Les femmes, premières victimes du dérèglement climatique

Les femmes, premières victimes du dérèglement climatique

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Tous les individus ne sont pas égaux face au dérèglement climatique. Si les populations de l'hémisphère sud sont plus menacées que celles du nord, les femmes, elles, le sont plus que les hommes. Lors d'une catastrophe naturelle, une femme a 14 fois plus de risques de mourir qu'un homme.

Elles cherchent l'eau, travaillent des terres qui ne leur appartiennent pas, s'occupent des enfants, nourrissent leurs familles... : les femmes, qui représentent 70% des personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté, sont en première ligne face au réchauffement climatique. "Beaucoup passent de plus en plus de temps à chercher de la nourriture, du carburant et de l'eau, ou éprouvent des difficultés à produire des cultures. Lorsque des catastrophes surviennent, les femmes sont de loin les plus susceptibles de mourir" indique l'ONU. 

"Selon l'ONU, quand une catastrophe naturelle frappe une région, le risque de décès est 14 fois plus élevé pour les femmes, principalement parce qu'elles ne sont pas ciblées en priorité par les programmes d'alerte et de prévention de ces catastrophes" a indiqué en mars dernier le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, futur président de la COP 21.  

80% du cyclone Sidr au Bangladesh étaient des femmes

"Lorsque survient une catastrophe climatique, (les femmes) sont plus vulnérables, car elles y sont moins préparées : 80% des victimes du cyclone Sidr au Bangladesh (2007) et 61% des victimes de Nargis en Birmanie (2008) étaient des femmes et des filles" indiquent les Présidentes du Haut Conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes et des Délégations aux Droits des femmes de l'Assemblée nationale et du Sénat dans un appel en ligne pour soutenir les femmes face au dérèglement climatique.  

C'est l'inégalité des sexes qui entraînent ces risques supplémentaires pour les femmes, comme l'explique le rapport du Programme des Nations unies pour le développement : "Lors de catastrophes naturelles comme les sécheresses, les inondations et d'autres épisodes climatiques graves, les femmes affrontent des risques supplémentaires, essentiellement à cause des inégalités entre les sexes qui font porter aux femmes le plus lourd du fardeau lié aux catastrophes. Par ailleurs, les femmes sont souvent dissuadées d'apprendre des stratégies d'adaptation et d'acquérir des compétences de survie, comme monter aux arbres ou nager. Tous ces facteurs les désavantagent lorsque les inondations surviennent. Les femmes n'ont souvent pas l'autorisation  d'évacuer leur foyer sans l'autorisation de leur mari. Les codes vestimentaires culturels sexospécifiques gênent leur mobilité pendant les situations d'urgence, ce qui accroît leur taux de mortalité de façon disproportionnée lorsqu'elles surviennent."

Les femmes, victimes potentielles de la traite d'êtres humains

Avec les problèmes liés à l'environnement, les femmes deviennent également plus sensibles à la traite organisée d'êtres humains. "Les catastrophes climatiques peuvent pousser les femmes responsables d'un foyer et de sa subsistance à chercher une aide, une protection et des conditions de vie pratique dans des environnements particulièrement dangereux, explique l'agence des Nations unies. Ceci en fait des victimes potentielles de l'exploitation et de la traite d'êtres humains." Certaines estimations provenant d'organismes de lutte contre la traite des êtres humains suggèrent que la traite qui affectait de 3000 à 5000 victimes annuelles dans les années 1990 concerne aujourd'hui 12.000 à 20.000 personnes. 

Ainsi, lutter contre le dérèglement climatique c'est lutter pour les droits des femmes. En octobre, la Secrétaire d'Etat aux droits des femmes Pascale Boistard avait regretté que sur les 146 pays ayant remis leur contribution nationale pour la COP 21, seuls 48 aient intégré des dispositions concernant l'égalité femmes-hommes. Il adviendra de voir si l'accord final signé à Paris à la fin de la COP 21 le 11 décembre fera référence à ce problème. 

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