On vous explique ce que sont les températures "ressenties"

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BRRR... – Alors qu’une vague de froid particulièrement intense est attendue en France dans les prochains jours, LCI fait le point sur le concept de "température ressentie". Ou comment la température réelle de l’air et celle perçue par le corps diffèrent nettement quand le vent est de la partie.

Préparez les manteaux et les moufles. Cette semaine, le thermomètre va entamer une chute vertigineuse pour atteindre des températures glaciales à partir de lundi 26 février. Météo France prévoit jusqu'à -5 à -12°C en plaine et -20°C en montagne jusqu'à la fin de la semaine prochaine. Rien d'étonnant en cette saison hivernale ? Sauf qu'en température ressentie, les prévisionnistes annoncent des valeurs avoisinant les -15°C en Île-de-France,  -20°C du Massif Central au Grand Est et -25°C dans les Alpes !


Car entre ce qu’affiche le thermomètre et ce que le corps perçoit, l’écart peut-être important. C’est ce que les experts appellent la "température ressentie". Celle-ci dépend de beaucoup d’autres facteurs que le simple niveau de température de l’air, dite température sous abri, explique Météo France. La température sous abri correspond aux degrés mesurés à une hauteur de 1,5 mètre du sol dans un abri ajouré. La sensation de froid, elle, varie d’un individu à l’autre mais aussi en fonction des conditions atmosphériques (vent, pluie, ensoleillement…).

Le vent joue ainsi un rôle particulièrement important dans le niveau de température perçu par le corps. En effet, au contact de la peau, il se forme "une mince couche d'air réchauffé par l'organisme et humidifié par évaporation de l'eau présente à sa surface", explique Météo France. Cette pellicule isolante, continuellement balayée lorsqu’il y a du vent, oblige l’organisme à produire de la chaleur pour compenser, ce qui le refroidit. 

Se couper du vent

Ce constat a incité les pays où les températures peuvent atteindre régulièrement entre -10° et -40°C en hiver, comme le Canada, à développer  un indice de refroidissement éolien – ou température ressentie. Celui-ci est calculé sur la base d’une relation mathématique empirique, et donc non strictement scientifique. 


Cet indice met en relation la vitesse du vent et la température de l’air. Selon lui, une température de 0°C dans des conditions de vents soufflant à une vitesse de 10 km/h provoque une température ressentie de - 3°C. Celle-ci passe à -9°C lorsque le vent souffle à 60 km/h. Autre exemple, si la température atteint les -10°C, avec un vent de 30 km/h, la température ressentie sera de -20°C, selon les données publiées par le ministère canadien de l’environnement et citées par l’opérateur météo (regardez le tableau ci-dessous). 

Dans ces conditions, mieux vaut s’habiller en conséquence pour affronter les journées à la fois glaciales et venteuses. Le gouvernement canadien, plus qu’au fait sur ces questions, délivre quelques conseils : porter plusieurs couches de vêtements, avec une couche extérieure résistante au vent, mettre des gants isolés et limiter au maximum les parties non couvertes du corps, comme les oreilles, le nez, les doigts et les orteils qui perdent leur chaleur le plus rapidement. Enfin, et surtout, s’abriter autant que possible du vent pour limiter voir annuler l’effet de température ressentie. 

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