PARTI PRIS - Le plastique dans les océans : pourquoi il faut combattre ce "7ème continent" de toute urgence

DirectLCI
POLLUTION - Patrick Deixonne est un aventurier et un amoureux de la nature. Mais quand il se lance en 2009 dans la traversée de l'Atlantique à la rame, il est confronté à une pollution à laquelle il ne s'attendait pas : le plastique ! Depuis, il mène avec une équipe de chercheurs des études sur ce que l'on appelle le 7ème continent, pour mieux combattre cet "ennemi". Ce militant s'est confié à LCI à l'occasion de la Journée mondiale des océans.

"On est tous sensibilisés sur le réchauffement climatique, la montée des eaux, la fonte des glaciers mais on n’a pas encore ouvert les yeux sur la plastification des océans", s’inquiète Patrick Deixonne, fondateur de l'ONG Expédition Septième Continent. Il avertit : "Si on tue l'océan, on tue l'Homme, donc il faut réagir très vite". Ce navigateur a pris conscience du problème en 2009 alors qu'il traverse l'Atlantique à la rame, reliant l'Afrique à l'Amérique latine. En route, il percute un aileron de voiture en plastique. Un choc, même s'il ne s'alarme pas outre mesure dans un premier temps.


En étudiant le problème de la pollution plastique dans les océans, il rencontre l'océanographe Charles Moore. L'Américain a été le premier à alerter sur la situation et à parler d'un "septième continent". Ce dernier conseille à Patrick Deixonne de se rendre sur place et de voir par lui-même. Une zone de plastique aussi grande que le Texas en pleine mer ? L'explorateur prend le large, mène une première expédition en 2012, qui confirme malheureusement ses craintes.

Une soupe de plastique

Ce septième continent n'est pas un îlot de plastique perdu au milieu de l'océan, il représente en réalité cinq zones dans le monde. Sans surprise, c'est dans les gyres que l'on retrouve le plastique. Les gyres sont des zones où les différents marins convergent et forment d'énormes tourbillons. Le plastique s'y accumule, se désagrège. "Ce sont des zones qui sont essentiellement alimentées par des microparticules de plastique qui font entre 1 et 5 mm". Impossible donc d'imaginer marcher sur ce continent. "Ça ressemble plus à une soupe", résume le navigateur. "Il en existe cinq : deux dans le Pacifique, deux dans l'Atlantique et un dans l'océan Indien."


Et c'est là que ça se complique. Car si l'opinion publique s'est réjouie de découvrir des projets visant à nettoyer les océans, comme le Manta, "le bateau mangeur", ces innovations sont loin d'être suffisantes. "On se focalise sur les gros déchets", regrette Patrick Deixonne alors qu'il ne représente que 1% de la pollution plastique. Le reste : les microparticules. Alors que faire ?

La vraie solution, elle se trouve à terre"Patrick Deixonne, fondateur de l'ONG Expédition Septième Continent

"La vraie solution, elle se trouve à terre", estime le militant. Limiter l'utilisation du plastique et surtout le recycler, "lui donner une valeur, c'est-à-dire intéresser les industriels pour qu'ils rachètent cette matière secondaire pour en refaire de la matière première". L'espoir est là, "nous sommes au début d'une révolution écologique". Patrick Deixonne est ainsi persuadé que les industriels vont devoir se plier aux règles de survie de l'environnement, car l'opinion publique est plus avertie et plus vigilante mais aussi, par souci d'économie. 

La pollution des océans n'est pas sans conséquence, elle impacte la faune, la flore mais aussi la santé publique. Car ces microparticules,  quand elles voyagent avant d'atteindre l'océan - dans les rivières, les fleuves - se chargent en POP (polluants organiques persistants), en métaux lourds". Ces polluants se retrouvent ensuite dans la chaîne alimentaire : dans la chair des poissons... puis la nôtre.


Et ce n'est pas tout, "le problème du plastique, c'est qu'il déplace des espèces invasives. Ce plastique sert de radeau à des espèces qui vont coloniser d'autres milieux dans lesquels elles ne sont pas forcément les bienvenues", explique-t-il, avant de poursuivre : "Enfin, ces plastiques transportent des virus et des bactéries avec des agents pathogènes qui peuvent être dangereux pour l'Homme".


Patrick Deixonne a choisi de se battre. Il a fondé Exploration Septième Continent, une ONG qui se donne pour mission d'étudier cette pollution des océans et d'alerter les peuples, .

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter