Canicule mortelle au Canada, incendies en Californie, nuit la plus chaude à Oman : pourquoi l'hémisphère nord bat des records absolus de chaleur

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SUFFOCANT - En ce début juillet, des records absolus de température ont été battus dans l'hémisphère nord : 51,3°C à Ouargla en Algérie, 42°C dans le Caucase, 36,9 °C au Québec (avec une cinquantaine de morts dus à la canicule), ou encore 33,2°C... en Ecosse. Comment expliquer ce phénomène ? LCI a interrogé un prévisionniste de Météo-France.

36,6 °C. Le centre-ville de Montréal a atteint le 2 juillet sa température la plus chaude depuis... 147 ans ! Depuis une semaine, le mercure a régulièrement dépassé les 30 degrés dans le sud du Québec, avec des températures ressenties pouvant aller jusqu'à 44°C. Conséquence, on dénombre déjà une cinquantaine de morts dus à la canicule. 

Mais le Québec n’est pas le seul endroit du globe à battre des records de ce genre. Depuis la fin juin, d’autres régions de l’hémisphère nord, comme les États-Unis (40,6°C à Denver), le Caucase (42,7°C à Bakou) ou encore le Maghreb (51,3°C en Algérie) affichent aussi des valeurs historiques.

Phénomène identique pour l'Irlande et le Royaume-Uni qui sont également aux prises avec une vague de chaleur sans précédent. Il a fait par exemple 33,2°C dans la région de Glasgow fin juin et cet épisode devrait perdurer encore au moins pendant deux semaines.

Les routes fondent

Et cette situation climatique inédite à des effets surprenants sur les routes irlandaises. Comme le rapporte le site MétéoMédia, avec un mercure autour de 30 °C, elles fondent par endroits et se révèlent dangereuses pour leurs usagers.

Autre conséquence insolite, une usine de chocolat irlandaise a été forcée d'arrêter sa production car elle était dans l'incapacité de garder sa matière première à l'état solide. Pendant ce temps, aux États-Unis, les vidéos d'oeufs cuits sur des capots de voiture ou des panneaux de signalisation fondus fleurissent sur les réseaux sociaux. 

La circulation automobile est également affectée puisque le ciment utilisé pour les routes a tendance à se dilater. Résultat, la pression est parfois trop intense et se traduit par d'énormes craquelures, comme le souligne MétéoMédia.

Incendies et état d'urgence en Californie

Plus préoccupants : d'importants incendies se déclenchent dans l'Ouest américains en raison de ces fortes chaleurs. Des centaines de personnes ont été évacuées en Californie où l'on dénombrait une victime samedi et l'état d'urgence déclaré près de San Diego. Les températures caniculaires qui ont battu plusieurs records historiques,  notamment à Los Angeles vendredi, compliquaient le travail des autorités. Il  faisait 42 degrés en début de soirée à Los Angeles, 45 degrés à Palm Springs -  à deux heures à l'est dans le désert californien - 44 degrés à Phoenix en  Arizona, 43 degrés à Las Vegas dans le Nevada.

En vidéo

Incendies en Californie après des températures caniculaires

À Oman, la nuit la plus chaude jamais enregistrée sur Terre

Mais le record qui a marqué les météorologues ces derniers jours est bien celui de la nuit la plus chaude jamais enregistrée sur Terre. Comme le rapporte Weather Underground, le 28 juin dernier, la température de la ville omanaise de Qurayyat, dans la péninsule arabique, n'est pas descendue en dessous des 42,6 °C sur une période de 24 heures. 


Alors comment expliquer de tels records de chaleur ? Pour Etienne Kapikian, prévisionniste à Météo-France, "le fait que tous ces records de chaleur arrivent en même temps posent question. On est dans la saison chaude donc il n'est pas anormal d'avoir des pics de chaleur ici ou là. Mais cet été, ils prédominent par rapport aux anomalies froides", dit-il à LCI.

En ce moment on est face à des situations de blocageEtienne Kapikian, prévisionniste à Météo-France

Et le météorologue avance une explication : "Les masses d'air sont plus chaudes. Mais à cela s'ajoutent des configurations qui ne reviennent pas chaque année. Ainsi, en ce moment, on fait face à des situations de blocage, c'est-à-dire qu'une zone anticyclonique s'isole à des latitudes plus élevées que d'habitude et ne bouge quasiment pas pendant plusieurs semaines. C'est ce qui se passe au Canada et sur les îles britanniques. Par ailleurs, avec un climat qui se réchauffe, on arrive plus facilement à dépasser des seuils élevés. D'ailleurs, il ne faudra pas être surpris dans les années à venir que cela se reproduise de plus en plus".


Toutefois, Etienne Kapikian temporise. Car "pendant qu'il fait chaud au Canada ou dans le Caucase, en parallèle, on remarque des anomalies froides dans d'autres endroits du globe. Ainsi, au Portugal, les températures en ce début juillet sont en dessous des normales de saison. Et ce n'est pas si loin de l'Algérie ou de l'Ecosse. Donc il y a de forts contrastes. Il ne fait pas chaud partout. On parle plutôt de bulles chaudes qui se bloquent au même endroit. Mais une chose est sûre : les extrêmes chaudes sont plus nombreuses que les extrêmes froides. On sait ainsi que ce mois de juin est le deuxième plus chaud dans le monde depuis 1979".

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