La Chine sur la Lune, des robots vers Mars, le Soleil décrypté... : ce que l'année spatiale nous réserve

Un coucher de Soleil vu depuis la Station spatiale internationale, à 400 kilomètres d'altitude.
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La Lune avant Mars : la conquête spatiale redécolle

LÀ-HAUT - La conquête de la Lune et de Mars qui se précise, des constellations de satellites pour fournir le haut débit à tous... : l'année 2020 s'annonce riche en événements spatiaux. LCI vous en présente les principaux.

Dans le domaine de l’exploration spatiale, l’année 2020 promet d’être passionnante. Au programme de ce nouveau millésime : les premiers vols avec équipage des capsules Crew Dragon (SpaceX) et Starliner (Boeing), une kyrielle de missions vers Mars, un retour d’échantillons de roches lunaires, le vol inaugural du vaisseau spatial Starship ou encore la première tentative d'envoyer un être vivant au-delà de l'orbite terrestre depuis le programme Apollo.

JANVIER

La sonde Parker au plus près du Soleil

Jamais un objet construit par l’homme ne s’était rendu aussi près de notre étoile. Partie de la Terre en août 2018, la sonde Parker de la Nasa affronte depuis l’an dernier les conditions dantesques de la couronne solaire, ce fameux "halo" qui entoure le Soleil et devient visible à l’œil nu lors d’une éclipse totale.  Le 29 janvier, l'appareil plongera, pour la quatrième fois, dans cette région du Soleil où la température dépasse un million de degrés Celsius. 

Sa mission : prendre des photos et collecter des données grâce à ses instruments. Les scientifiques espèrent ainsi mieux comprendre pourquoi cette zone est 300 fois plus chaude que la surface de l'astre. Et aussi en savoir davantage sur ces fameuses particules solaires énergétiques à l'origine des tempêtes électromagnétiques pouvant perturber le fonctionnement du réseau électrique sur Terre et ainsi entraîner de lourdes pannes.

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La sonde Parker à l'assaut du Soleil

Starlink, OneWeb et l’internet spatial

L'internet spatial poursuit son envol. SpaceX, l’entreprise spatiale d’Elon Musk, a annoncé le lancement d'une autre fournée de satellites pour sa future méga constellation Starlink. L'objectif de ce projet est de fournir une connexion à Internet à haut débit depuis l’espace à tous les habitants de la planète, notamment ceux vivant dans les régions les plus reculées. 

Dans la nuit du 6 au 7 janvier, une fusée Falcon 9 de la compagnie propulsera donc soixante nouveaux satellites, chacun de la taille d'une machine à laver. Ils viendront s'ajouter aux 120 appareils en orbite et déjà opérationnels. En mai dernier, le patron de SpaceX a cependant indiqué que le réseau ne commencerait à être réellement efficace qu'à partir d’environ 800 satellites. D'autres lancements auront lieu tout au long de l'année, au rythme d'un départ toutes les deux semaines, l'objectif étant d'atteindre 1.500 engins en orbite d'ici la fin de l'année. 

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FÉVRIER

A l’assaut des pôles magnétiques du Soleil

Le Soleil est l'un des derniers endroits inexplorés du Système solaire. C'est la raison pour laquelle l’agence spatiale européenne (Esa), en collaboration avec la Nasa, s'apprête à y envoyer un satellite d'observation. Solar Orbiter, c'est son nom, aura pour mission d'étudier les pôles magnétiques du Soleil - une région que la sonde Parker n'est pas en mesure d'atteindre. 

Son départ est prévu le 6 février depuis Cap Canaveral, en Floride. 

En 2023, l'engin, qui se trouvera alors à 40 millions de kilomètres du Soleil, débutera ses observations. L'objectif principal de cette mission est d'étudier le vent solaire, un flux constant de particules chargées électriquement émis par notre étoile et qui s'intensifie lors des éruptions solaires. Il se propage alors dans le milieu interstellaire et interagit avec tous les obstacles qui se trouvent sur son passage. Notamment les satellites artificiels, mettant ainsi en danger la vie des astronautes en mission. Les scientifiques espèrent en savoir davantage sur ce phénomène et ainsi mieux l'anticiper.

