La sonde Cassini enclenche sa mission suicide à travers les anneaux de Saturne

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ESPACE - Après 20 années passées dans l’espace, la sonde américaine Cassini est aujourd’hui à court de carburant. Avant de "s’éteindre", elle entame ce mercredi une dernière mission, qui s’annonce spectaculaire : l’exploration d’une zone encore inconnue, entre la planète Saturne et ses anneaux intérieurs.

Depuis 13 ans (et après 7 ans de voyage spatial!), Cassini explore l'atmosphère de Saturne. Mais la sonde américaine n'a plus beaucoup de carburant. La NASA a donc décidé d'achever en beauté son "existence". 


"Cassini a produit un trésor de découvertes, qui nous ferons réécrire les ouvrages de science planétaire sur de nombreux sujets", a estimé mardi devant la presse Nicolas Altobelli, un responsable scientifique de la mission à l'Agence spatiale européenne (ESA). Et ce n'est pas fini, depuis ce mercredi 11 heures, elle réalise une dernière mission : après avoir effectué 22 orbites de Saturne, elle entame son "grand plongeon" : voler entre la haute atmosphère de la planète et ses anneaux intérieurs, une zone de 2.400 kilomètres jamais explorée, avant de se désintégrer dans l'atmosphère de la planète gazeuse. Une fin de vie sous forme d'apothéose.

La dernière partie de la vie de Cassini sera vraiment comme un feu d'artifice, car en s'aventurant entre la surface de Saturne et ses anneaux, le vaisseau fera des mesures scientifiques qui auraient autrement été impossibles Luciano Iess, membre de l'équipe de recherche de Cassini à l'université italienne La Sapienza

"Cassini va faire certaines de ses observations les plus extraordinaires à la fin de sa longue vie", prédit déjà Linda Spilker, responsable scientifique de la mission au Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la Nasa en Californie. 


Actuellement, la sonde est censée se rapprocher de Saturne et effectuer des observations scientifiques. Par exemple en traversant les anneaux, son analyseur de poussière cosmique pourra effectuer des prélèvement directs de particules, des mesures qui auraient été impossibles si elle ne s'était pas aventurée entre la surface de Saturne et ses anneaux. Depuis le top départ de son exploration, Cassini a perdu le contact avec la Terre, et devrait rétablir les communications dans la matinée de jeudi pour livrer ses nouvelles avancées.

 "Ce que nous apprendrons des dernières orbites de Cassini nous permettra de parfaire notre compréhension de la formation et de l'évolution des planètes géantes et des systèmes planétaires en général", avait expliqué en avril Thomas Zurbuchen, responsable adjoint des missions scientifiques de la Nasa. Les chercheurs espèrent ainsi obtenir des données précieuses sur la structure interne de Saturne, la composition de son atmosphère, son champ magnétique et l'origine de ses anneaux. Ils comptent aussi obtenir des images inédites au plus près des nuages saturniens.


Cassini devrait continuer de transmettre des données jusqu'à la perte du signal, annonçant sa "mort" que les chercheurs espèrent la plus tardive. "Selon nos meilleurs modèles mathématiques nous pensons que l'espace entre les anneaux et la planète sera libre de débris suffisamment gros pour endommager le vaisseau", indique Earl Maize du JPL, tout en reconnaissant "l'existence d'inconnues".

La sonde a déjà permis de nombreuses découvertes

En près de treize ans, Cassini aura couvert environ la moitié de l'orbite complète de Saturne autour du soleil, qui dure 29 ans. Cela lui a permis de faire des observations pendant deux saisons sur Titan, la plus grosse lune saturnienne, ce qui peut apporter d'importants éclairages sur le passé et le futur de la Terre, estiment les planétologues. 


La sonde a également fait d'incroyables découvertes scientifiques comme des mers de méthane liquide sur Titan et l'existence d'un vaste océan d'eau salée sous la surface glacée d'Encelade, une plus petite lune. Une récente analyse des données collectées par le spectromètre à bord de Cassini en traversant un panache de vapeur au pôle sud d'Encelade, a montré la présence d'hydrogène dans ce geyser jaillissant de fissures dans la couche de glace. Cet hydrogène ne peut s'expliquer que par une activité hydrothermale propice à l'existence de la vie, avaient expliqué les scientifiques lors de l'annonce de cette découverte.

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