Les requins s'éloignent de plus en plus de l'Homme, montre une étude

Sciences
PEUR BLEUE - Une étude révèle que les requins se concentrent désormais sur 12% seulement des espaces maritimes, en particulier les plus éloignés des ports de pêche.

Le requin n’est pas qu’un super prédateur. Il est aussi très malin. Dans l’océan Indien et le Pacifique, le redoutable se concentre désormais sur 12% des zones maritimes, en particulier les plus éloignées des ports de pêche et donc de l’Homme, nous apprend une nouvelle étude parue mardi 6 août 2019 dans la revue Plos Biology et relayée par le site Sciences et Avenir.


Pour la première fois, une équipe de scientifiques de la Zoological Society of London (ZSL) a pu dresser une carte qui nous donne une idée assez précise de la répartition des gros poissons de haute-mer (requins, merlins, daurades coryphènes, espadons), indispensables au maintien d'écosystèmes océaniques en bonne santé. 

Aucune présence n’a été détectée dans 90% des sites surveillés

Premier constat : la distance minimum qu’établissent les requins avec l’Homme est désormais de 1250 kilomètres, là où les perturbations humaines sont limitées ou absentes. C'est beaucoup plus loin que ne le suggéraient les études précédentes. A en croire les scientifiques, cela peut s’expliquer par les distances plus longues que sont désormais capables de parcourir les bateaux de pêche, grâce aux progrès technologiques et aux subventions des Etats. Ainsi, dans près de 90% des sites surveillés, aucune présence de requins n’a été détectée par les biologistes.


Leur étude montre également que la taille et la population des requins et autres prédateurs marins ont considérablement diminué à proximité des villes de plus de 10.000 habitants, en particulier celles où l’économie locale repose sur les activités liées à la pêcherie. Les chercheurs soulignent que la température de surface de l'océan a une forte influence sur la taille moyenne des prédateurs, avec une diminution significative dès que celle-ci dépasse les 28°C. Une nouvelle preuve, s’il en fallait, de l’impact de la surexploitation des ressources marines par l’Homme, et des effets du réchauffement climatique.

Alors, comment expliquer les attaques de requin ?

Pour établir ce recensement, l'équipe de scientifiques a analysé des heures et des heures de séquences vidéo prises sur 1041 sites dans les océans Indien et Pacifique. Sur chacun d'eux ont été installées des caméras reliées à des bidons remplis d'appâts pour attirer les prédateurs et ainsi mesurer leur abondance et leur taille. Au total, les biologistes ont répertorié 23.200 animaux représentant 109 espèces. Parmi eux, 841 requins de 19 espèces différentes.


Ces observations peuvent sembler paradoxales, alors que deux attaques en moins d’une heure ont par exemple eu lieu la semaine dernière en Floride. "Une hypothèse est que certains requins s’adaptent à la présence humaine en développant des comportements méfiants ou furtifs et restent invisibles alors qu’ils sont présents. Ils en deviennent d’autant plus dangereux", suggère David Mignot, chercheur à l’UMR MARBEC de l’Université de Montpellier, joint par nos confrères de Sciences et Avenir

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