Mortalité routière : et si l’intelligence artificielle était une solution à ce fléau ?

Chaque année, des milliers de Français meurent au volant.
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Jusqu'où ira l'intelligence artificielle ?

MONDE DE DEMAIN - Depuis le 1er janvier, 2.695 personnes sont décédées sur les routes, soit une de plus qu'à la même période l'an passé, selon les chiffres de la Sécurité routière publiés ce vendredi. Comme l'ABS ou les airbags à leurs époques, des technologies utilisant l'intelligence artificielle sont la promesse d'une sécurité plus fiable sur nos routes dans le futur. Petit tour d'horizon.

En un peu plus de 45 ans, le nombre de tués sur les routes françaises a été divisé par cinq. En 1972, année la plus meurtrière, 18.034 personnes avaient perdu la vie au volant, contre 3.488 en 2018. Des chiffres qui, en dépit de leur fléchissement, donnent toujours froid dans le dos. Si les technologies d’aide à la conduite et les progrès réalisés dans la conception des véhicules ont permis de réduire significativement la mortalité routière, il reste encore du chemin à parcourir pour tenter de mettre fin à ce fléau. 

Algorithme, systèmes prédictifs, voiture autonome : petit tour d’horizon des solutions les plus innovantes qui pourraient voir le jour dans un futur pas si lointain.

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Un algorithme capable d'anticiper un danger

Une fois installé dans l’habitacle d’un véhicule, le système est en mesure d’analyser le comportement de la personne au volant et les dangers extérieurs. Il peut ensuite avertir le conducteur par le biais de notifications lorsqu’il court un risque, rapporte le site américain Zdnet. Pour cela, un algorithme a été formé grâce aux données de conduite de milliers d’automobilistes et sur environ 643.737.600 km.

La réelle innovation réside dans le fait que l’analyse des données est réalisée en temps réel. D’autres systèmes existent mais les données sont envoyées à un cloud, ce qui augmente considérablement le temps de réaction en cas de danger imminent. Pour l’heure, le dispositif développé par la société californienne Nauto se destine clairement aux flottes de poids lourds. Mais il pourrait très bien donner des idées aux constructeurs automobiles dans le futur.

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La voiture autonome, plus fiable que l'humain

A en croire une étude menée en 2015 dans 25 villes à travers le monde par le cabinet d’études Boston Consulting Group, plus de neuf accidents sur dix sont dus à des erreurs humaines. Mais la fatigue, l’énervement et le stress n’auront aucune incidence sur les prises de décision des véhicules autonomes, ces voitures d'un nouveau genre. Qui plus est, à la différence des humains, ils ne seront jamais sous emprise de l’alcool ni des stupéfiants et ne téléphoneront pas au volant. Mieux encore, chaque pièce du moteur pourra être examinée en temps réel afin de prévenir une défaillance technique.

Pour se repérer sur la route, les voitures autonomes utilisent des capteurs, des caméras, le tout piloté par une intelligence artificielle, une sorte de super cerveau électronique. L’analyse en temps réel de l’environnement de conduite permet alors d’anticiper les perturbations de trafic et les accidents. De plus, l’IA rendant possible la communication entre chaque voiture, toutes les données recueillies sur la route seront entrecoupées entre-elles. Dans le futur, chaque collision pourra donc être anticipée. Leur arrivée sur les routes hexagonales devrait se faire au cours de la prochaine décennie.

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Smart city, vers des routes plus intelligentes ?

Au début de l'année 2018, la police de Dubai a lancé le Projet Oyoon : une plateforme préventive très perfectionnée utilisant l'intelligence artificielle et des milliers de caméras de surveillance du trafic routier de la ville, en vue notamment de réduire les accidents de la route. Grâce à l'utilisation de l'IA, un système en cours d'expérimentation, développé par la société Derq, identifie les potentiels dangers sur les routes de la ville et alerte les services d'ordre locaux des incidents susceptibles d'arriver avant même qu'ils ne se produisent.

Ce dispositif aide aussi la police ou d'autres services d'urgence à déterminer l'itinéraire le plus rapide vers le lieu de l'accident en surveillant la circulation en temps réel. "Si nous pouvons prédire ce comportement, mais pas à la dernière minute parce que cela serait trop tard, alors nous pourrions avoir suffisamment de temps pour réagir et éviter l'accident en question, qui pourrait être fatal ou occasionner des blessures", expliquait en 2017 le Dr. Georges Aoude, co-fondateur de Derq, au journal The National.

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