Mission accomplie : la capsule Crew Dragon de SpaceX est revenue sur Terre

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ESPACE - Ce vendredi après-midi, à l'issue d'une heure de suspense, la capsule Crew Dragon développée par SpaceX pour le compte de la Nasa, a atterri avec succès sur Terre. Ou plutôt dans l'océan, au large de la Floride. Un succès historique ouvrant la voie à des vols habités pour envoyer et ramener des astronautes vers l'ISS.

"Bon amerrissage de Dragon confirmé!", a annoncé SpaceX. Sous les acclamations des équipes de la Nasa postées au sol, la capsule Crew Dragon de l'entreprise d'Elon Musk a réussi ce vendredi 8 mars son voyage de retour sur Terre. Six jours après son arrivée triomphale sur la Station spatiale internationale (ISS), l'engin a fait le trajet en sens inverse. Comme prévu, à 14h45 (heure de Paris), l'appareil a amerri en douceur dans l'océan Atlantique, à quelque 370 kilomètres au large de la Floride (Etats-Unis). 


Il s'agissait de l’étape la plus périlleuse de ce vol d'essai, qui vise à démontrer que l’engin est suffisamment sûr pour accueillir des astronautes. A 16 heures, la capsule se trouvait à bord du navire de récupération Go Searcher de SpaceX. C'est comme cela que les astronautes des missions Apollo revenaient sur Terre, repêchés par des bateaux, et c'est ainsi que les prochains astronautes américains termineront leurs futurs voyages dans l'espace à bord de Crew Dragon.

Quatre parachutes géants pour amortir sa chute

Allumant brièvement ses propulseurs au-dessus du Soudan, à 410 kilomètres d'altitude, Crew Dragon s'était désamarrée de la station à 8h32 (heure de Paris), après le feu vert du Centre spatial Johnson à Houston, au Texas. Le véhicule spatial d’Elon Musk a ensuite quitté son orbite et commencé sa rentrée dans l'atmosphère terrestre vers 13h50 (heure de Paris), mettant à l'épreuve son bouclier thermique.  Près d'une heure plus tard, quatre grands parachutes se sont déployés pour amortir la chute. Tout s'est passé sans accroc, selon les images retransmises en direct par la Nasa

Un événement historique, huit ans après la mise en retraite de la navette américaine, chargée du transport des équipages vers l'ISS. Si ce vol était sans équipage, la capsule de SpaceX n’était pas complètement vide pour autant. A son bord, un mannequin d’essai, baptisé "Ripley" (en hommage au film "Alien" de Ridley Scott), devait collecter des données en temps réel. Vêtu de la combinaison blanche que porteront les futurs équipages, ce "dispositif de test anthropomorphique" (pour reprendre le jargon des ingénieurs de SpaceX) a été lesté et articulé afin qu’il ait un comportement réaliste en cas de collision. 

Plus près des étoiles, plus loin de Moscou ?

La mission s'est donc déroulée sans incident. Crew Dragon s'était amarrée automatiquement dimanche dernier, sans endommager la station spatiale, et les trois membres d'équipage qui l'occupent actuellement ont pu pénétrer dans la capsule. La prochaine fois, deux astronautes américains pourraient y prendre place pour un aller-retour dans l'ISS. Ce projet pourrait être réalisé avant la fin de l'année, selon l'administrateur de la Nasa.


Depuis la mise en retraite de la navette américaine, en juillet 2011, les capsules Soyouz de l'agence spatiale russe (Roskosmos) sont le seul moyen d'acheminer des astronautes vers l'ISS. Pour l'heure, les Américains sont donc contraints d’acheter des sièges. Avec les capsules Crew Dragon et Starliner de Boeing - qui n'a pas encore été testée, la Nasa n'aura plus besoin de la Russie. L’agence spatiale russe (Roskosmos) ne semblait ainsi guère enthousiaste le week-end dernier lors de l’amerrissage de la capsule de SpaceX.

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En effet, alors que le monde spatial félicitait SpaceX et la Nasa samedi dernier, elle avait tweeté, le lendemain, des félicitations à la Nasa (pas à SpaceX) mais tenu à souligner que "la sûreté des vols devait être irréprochable". Une allusion aux objections techniques qu'avaient soulevées les Russes sur la procédure d'approche de Crew Dragon vers l'ISS. Pas de quoi cependant brouiller les deux pays. A terme, a dit le directeur du centre spatial Johnson de la Nasa, Mark Geyer, les astronautes américains continueront d'apprendre le russe, et vice-versa.

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