Le plus vieil animal connu sur Terre serait une... éponge de mer ! (mais elle ne s'appelle pas Bob)

Le plus vieil animal connu sur Terre serait une... éponge de mer ! (mais elle ne s'appelle pas Bob)

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NATURE - Des preuves fossiles moléculaires suggèrent que des éponges vivaient sur les anciens fonds océaniques il y a 660 millions d'années. C'est 100 millions d'années de plus que ce qui était estimé jusqu'à présent.

C’est une infime trace, une molécule fossilisée, nichée depuis des millions d’années dans les archives géologiques de la Terre. Mais ce composé microscopique, unique à ce jour, pourrait changer la compréhension du développement de la vie sur  notre planète. Une équipe de recherche dirigée par le paléontologue Gordon Love, de l’université Riverside en Californie (Etats-Unis), a découvert des preuves d’un composé stéroïdien datant d’environ 660 millions d’années dans des roches anciennes à Oman et dans des huiles extraites de sédiments en Sibérie et en Inde. Or cette signature moléculaire (ou biomarqueur) n’est associée qu’à un seul animal connu sur Terre : une éponge marine, de l'espèce de démosponge moderne Rhabdastrella globostellata.


Les travaux de ces scientifiques viennent d'être publiés dans la revue Nature. Depuis quelques années, les annonces sur la date de l'apparition de la vie sur Terre se succèdent dans la revue. Et elles font l'objet de vifs débats entre chercheurs, notamment en raison de la méthode utilisée.  Trouver le plus vieil animal fossilisé du monde est en effet une sorte de Saint Graal pour les paléontologues. En étudiant les plus anciens fossiles d'animaux de la planète, ils espèrent obtenir de nouvelles informations importantes sur les premiers processus d'évolution et même sur la manière dont la vie pourrait apparaître ailleurs dans la galaxie.  

Le mois dernier, une équipe internationale de chercheurs affirmait ainsi avoir découvert le plus vieux fossile du monde, une créature étrange connue sous le nom de Dickinsonia, apparue pour la première fois il y a entre 571 et 541 millions d'années. Les preuves fossiles présentées cette semaine semblent être un peu plus anciennes d'environ 100 millions d'années. Fait intéressant, aucune des deux études ne fournit cependant de preuves fossiles traditionnelles, des os ou des tissus mous emprisonnés d’un morceau de roche. Elles s’appuient sur des "fossiles chimiques".

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Dans le cas de Dickinsonia, il s’agissait de grosses molécules ; dans le cas des éponges de mer, il s'agit d'un composé stéroïdien appelé stérane. Dans les deux cas, les scientifiques ont affirmé que ces signatures moléculaires ne pouvaient être produites que par des animaux. "Les fossiles moléculaires sont essentiels pour suivre l’apparition des animaux primitifs sur Terre, car les premières éponges étaient probablement très petites, ne contenaient pas de squelette et ne laissaient pas d'archives corporelles bien préservées ou facilement reconnaissables", a déclaré le co-auteur de l'étude, J. Alex Zumberge.

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