Pourquoi avons-nous arrêté d'aller sur la Lune ?

Pourquoi avons-nous arrêté d'aller sur la Lune ?

Sciences
DÉCRYPTAGE - Alors que les Etats-unis ont décidé de relancer les voyages lunaires, une question se pose : pourquoi avions-nous arrêté de nous rejoindre sur notre satellite depuis plusieurs décennies ?

45, c’est le nombre d’années que la Lune attend à nouveau de voir un homme posé ses pieds à sa surface. Le lundi 11 décembre, Donald Trump a pourtant annoncé son intention de relancer les voyages lunaires, en présence Harrisson Schmidt, un des derniers astronautes à être allé sur notre satellite. Mais d’ailleurs pourquoi aucun homme n’est retourné sur la Lune depuis 1972 ? Eléments de réponse.

Plus un enjeu politique que scientifique

En 1961, quelques mois après que l’URSS a envoyé les premiers hommes dans l’espace, le président John F. Kennedy annonce devant le Congrès américain vouloir que le pays puisse faire voyager des hommes sur la Lune avant la fin des années 60. Une décision motivée par la concurrence permanente qui existe entre les deux superpuissances, sur fond de Guerre froide.


Se lance alors une course contre la montre pour les Etats-Unis, qui démarrent le programme spatial Apollo. La première victoire face à l’URSS aura lieu le 21 juillet 1969 avec la mission Apollo 11. Pour la première fois de l’histoire de l’humanité, des astronautes posent le pied sur la Lune. Mission accomplie dans la course face à l’URSS, mais que faire par la suite ?

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Donald Trump veut renvoyer des hommes sur la Lune

Rapidement, la NASA et le gouvernement américain sont confrontés à la triste réalité, une mission spatiale coûte très cher. Entre 1959 et 1966, le budget de la NASA passe de 0,2% du budget fédéral à 5,3%. Ainsi, plusieurs dizaines de milliards de dollars sont investis pour envoyer des hommes sur la Lune. Dès 1965, la NASA s’évertue à convaincre le Congrès d’accorder des rallonges budgétaires pour l’après-Apollo mais les missions jugées trop vagues ne convainquent pas.


En 1970, c’est la mission Apollo qui est elle-même touchée par d’importantes coupes budgétaires. A cette époque, les Etats-Unis sont enfoncés dans une guerre très coûteuse au Viêtnam. Obligée de se séparer de plus de 50.000 employés sur 190.000, la NASA n’a pas d’autres choix que d’annuler les missions Apollo 18, 19 et 20. Ainsi, la dernière mission qui envoie des hommes sur la Lune a lieu en 1972 avec Apollo 17. À la fin de ce programme, 12 astronautes auront eu la chance et l’honneur de marcher sur la Lune.

Ça coûte horriblement cher

Suite à l’abandon de la mission Apollo, la NASA réfléchit à des moyens de baisser les coûts pour des missions habitées, tout en gardant en tête que le budget qui lui ait alloué est de plus en plus bas. Ainsi, l’administration propose au président de créer des navettes spatiales réutilisables au lieu des lanceurs classiques. Une tentative qui restera un échec, car chaque navette coûte en moyenne 1.5 milliards de dollars à développer et à construire.


Depuis, et toujours pour réduire les frais, les différentes agences spatiales décident de remplacer les astronautes par des robots. Selon les spécialistes, un voyage habité vers la Lune coûte en moyenne 100 à 1000 fois plus cher que d’envoyer un robot à l’aide d’un lanceur classique. Le coût moyen d’une mission vers la Lune est évalué entre 10 et 20 milliards d’euros. Actuellement, les budgets annuels pour des vols habités sont de 200 à 400 millions d’euros pour les Européens et de 10 milliards pour le gouvernement américain. 

La Lune, oui, mais pour aller sur Mars

Au niveau mondial, les différentes sagences patiales se concentrent à présent sur Mars plus que sur la Lune. Même si allé sur Mars coûtera là aussi probablement énormément d’argent, les chercheurs semblent voir un plus grand intérêt à coloniser la Planète rouge. Mais les experts sont unanimes : parcourir les quelques 225 millions de kilomètres qui séparent Mars de la Terre, nécessitera une véritable prouesse technique et un budget immense. 

Cependant, ils sont convaincus d’une chose, la Lune n’est peut-être plus une priorité de la conquête spatiale mais elle a son intérêt. La communauté scientifique affirme que la Lune doit de devenir la base arrière des futures missions vers Mars. La raison ? La présence d’hélium-3, qui pourrait devenir un supercarburant pour permettrent ensuite aux fusées de s'enfoncer dans le système solaire.


Ce changement d’approche afin de rejoindre Mars replace donc la Lune au centre de la conquête spatiale et va permettre de voir, quasiment 50 ans après, des hommes allés sur la Lune pour y rester…

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La Lune avant Mars : la conquête spatiale redécolle

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