Mission Proxima : Jour J pour le Français Thomas Pesquet

ESPACE – La fusée Soyouz s’envole ce jeudi soir, emportant vers la Station spatiale internationale (ISS) le Français Thomas Pesquet, accompagné de l'Américaine Peggy Whitson et le Russe Oleg Novitski. Ils vivent actuellement leurs dernières heures sur Terre.

Prêt au décollage ! Le spationaute français Thomas Pesquet doit décoller, jeudi 17 novembre à 21h20, du cosmodrome de Baïkonour (Kazakhstan) pour une mission de six mois (180 jours) à bord de la Station spatiale internationale (ISS). A 24 heures de son départ dans le cadre de la mission Proxima, l’astronaute de 38 ans semble serein et heureux. C’est pour lui l’aboutissement de sept années d’entraînement.


Le Français a été deux fois doublure, en étant prêt à remplacer un collègue jusqu’au dernier moment, jusqu’au jour du lancement. Cette, il sera du décollage et, sélectionné parmi plus de 8000 candidats, deviendra ce jeudi soir le dixième Français à partir dans l’espace. Ce mercredi en milieu d'après-midi, à la veille de son départ, il a pu dire au revoir à ses proches derrière une vitre, sans pouvoir les embrasser : "Quarantaine oblige !"

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Ce mercredi en début d’après-midi, les trois spationautes se sont exprimés devant un parterre de journalistes. Ils ont dû parler derrière une vitrine, car ils sont placés en quarantaine jusqu'au départ : "Je pense que c'est dans la nature de l'homme d'aller de plus en plus loin, a déclaré le Français. La Station spatiale a 18 ans, à peine l'âge de la majorité. Il faut que ça continue. On veut retourner sur la Lune de manière plus permanente, on a tous Mars dans le viseur, à l'échéance d'une vingtaine d'années."


Après le décollage de leur fusée Soyouz, ils resteront plus de 48 heures dans leur minuscule capsule avant de s’arrimer à l’ISS le 19 novembre, à 22 H GMT (23 H pour la France). Deux heures de manœuvres, à plus de 28.000 km/h en orbite autour de la Terre, seront encore nécessaires avant l’ouverture de l’écoutille reliant le Soyouz à l’ISS, à très exactement 0h15 GMT (1h15 heure française).

La fusée qui emportera jeudi soir le spationaute Thomas Pesquet et ses coéquipiers, le Russe Oleg Novitski et l’Américaine Peggy Whitson, sur la Station spatiale internationale (ISS) a rejoint lundi son pas de tir du cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan.

Le lanceur Soyouz a quitté son hangar avant de rejoindre, tracté par une locomotive à très lente allure à travers l’immense cosmodrome, le pas de tir à partir duquel il décollera. Respectant une tradition russe, Thomas Pesquet et ses coéquipiers ne pourront en revanche pas voir leur fusée avant le décollage.

En dehors de l’habillement et du matériel de travail, l’astronaute n’a droit qu’à 1,5 kg d’effets personnels : "Faire ses bagages pour une telle mission n’est pas chose aisée. Il faut être rigoureux dans ses choix. Le tout doit entrer dans l’équivalent d’une boîte à chaussures", confiait Thomas Pesquet, qui a partagé une photo de sa valise.


Tous les objets qu’il emportera avec lui à bord de l’ISS sont soigneusement rangés dans des sachets à fermeture zippée. L'astronaute a prévu d’emmener des livres de Saint-Exupéry, sa ceinture noire de judo, ainsi que des cadeaux de Noël pour les astronautes déjà à bord de l’ISS. Une vieille traduction. Mais aussi un volant de badminton !

En réalité, la majeure partie des affaires de Thomas Pesquet se trouvent déjà dans l’espace : la capsule Cygnus, arrivée fin octobre sur la Station spatiale internationale, transportait ses vêtements et son matériel scientifique. Et quelques objets symboliques : une météorite martienne, une copie de l'accord de Paris, le texte adopté par les pays du monde entier l'année dernière lors de la COP21.


Il emporte avec lui également un drapeau français frappé d'une tour Eiffel cerclée de noir, un symbole de paix apparu après les attentats du 13 novembre, que François Hollande lui avait remis lors d’une rencontre à l’Elysée. La plupart des effets personnels pris par le jeune astronaute sont restés secrets. "Ce sont des surprises, si j'en parle, ce ne seront plus des surprises !", expliquait Thomas Pesquet, il y a quelques mois.


Thomas Pesquet a néanmoins confié qu'il emportait la montre de son frère (une Omega speedmaster, celle que portaient les astronautes qui ont marché sur la Lune) et un collier pour sa femme et des médailles estampillé Proxima, le nom de sa mission, qu'il offrira à son retour aux personnes restées au sol qui l'ont aidé dans sa préparation. En plus d'être ceinture noire de Karaté, il est également saxophoniste.

Avant de s’élancer dans l’espace, le commandant russe Oleg Novitsky, l’ingénieur de bord français Thomas Pesquet et son homologue américaine Peggy Whitson, auront accompli les mêmes gestes que leurs prédécesseurs : planter un arbre, regarder le film soviétique Le Soleil blanc du désert (1970), ou bien uriner sur les roues du véhicule qui les transportera vers leur vaisseau, comme le veut la coutume introduite par le premier homme à voyager dans l’espace, Youri Gagarine.

Depuis le début du mois, l'astronaute français,  accompagné du Russe Oleg Novitsky et de l’Américaine Peggy Whitson, est entré en quarantaine. Le but ? Eviter qu’ils ne partent malades dans l’espace et contaminent la Station spatiale. Les trois spationautes doivent rester à l’isolement, sans contact avec l’extérieur, à l’exception d'un médecin qui restera à leurs côtés jusqu'au jour du départ.

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Même leurs proches n'ont pas la possibilité de les embrasser, pour leur dire au revoir. Avant cette dernière ligne droite, Thomas Pesquet a pu dire au revoir à sa compagne en dînant à la table Normandie du restaurant de la Cité des étoiles, situé au nord-est de Moscou (Russie).

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