Moon express : une start up américaine veut envoyer un vaisseau sur la Lune avant la fin de l'année

Moon express : une start up américaine veut envoyer un vaisseau sur la Lune avant la fin de l'année

Sciences
LUNAIRE – Moon Express espère être la première société privée à lancer un petit vaisseau (non habité) vers la Lune, et ce avant la fin de l'année. Son objectif : exploiter les ressources du sol de notre satellite.

Jusqu'à aujourd'hui, la conquête de la Lune était une compétition entre nations. Mais près de 60 ans après le premier envoi d'un objet artificiel sur le sol de la Lune, le monde de l'entreprise compte bien s'immiscer dans la course. Moon Express, une jeune société de Floride, a ainsi annoncé vouloir y envoyer un vaisseau non habité d'ici la fin de l'année. 


"Nous continuons à travailler d'arrache-pied pour essayer de respecter ce calendrier", assure à l'AFP Robert Richards, PDG et co-fondateur de la start-up basée à Cap Canaveral, tout près de l'endroit d'où partent les fusées et navettes américaines. Mais le Canadien a bien conscience qu'il s'agit d'un énorme défi car comme il le concède : "La fusée n'a pas encore atteint l'orbite terrestre dans les vols d'essai et (…) nous construisons encore notre vaisseau".

Concours Google

Pourquoi alors cette course contre la montre ? Tout simplement car Moon Express n'est pas la seule société à vouloir relever ce challenge. Elle fait en effet partie des cinq finalistes du concours Google Lunar X-prize. Pour gagner, il faut être une entité privée et lancer un engin vers le sol lunaire avant le 31 décembre 2017. Une fois arrivé sur la Lune, il faudra, comme autre condition, faire déplacer le vaisseau ou un robot à son bord sur 500 mètres et transmettre une vidéo et des photos vers la Terre.


Le gagnant touchera une récompense de vingt millions de dollars. Un beau pactole même si Robert Richards assure que "ce n'est pas la motivation fondamentale". La start-up est bien placée pour l'emporter mais en cas de succès, elle espère surtout profiter des ressources du sol lunaire et de son potentiel commercial.

Transformer la lune en station-service

"Nous entendons mettre sur pied une entreprise visionnaire capable d'offrir des vols économiques vers la Lune afin de pouvoir développer de nouveaux marchés", explique ainsi l'entrepreneur. Le premier vol devrait coûter moins de dix millions de dollars, un faible coût.


"L'objectif à long terme est de prospecter les richesses lunaires et les exploiter, à commencer par l'eau", précise-t-il. Cette précieuse ressource serait plus abondante sur notre satellite naturel qu'on ne le pensait, si l'on en croit une étude récente. Le but ne serait évidemment pas de pomper l'eau pour la ramener sur Terre mais de l'utiliser pour contribuer à l'exploration humaine du système solaire. L'eau fournit en effet l'oxygène nécessaire à la vie et l'hydrogène pour le carburant des fusées. "La lune deviendra ainsi une sorte de station-service" pour les vaisseaux spatiaux du futur, prédit le PDG. Le sol lunaire est également riche en platine et en hélium-3, un élément rare sur la Terre et qui pourrait être utilisé pour la fusion nucléaire.

Objectif : trois missions vers la Lune d'ici 2020

L'envoi du vaisseau en question ne serait qu'une première étape. Baptisé MX1-E, il mesure 91 cm de largeur sur 1,37 m de hauteur et ressemble grossièrement à une canette de soda avec des pieds. D'autres vaisseaux, plus grands, sont prévus, ils pourraient s'assembler pour obtenir des véhicules capables de transporter des charges plus lourdes : MX2, MX5 et MX9, les numéros correspondant au nombre de modules.

 

Trois missions vers la Lune sont prévues d'ici 2020. Outre le premier vol avec MX1-E, une seconde est programmée vers le pôle sud lunaire, riche en glace, pour y établir une station de recherche robotisée. Une dernière mission a pour objectif de ramener sur Terre des échantillons du sol lunaire.

En vidéo

SpaceX va-t-il vraiment envoyer des touristes vers la Lune en 2018 ?

La start-up a déjà conclu plusieurs contrats avec des clients. Tous n'ont pas (heureusement) qu'un objectif commercial, quatre contrats ont ainsi été établis avec l'Institut national italien de physique nucléaire pour acheminer des rétro-réflecteurs sur la surface lunaire. Ils compléteront ceux apportés pendant les missions Apollo il y a plus de 40 ans et permettront entre autres des recherches en astrophysique.

Tout savoir sur

Tout savoir sur

La Lune avant Mars : la conquête spatiale redécolle

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter