Le GPS européen Galileo est désormais opérationnel : à quoi va-t-il servir ?

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ASTRONOMIE - Près de vingt ans après son lancement, le "GPS européen" Galileo est enfin entré en service ce jeudi. Objectif : l’indépendance technologique de l’Europe et des retombées économiques énormes. Et un tas d'applications concrètes !

Top départ pour le GPS européen Galileo ! Depuis ce jeudi 15 décembre, l’Europe dispose de son propre système de navigation par satellite. De quoi renforcer son indépendance. Car elle dépendait jusque-là du Global positioning System américain. Le lancement par Ariane 5, opéré en novembre dernier, de quatre nouveaux satellites (portant leur nombre à dix-huit) a permis la mise en service partielle du GPS européen. Pour faire simple, le Global positioning System américain ne sera plus le seul à guider votre véhicule ou à vous aider à trouver votre orientation dans la rue.


La géolocalisation pourra désormais se faire grâce à des signaux provenant des deux constellations de satellites. Le principal atout de Galileo ? Il offrira à terme une précision dix fois supérieure à celle de son homologue américain : moins de cinq mètres contre dix mètres  ! En outre, un service payant permettra une localisation à moins d'un mètre près pour les professionnels. Pour le moment, seuls quelques milliers de privilégiés peuvent bénéficier de la technologie européenne. Il faut pour cela posséder un smartphone équipé de la puce ad hoc, comme le Aquaris X5 Plus du constructeur espagnol BQ.

Comment fonctionne le GPS européen Galileo ?

Géolocalisation, voiture connectée, secours

La montée en puissance du système européen va se faire progressivement. Le dispositif sera totalement opérationnel en 2020, avec le déploiement total de la constellation (une trentaine de satellites au total). Certains services seront consacrés au grand public par l’intermédiaire des smartphones, des voitures et autres objets connectées. Mais aussi pour les professionnels : transport (maritimes, ferroviaires, routiers, aériens), l'agriculture, l'énergie, la sécurité et la défense. Beaucoup d’applications à venir sont encore inconnues.


Dans le cadre des opérations de recherche et de sauvetage, par exemple, un appel de détresse sera visible, en temps réel, de n'importe quel endroit du globe. Aujourd'hui, il faut trois heures pour détecter une personne perdue en mer ou en montagne, alors qu'avec Galileo, il ne faudra que 10 minutes, relève le Cnes. Les objets connectés sont aussi de plus en plus nombreux à passer par les satellites pour communiquer, comme le patch qui permet de géolocaliser les patients souffrant d'Alzheimer ou la balise qui permet de retrouver sa place de parking.

Retrouver Galileo dans chaque poche, dans chaque véhiculeJean-Yves Le Gall, président l’Agence spatiale française (Cnes)

Les enjeux économiques derrière Galileo sont colossaux. Et notamment à l'heure du Big Data et de l'Internet des objets. Pas moins 10 % du PIB européen dépend aujourd'hui des systèmes de positionnement par satellites : "D'ici 2030, ce pourcentage pourrait grimper à environ 30 %", selon l’Agence spatiale française (Cnes). "C’est un véritable champ d’application qui s’ouvrent aux acteurs du privé, dont vont bénéficier tous les citoyens, s’est félicité Jean-Yves Le Gall, son président. C’est d’ailleurs ici que se situe le véritable défi, de retrouver Galileo dans chaque poche, dans chaque véhicule."

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JT WE - La géolocalisation à un mètre de précision, c’est pour 2020

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