La Nasa révèle une gigantesque explosion de météorite... trois mois plus tard !

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APOCALYPSE NOW - La quantité d’énergie libérée, au moment de la déflagration qui a eu lieu dans une zone inhabitée de la Russie le 18 décembre, correspondrait à celle de dix bombes atomiques. Personne ne l'a vue, sauf un satellite.

Personne ne l’a vu pointer le bout de son nez. Pas même la Nasa. Le 18 décembre, un gros rocher spatial fonçant droit sur la Terre à 32 kilomètres par seconde a explosé en entrant dans l'atmosphère, se consumant dans une grosse boule de feu. Libérant près de 173 kilotonnes d'énergie, soit dix fois la bombe atomique larguée au-dessus de Hiroshima en 1945, la déflagration a été dix fois plus lumineuse que la lumière du Soleil.


Un événement de cette nature intervient en moyenne que "deux à trois fois par siècle", a tenu à rappeler Lindley Johnson, membre du "Bureau de coordination de la défense planétaire" de la Nasa, cité par nos confrères de la BBC. Le superbolide, large d'une dizaine de mètres et lourd de 1.400 tonnes, a commencé à se disloquer à quelque 100 kilomètres d’altitude, la déflagration finale s’étant produite à 25,6 kilomètres au-dessus du sol, selon la Nasa. Seuls témoins de cet événement, les poissons qui peuplent les eaux glaciales de la mer de Béring, au large de la péninsule du Kamtchatka (Russie).

Des satellites militaires américains ont immédiatement détecté l'explosion. Mais ce n’est que le 8 mars dernier que l’US Air Force a officiellement informé l'agence spatiale américaine de cet événement. La venue de ce visiteur de l'espace a été révélée lundi 18 mars à l'occasion de la 50e conférence des sciences lunaires et planétaires, qui se tenait au Texas (Etats-Unis). Le satellite météo Himawari de l'Agence spatiale japonaise (Jaxa), qui se trouvait au bon endroit au bon moment, a néanmoins pu intercepter quelques images de l'explosion.


En fouillant dans sa base de données, le météorologue Simon Proud, spécialiste des données satellitaires à l'université d'Oxford, a réussi à dénicher un cliché immortalisant l'événement. On y distingue ce qui ressemble à une boule de feu orange au-dessus des nuages et de la mer, mais qui est en réalité le nuage de poussières du météore illuminé par un Soleil bas, selon Peter Brown. Trois autres satellites civils, deux de la Nasa (MODIS et VIIRS) et un européen (SLSTR), ont aussi vu l'explosion mais moins nettement, a-t-il indiqué.

L'US Air Force a informé la Nasa de cet événément le 8 mars

 L'annonce de la détection de cette explosion, qui survient donc trois mois plus tard, rappelle néanmoins combien il est nécessaire d'améliorer la surveillance des trajectoires des objets célestes qui s'approchent de la Terre. Plusieurs fois par semaine, sans que nous le sachions, de nombreux objets célestes s'approchent de notre planète, plus près de la Lune. Mais ils ont d'ordinaire la taille d'un autobus ou au pire d'une maison. Selon les scientifiques, les corps célestes représentant une menace sont ceux qui dépassent 150 mètres de large.


En février 2013, le"superbolide de Tcheliabinsk", qui faisait quant à lui 120 mètres avant son entrée dans l'atmosphère terrestre, avait libéré une énergie correspondant à l'explosion de 500.000 tonnes de trinitrotoluène (TNT). A l'aplomb de celle-ci,  le village de Yemanzhelinsk, dans l'Oural, l'onde de choc fut si forte que des piétons furent projetés à terre. Non loin de là,  à Tcheliabinsk, le bilan des dégâts faisait état de plusieurs milliers de bâtiments dont les vitres avaient été soufflées et de plus de 1 200 blessés, atteints pour la plupart par des bris de verre.

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Les agences spatiales du monde entier s'efforcent pourtant de détecter et de suivre dans l'espace les gros astéroïdes qui pourraient être dangereux pour nous s'ils venaient à croiser l'orbite terrestre. Il n'est pas rare cependant que des astéroïdes passant relativement proches de nous soient repérés tardivement. En avril 2018, l'astéroïde (2018) GE3, d’un diamètre compris entre 48 et 110 mètres - soit 2 à 5 fois celui de l'astéroïde de 2013-, n'avait ainsi été détecté par un  Observatoire de l'Arizona - le Catalina Sky Survey, dédié à la surveillance des objets spatiaux dangereux – que moins de 24 heures avant son impact possible avec la Terre. De quoi donner quelques sueurs froides aux scientifiques.

En 2015, l'Agence spatiale européenne (ESA) donnait cette évaluation : "Sur plus de 600.000 astéroïdes répertoriés au sein de notre système solaire, au moins 12.000 entrent dans la catégorie des géocroiseurs - parce que leur orbite les amène à passer à proximité de la Terre." Parmi les astéroïdes connus, indiquait l’an dernier la Nasa, aucun ne risque de frapper la Terre dans les 100 ans à venir. D'ici 2020, l'agence spatiale américaine espère être en mesure de détecter 90% des météores de moins de 140 mètres de diamètre. Reste qu'elle en est encore incapable.

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