Les avions... et maintenant les fusées ? La Nasa s'apprête à tester un carburant "vert"

Sciences

ESPACE - La prochaine fusée Falcon Heavy de la société privée Space X emportera à son bord un satellite expérimental de la Nasa visant à tester un nouveau carburant. Plus performant et aussi moins polluant, il pourrait être utiliser pour les futures missions spatiales de l'agence spatiale américaine.

L'impact du transport aérien sur le changement climatique est régulièrement pointé du doigt. Aujourd'hui, si l’avion ressort très largement en tête du classement des modes de transport les plus polluants, la multiplication des lancements dans le domaine spatial pose également question. Si l’orbite terrestre n’est pas encore une destination touristique, elle pourrait en effet bientôt le devenir. Dans un futur pas si lointain, la honte de voyager en fusée pourrait alors prendre le pas sur de celle de prendre l'avion. 

Dans le même temps, face aux enjeux du monde de plus en plus connecté dans lequel nous vivons, les lancements de satellites vont être amenés à se multiplier au cours des prochaines décennies. D’où la nécessité de réfléchir à des systèmes de propulsion plus économes, mais plus aussi plus respectueux de l’environnement. 

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Un carburant plus écologique et plus économique

La  Nasa s’apprête justement à tester un carburant "vert"  pour fusée ! Dans la nuit du 24 juin 2019, une fusée Falcon Heavy de la compagnie SpaceX décollera depuis le centre spatial Kennedy, en Floride (Etats-Unis). Elle emportera à son bord vingt-quatre charges utiles, dont quatre expérimentales fournies par la Nasa. Parmi elles, il y aura notamment un petit engin qui servira à tester pour la première fois un nouveau type de carburant pour les missions spatiales. 

La mission GPIM (pour "Green Propellant Infusion Mission") est constituée d'un petit satellite de la taille d'un mini-frigo muni de cinq propulseurs alimentés par de l'AF-M315E, un carburant développé depuis de nombreuses années dans les laboratoires de recherche de l'US Air Force, à la base Edwards, en Californie. Ce carburant constitué de nitrate d'hydroxylammonium (HAN) pourrait constituer une alternative à l'hydrazine actuellement utilisée pour faire le plein de certaines fusées, satellites et sondes spatiales. 

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Seriez-vous prêt à renoncer à l'avion pour faire baisser les émissions de carbone ?

L'AF-M315E présente de nombreux avantages par rapport à l'hydrazine : "il est manipulable sans combinaisons de protection, plus simple à transporter et offre un rendement bien supérieur (de presque 50%). De plus, en brûlant, il ne dégage pas de gaz toxiques", comme l'expliquent nos confrères de Sciences et avenir. Surtout, il permettra aux agences spatiales de repousser les frontières de l’Univers connu en propulsant des vaisseaux encore bien plus loin. 

"Il est important de développer une technologie qui augmente les protections offertes au personnel de lancement et à l'environnement, et qui puisse potentiellement réduire les coûts", a déclaré Steve Jurczyk, administrateur associé de la Direction de la mission de technologie spatiale de la Nasa, dans un communiqué

Quid de l'empreinte carbone de la conquête spatiale ?

A l'heure actuelle, il n'existe aucune étude valable permettant d'évaluer de manière précise l'empreinte carbone de l'industrie spatiale. Pour se faire une idée, on peut néanmoins se référer à la consommation en carburant des vaisseaux spatiaux. Les propulseurs de la fusée américaine Saturn V, qui envoya les premiers humains en direction de la Lune le 16 juillet 1969, vidaient l’équivalent d’une piscine olympique à la seconde.

En un quart d'heure, 3.630.000 litres de carburant partaient en fumée. Une telle quantité de carburant permettrait à une voiture (sur une base de 7 litres aux 100 kilomètres) d'effectuer 51 850 000 km, soit 1296 fois le tour de la Terre au niveau de l’Equateur. De nos jours, les progrès technologiques aidants, les lanceurs de dernière génération, comme Ariane 6 -qui prendra le relais d'Ariane 5 à l'horizon 2020- offrent de meilleurs performances.

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