Neil Armstrong est-il mort à cause d’une faute médicale ?

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La Lune avant Mars : la conquête spatiale redécolle

UN SECRET À 6 MILLIONS DE DOLLARS - Un courrier anonyme, adressé à plusieurs journaux américains au lendemain du 50e anniversaire du premier pas de l'Homme sur la Lune, révèle l'existence d'un litige entre la famille de Neil Armstrong et l’hôpital dans lequel il a fini ses jours.

Sa disparition, en août 2012, avait suscité une vive émotion aux Etats-Unis. Décédé à l’âge de 82 ans, le "space hero" de la mission Apollo XI avait officiellement succombé à des complications après une opération cardiovasculaire. Au lendemain des commémorations du 50e anniversaire du premier pas de l’Homme sur la Lune, des révélations sur les circonstances troubles du décès de Neil Armstrong font surface dans la presse américaine, autour d'un mystérieux accord secret à six millions de dollars.


Dans son édition du mardi 23 juillet, le New York Times rapporte avoir reçu par courrier anonyme 93 pages de documents faisant état d’un litige entre la famille de l'astronaute le plus célèbre de l'histoire et le petit hôpital où il fut traité et opéré, dans l'Ohio. En substance, la famille de Neil Armstrong y accuse l’établissement de faute médicale. Un accord à l'amiable a finalement été trouvé pour éviter un scandale, l'hôpital versant six millions de dollars, dont cinq à ses deux fils, Rick et Mark, en échange de leur silence. 

En juillet 2014, dans un courrier électronique, l'épouse du fils cadet d'Armstrong, Wendy, qui est avocate, a menacé de divulguer l'affaire pendant la célébration du 45e anniversaire de la mission Apollo XI." Si cette affaire devenait publique, le coût pour la réputation de votre client serait bien supérieur à celui imposé par n'importe quel jury populaire", écrit-elle. "Aucune institution ne veut être associée, même de loin, à la mort de l'un des plus grands héros américains", aurait également mis en garde l'avocate représentant les petits-enfants de l’astronaute, Bertha Helmick, raconte le New York Times. Mais la veuve et seconde épouse d'Armstrong, Carol, a fait savoir qu'elle avait refusé de participer à l'accord. 


Le litige concerne la décision de l'hôpital de Fairfield dans l'Ohio, aujourd'hui membre du groupe hospitalier Bon Secours Mercy Health, de n'avoir pas transféré immédiatement Armstrong au bloc opératoire lorsqu'il a été victime d'une hémorragie interne, plusieurs jours après un pontage coronarien. La décision initiale d'opérer a aussi été remise en cause.

Les règlements à l'amiable sont légion outre-Atlantique

Une porte-parole du groupe hospitaliser a déclaré au Cincinnati Enquirer que la publication des détails était "très décevante". Les règlements à l'amiable pour faute médicale sont monnaie courante aux Etats-Unis : 5% seulement des cas finissent en procès, souligne Michelle Mello, professeure de droit à Stanford, citée par l’AFP. Les hôpitaux s'assurent contre ce risque. En 2018, le règlement le plus élevé, pour le décès d'un patient de plus de 80 ans, était de 1,49 million de dollars. Sauf que tout le monde n’a pas "premier marcheur lunaire de l'Histoire" sur son CV.


De fait, la valeur lucrative du nom Armstrong, et plus généralement des astronautes de la grande époque, justifie le montant particulièrement élevé de l’indemnité versée par l’hôpital de Fairfield. Pour se faire une idée, quand les fils Armstrong ont vendu des milliers d'objets personnels de leur père lors de trois enchères récentes, les recettes ont dépassé 12 millions de dollars, selon la maison Heritage Auctions. Ils avaient indiqué, lors d'une interview à l'AFP à New York l'an dernier, vouloir créer une fondation et donner une fraction des recettes à des organisations caritatives.

Ils ont risqué leur vie, je ne vois rien de mal à ce qu'ils en profitent.John Logsdon, fondateur de Space Policy Institute.

D'autres astronautes ont capitalisé sur leur expérience lunaire. Buzz Aldrin, qui a suivi Armstrong sur la Lune, se fait rémunérer pour participer à des conférences, à un tarif estimé entre 50.000 et 75.000 dollars par le site speaking.com. "Il demande un jet privé et un logement VIP, et il les obtient car tout le monde veut rencontrer Buzz Aldrin", a confié à l'AFP Francis French, auteur de livres sur l'histoire spatiale. Pour Francis French, le fait que les anciens astronautes, qui n'avaient qu'une retraite militaire ou de fonctionnaire, s'enrichissent dans leur carrière post-Nasa n'est ni secret, ni mal vu. 


En avril dernier, l'un des quatre marcheurs lunaires encore en vie, Charlie Duke, a par exemple demandé à l'AFP 5.000 dollars pour une interview. "Il y a un marché, ils facturent ce qu'ils peuvent", reconnaît John Logsdon, fondateur du Space Policy Institute à l'université George Washington. "Ils ont risqué leur vie, je ne vois rien de mal à ce qu'ils en profitent", soutient néanmoins cet ancien membre du conseil consultatif de la Nasa.

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