Le vaisseau spatial OSIRIS-REx a trouvé de l'eau sur Bennu, l'astéroïde qui pourrait un jour frapper la Terre

Sciences

ESPACE - La sonde américaine OSIRIS-REx, arrivée au-dessus de sa destination il y a quelques jours, a trouvé de l'eau sur l'astéroïde Bennu. Une découverte inattendue qui confirme la théorie selon laquelle les briques élémentaires de l'apparition de la vie sur Terre proviendrait de matériaux extraterrestres.

Une découverte qui tombe à pic pour la Nasa. Le vaisseau spatial OSIRIS-REx a trouvé de l’eau sur l’astéroïde Bennu. L’engin, qui se trouve actuellement à moins de 25 kilomètres du rocher spatial, a repéré la signature de minéraux hydratés grâce à ses instruments de bord. La présence de ces composés chimiques suggère ainsi que l’eau liquide était autrefois abondante à l’intérieur du corps parent de Bennu.

Selon l’agence spatiale américaine, ce corps céleste primitif appartenait jadis à un objet beaucoup plus volumineux : un gros caillou de 100 kilomètres de diamètre situé au de-là de la ceinture principale d’astéroïdes, entre Mars et Jupiter. Bennu est probablement un amas de matière qui a fusionné à la suite de l’explosion de ce corps parent, il y a de cela plusieurs centaines de millions d’années. 

Les briques élémentaires de l'apparition de la vie sur Terre

L’ancêtre de Bennu se serait formé il y a 4,5 milliards d’années. Il aurait donc le même âge que notre bonne vieille planète bleue. La Nasa a sélectionné ce corps céleste pour y prélever en 2020 des échantillons et les rapporter sur Terre. Les scientifiques espèrent ainsi en apprendre davantage sur les premiers chapitres de l’histoire de notre Système solaire. Ainsi que sur le rôle qu’ont pu jouer les astéroïdes dans l’apparition de la vie sur Terre.

En effet, les astéroïdes, à l’instar de Bennu, pourraient être à l’origine des briques élémentaires qui ont contribué à la naissance des premières bactéries sur notre planète. Cette théorie, également connue sous le nom de "panspermie", soutient que la vie n’aurait jamais pu apparaître sur Terre sans l’apport de matériaux extraterrestres. Et la présence d’eau à l’intérieur de Bennu vient à nouveau renforcer cette hypothèse. 

Nous avons un astéroïde génial à explorer- Dante Lauretta, de l’Université de l’Arizona, responsable de la mission OSIRIS-REx.

Plus globalement, depuis une semaine, la sonde américaine examine sous toutes les coutures ce rocher spatial en forme de diamant d’environ 500 mètres de diamètre. "Nous avons ciblé Bennu précisément parce que nous pensions trouver des traces de minéraux contenant de l’eau et, par analogie aux météorites à chondrite carbonée que nous étudions, des matières organiques", souligne Dante Lauretta, de l’Université de l’Arizona, responsable de la mission OSIRIS-REx.

"Nous avons un astéroïde génial à explorer", s'enthousiasme le chercheur dans un communiqué. Les mesures effectuées au cours des quatre derniers mois par les deux spectromètres embarqués de la sonde ont révélé par ailleurs la présence de molécules contenant des hydroxyles - des atomes d'oxygène et d’hydrogène liés entre eux. Et les scientifiques de la mission pensent que ces composés chimiques sont assez répandus dans l'astéroïde.

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Anticiper la trajectoire des astéroïdes géocroiseurs

La mission d’OSIRIS-REx doit également aider les scientifiques à mieux connaître les astéroïdes qui peuvent heurter la Terre", rappelle l’agence spatiale américaine. Car si Bennu intéresse les astronomes, c’est aussi car ce gros caillou est un astéroïde dit "géocroiseur" : comprenez, son orbite croise celle de la Terre et les chances ne sont pas nulles qu’il la percute un jour. 

Depuis sa découverte en 1999, l’astéroïde est donc sous haute surveillance. D'environ 575 mètres de haut, pour un poids de 3,4 milliards de tonnes de roches et de glace, la puissance du choc serait équivalente à 80.000 bombes H. D’après des calculs de la Nasa, qui remontent à 2016, il y a une chance sur 2.700 pour que cela se produise. Mais il est difficile de le prévoir avec précision, d'autant qu'un astéroïde change légèrement de trajectoire au fil du temps. Ce qu'on appelle l'effet Yarkovsky. 

Pour faire simple, la rotation de l’objet sur lui-même provoque la restitution de l'énergie solaire émise sous forme de rayonnement infrarouge dans une direction qui modifie lentement sa trajectoire. "Cet effet est la principale cause des incertitudes sur la prédiction des trajectoires des astéroïdes géocroiseurs et donc sur leur probabilité d’impact avec la Terre", souligne le Centre national d'études spatiales (Cnes). La mesure précise de l’effet Yarkovsky sur Bennu permettra ainsi d’affiner le calcul de son orbite et de mieux évaluer le risque d’impact.

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