe d'astronautes de la Nasa, pour une mission de 14 jours à bord de l'ISS. Deux pilotes chevronnés participeront aux vols d'essai : Eric Boe et Christopher Ferguson. Ils seront accompagnés de Nicole Mann qui effectuera là son premier voyage dans l'espace, ainsi que de l'expérimentée Sunita Williams, ancienne pilote de l'US Navy.

SEPTEMBRE 2019

Parker Solar au plus près du Soleil

Le vaisseau américain, parti de la Terre en août 2018, va s’approcher au plus près de notre Soleil. L'engin, d'un poids de 685 kilogrammes, affronte actuellement les conditions dantesques de la couronne solaire, ce fameux "halo" qui entoure le Soleil et devient visible à l’œil nu lors d’une éclipse totale. Parker Solar doit traverser à 25 reprises l'atmosphère du Soleil d'ici à 2024. La sonde spatiale fera ses observations en s’approchant progressivement de sa surface à mesure de l’avancée de sa mission, jusqu’à se trouver à 6 millions de kilomètres de la surface de l’astre. 

En vidéo

La sonde Parker à l'assaut du Soleil

EN VRAC…

Un ticket pour l’espace avec Blue Origin

Blue Origin, la société fondée par le milliardaire Jeff Bezos, a annoncé qu'elle commencerait à vendre en 2019 ses premiers billets pour faire un tour dans sa fusée New Shepard. Ici, l'idée n'est pas d'aller très loin, mais de réaliser un vol suborbital, avec quelques minutes d'apesanteur.  La capsule peut accueillir six touristes. "Ils auront un ou deux jours entraînement", a assuré l'entrepreneur, sans préciser le montant du billet.

Si Blue Origin atteint son but, elle devancera de quatre ans sa rivale SpaceX, qui a annoncé vouloir envoyer un  milliardaire japonais autour de la Lune au plus tôt en 2023. Au-delà du tourisme, le grand objectif de Blue Origin est de faire baisser le coût des lancements spatiaux grâce à des lanceurs réutilisables. Blue Origin travaille ainsi sur New Glenn. Ce lanceur devrait être prêt en 2020.

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L’internet spatial prend son envol

La startup OneWeb veut créer un réseau internet à bas coût accessible partout sur Terre. La société américaine, détenue à 50% par la branche spatiale du géant européen Airbus, compte ainsi concurrencer SpaceX, qui a mis en service ses premiers satellites au but similaire l'année dernière. Les six premiers engins pilotes, développés en collaboration avec Airbus Defence and Space, seront lancés le 27 février à bord d’une fusée Soyouz tirée par Arianespace. L'entreprise américaine ambitionne de mettre en orbite une constellation de 648 satellites pour couvrir la Terre d’un réseau internet à haut débit. Et espère mettre en place son réseau d'ici à 2021. 

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