Pour la première fois, une sonde low-cost privée va arriver sur la Lune

Sciences
ESPACE - Parti en février, l'atterrisseur lunaire d'une start-up israélienne devrait arriver sur notre satellite ce jeudi soir. Si l’opération réussit, Israël deviendra de fait le quatrième pays, après les États-Unis, la Russie et la Chine, à réussir un alunissage. Et SpaceIL sera la première société privée à réaliser un tel exploit.

Si tout ce passe bien, il sera le premier engin spatial privé à se poser sur notre satellite. Le module lunaire Beresheet (Genèse, en hébreu), propulsé dans l'espace avec succès à bord d’une fusée Falcon 9 de la firme américaine SpaceX fin février, doit alunir ce jeudi soir.  Cette mission à 84 millions d'euros a été initiée par la start-up israélienne SpaceIL avec le soutien technique de l’Agence spatiale israélienne (Isa) et d’Israël Aerospace Industries (IAI), une entreprise de construction aéronautique.  


L’atterrisseur low-cost de 585 kilos, principalement financé par des fonds privés, ressemble à un chaudron posé sur des tréteaux. Plutôt rudimentaire, Beresheet aura parcouru 6,5 millions de kilomètres à la vitesse de 36.000 kilomètres à l'heure.  Notre satellite naturel se trouve à une distance moyenne de 384.400 km. Alors pourquoi un si long voyage ? 

Comme l'avaient expliqué les responsables de SpaceIL avant le décollage, leur vaisseau spatial n'a pas emprunté un chemin direct pour se rendre sur la Lune. Beresheet avait en effet partagé la fusée de SpaceX avec deux autres charges utiles : un satellite de télécommunications indonésien et un engin expérimental de l'US Air Force. Ces derniers ont ensuite été placés  en orbite autour de la Terre. Un compromis qui a permis à l'entreprise israélienne d'économiser quelques millions de dollars. "Il s'agit d'une mission d'exploration spatiale en mode Uber", a souligné le cofondateur de SpaceIL, Yonatan Winetraub.

Le module lunaire est équipé d’un instrument permettant de mesurer le champ magnétique, de sorte à récolter des données afin de mieux comprendre la formation de la Lune, données qui seront partagées avec la Nasa, l'agence spatiale américaine. L'engin comporte également une capsule contenant des disques numériques avec des dessins d'enfants, des chansons et des images de symboles israéliens, les souvenirs d'un rescapé de la Shoah et une Bible. La capsule sera laissée sur la Lune comme témoignage pour les générations futures. 


L'épopée spatiale de la jeune pousse SpaceIL a débuté dans le cadre du Google Lunar XPrize qui, en 2010, offrait 30 millions de dollars pour encourager les scientifiques et entrepreneurs à proposer des missions lunaires peu coûteuses. Bien que le prix ait expiré en mars 2018 sans gagnant, l'équipe israélienne avait poursuivi sa démarche. Près de cinquante ans après les premiers pas de l'homme sur la Lune, cette dernière, un temps éclipsée par Mars, suscite en effet à nouveau l'intérêt. 

Jusqu'à présent, seuls trois pays sont parvenus à se poser à la surface de la Lune. Début janvier, la Chine a rejoint les Etats-Unis et la Russie en réussissant l'exploit d'alunir sur la face cachée et inexplorée de notre satellite naturel.  


"Nous entrons dans l'histoire et sommes fiers d'appartenir à un groupe qui a rêvé et a accompli la vision partagée par de nombreux pays dans le monde mais que, jusqu'à présent, trois d'entre eux seulement ont accomplie", a déclaré le PDG de SpaceIL, l'homme d'affaires et philanthrope Morris Kahn.

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