La sonde Juno va explorer l'atmosphère de Jupiter

Lancée par la Nasa le 5 août 2011, la sonde spatiale Juno a parcouru près de 3 milliards de kilomètres pour se rapprocher de Jupiter. Son objectif : percer les secrets de cette géante, et notamment sa composition, en effectuant des survols à grande vitesse à une altitude d’à peine 5.000 kilomètres.  Le 17 février, le vaisseau de la Nasa survolera à nouveau Jupiter et le fera encore à six reprises tout au long de l’année. Lors de chaque survol, Juno en profite pour capturer des photos époustouflantes de ce monde chaotique, théâtre de tempêtes infernales. De quoi ravir les passionnés du cosmos.

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AU PRINTEMPS

Les premiers vols habités de SpaceX et Boeing

SpaceX avait été sélectionnée en 2014 par la Nasa, avec le groupe Boeing, pour développer la prochaine génération de véhicules spatiaux pour les astronautes américains. L’an dernier, la capsule Crew Dragon a effectué avec succès un premier vol en orbite autour de la Terre. Si le test du système d’abandon en cas de situation d’urgence - qui est prévu pour le 11 janvier – s’avère concluant, le vaisseau spatial de SpaceX pourrait effectuer son premier vol avec équipage dès le printemps, a fait savoir la Nasa.

Le CST-100 Starliner a effectué quant à lui son vol spatial en orbite sans équipage le 21 décembre dernier. Le vaisseau de Boeing a cependant dû faire demi-tour en raison d’un problème technique, il n’a donc pas atteint son objectif principal consistant à s’amarrer à la Station spatiale internationale (ISS). Un premier vol d’essai avec équipage avait été programmé avant fin du premier semestre de  cette année. Cependant, depuis cet échec, la Nasa refuse de communiquer un nouveau calendrier.

Premier vol en orbite pour le vaisseau Starship

Pas question de rester sur un échec pour Elon Musk. Lors d'un essai de pressurisation du réservoir de carburant, le 20 novembre dernier, une explosion accidentelle avait fait sauter la partie supérieure du premier prototype de Starship -un système de fusée en acier de 16 étages qui pourrait un jour transporter des hommes vers Mars- de SpaceX. Le patron a donc annoncé fin décembre qu'une toute nouvelle version devrait être lancée avant fin mars. 

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JUIN

Objectif Lune : 1er vol d'essai pour le "SLS" de la Nasa

Initialement, elle devait être opérationnelle dès 2020. Finalement, il faudra patienter encore une année supplémentaire. Plus grande fusée jamais construite par l'Homme, le Space Launch System (SLS) devrait cependant effectuer un vol d'essai en juin prochain, a annoncé la Nasa. L'engin est censé propulser vers la Lune le véhicule spatial Orion, dans lequel prendront place les quatre astronautes américains qui s'y rendront en 2024.

La Nasa profitera de ce test pour mener une expérience assez surprenante. Au cours de son périple dans l’espace, le SLS aura pour mission de larguer un petit satellite, contenant des souches de levure, qui effectuera le tour du Soleil. Il s’agira de la première tentative d’envoyer un être vivant au-delà de l’orbite terrestre depuis la fin du programme Apollo. Le but est d'en apprendre davantage sur les effets des rayonnements cosmiques lors de vols spatiaux de longue durée.

JUILLET-AOÛT

Des petits robots à la conquête de Mars

L’atterrisseur InSight et le robot d’exploration Curiosity de la Nasa auront bientôt de nouveaux compagnons. Le 17 juillet, profitant d'une fenêtre de lancement optimale, la sonde spatiale Mars 2020 décollera depuis Cap Canaveral avec à son bord un petit robot. Actuellement en construction au Jet Propulsion Laboratory de la Nasa, sa mission, une fois sur place, consistera à arpenter la surface martienne en quête de traces de vie passées. Grâce à ses instruments, il sera en mesure de collecter des échantillons en vue de les ramener sur Terre lors d’une prochaine mission. Son arrivée sur la planète rouge est prévue pour le 18 février 2021.

Entre le 26 juillet et le 13 août, l’Agence spatiale européenne et Roscosmos, l’agence spatiale russe, lanceront à leur tour un atterrisseur, dans le cadre de la mission ExoMars. Baptisé Rosalind Franklin, le robot d’exploration européano-russe posera ses six roues  dans le cratère Jezero en mars 2021. Il pourra alors travailler jusqu'à cinq heures par jour, avançant ses 300 kg de 40 mètres par heure grâce à l'énergie générée par ses panneaux solaires et en repérant son chemin à l'aide de capteurs optiques. Il pourra notamment forer le sol martien jusqu'à 2 mètres de profondeur.

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NOVEMBRE

Des grains d'astéroïdes de retour sur Terre

L'an dernier, la sonde spatiale japonaise Hayabusa-2 s'est posée sur la surface de Ryugu, un lointain astéroïde situé à plus de 340 millions de kilomètres de la Terre. Un contact furtif qui a permis à l'engin de collecter des poussières du sol de ce corps interstellaire. Le vaisseau est actuellement sur le chemin du retour. Il devrait larguer sur Terre les échantillons en novembre ou au plus tard en décembre. Les astrophysiciens espèrent dénicher dans les entrailles de ce corps primitif les réponses qui leur manquent afin d’expliquer comment les planètes se sont formées. Les spécialistes en défense planétaire, quant à eux, s'en serviront pour élaborer des stratégies efficaces au cas où l’un d’eux foncerait un jour sur notre planète.  

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DÉCEMBRE

La Chine repart à la conquête de la Lune

La Chine peut aujourd'hui prétendre, sans avoir à rougir, au statut de grande puissance spatiale. Il y a tout juste un an, Pékin a réussi l'exploit de poser un engin spatial sur la face cachée de la Lune, ce qu’aucun autre pays n’était parvenu à réaliser jusque-là. Prochaine étape du programme d’exploration lunaire chinois, la mission Chang’e-5, dont le lancement est prévu en décembre prochain. Elle aura principalement pour objectif de recueillir des échantillons sur la face connue de l'astre et de les rapporter sur Terre.

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EN VRAC

OSIRIS-REx à la rencontre de l’astéroïde Bennu

En orbite autour de l’astéroïde Bennu depuis fin 2018, la sonde américaine OSIRIS-REx doit effectuer un prélèvement à la surface de ce gros caillou de 100 kilomètre de diamètre, situé au delà de la ceinture principale d’astéroïdes, entre Mars et Jupiter. Ce rocher spatial n'a pas été choisi par hasard. Il contient des amas de matière qui auraient fusionné il y a de cela plusieurs centaines de millions d’années, à la suite d'une violente collision avec un autre corps céleste qui se serait quant à lui formé il y a 4,5 milliards d’années. Il aurait donc le même âge que notre bonne vieille planète bleue. En analysant ces morceaux de roches, les scientifiques espèrent en apprendre davantage sur les premiers chapitres de l’histoire de notre Système solaire, ainsi que sur le rôle qu’ont pu jouer les astéroïdes dans l’apparition de la vie sur Terre.

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Tourisme spatial : Virgin Galactif prévoit 16 vols

Admirer les courbes de la terre grâce à des hublots panoramiques et profiter de l'apesanteur pendant quelques minutes : si beaucoup rêvent de voyager dans l'espace, seulement onze privilégiés ont pu se l'offrir jusqu'à maintenant en séjournant à bord de la Station spatiale internationale pendant quelques jours. 

Virgin Galactic, l’entreprise fondée par le charismatique patron de Virgin, Richard Branson, envisage d'effectuer ses premiers vols touristiques suborbitaux au cours du second semestre. 16 vols sont ainsi prévus dès 2020 pour atteindre 270 en 2023 grâce à cinq navettes pouvant embarquer chacune jusqu'à six passagers. Plus de 600 personnes auraient déjà réservé une place, dont l'acteur Ashton Kutcher. Prix du ticket : 225.000 euros ! 

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