Qui est Mascot, ce robot français largué à la surface de l'astéroïde Ryugu

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EXPLORATION - Le petit robot franco-allemand s'est posé ce mercredi vers 4 heures sur l’astéroïde Ryugu pour un mission-éclair. Sa durée de vie, après quatre ans de voyage, était estimée à seize heures maximum.

A l’autre bout du système solaire, le robot spatial Mascot s'est lancé dans sa mission kamikaze. Après une chute libre de 51 mètres depuis la sonde Hayabusa-2, le petit robot spatial franco-allemand a atterri sans encombre sur l’astéroïde Ryugu, dans la nuit du mardi 2 au mercredi 3 octobre. "Mascot va bien. Ses instruments sont en état de fonctionnement. Il communique bien avec la sonde", a indiqué le Centre national d'études spatiales (Cnes).


L'appareil, développé conjointement par les agences spatiales allemande (DLR) et française, a ensuite débuté ses opérations à la surface de Ryugu vers 7h36 (heure de Paris). Mais pour lui, le temps est compté. Sa durée de vie, après un voyage de quatre ans, était en effet estimé à seulement seize heures – durée pendant laquelle sa batterie devait l’alimenter. Une mission-éclair qui devait néanmoins fournir de précieuses informations aux scientifiques sur la naissance du système solaire.

Il se déplace en effectuant des petits sauts

Ce robot d’exploration, de la taille d’une grosse boîte à chaussures, pèse moins de 10 kilogrammes. Il se déplace à la surface de de Ryugu non pas en roulant, mais en effectuant des petits sauts, grâce à la faible gravité de ce dernier. Les concepteurs de l’appareil lui ont adjoint une sorte de bras doté d’une masselotte (petite masse métallique agissant par inertie, gravité ou force centrifugeuse) afin "de donner à Mascot des pichenettes pour changer de face". Il devait néanmoins se déplacer peu afin d'économiser ses batteries, à la différence des robots Minerva, largués le 22 septembre dernier et qui effectuent des bonds de 15 mètres et resteront actifs pendant encore plusieurs mois.

A son bord, le spectromètre français MicrOmega

Mascot s'emploie à analyser les propriétés physiques et la composition chimique de Ryugu. Pour mener ses investigations scientifiques, il dispose à son bord de quatre instruments, dont le spectromètre MicrOmega, un microscope infrarouge hyperspectral conçu au sein du laboratoire de l’Institut d’Astrophysique spatiale (IAS), à Orsay. 


L’idée est "de se faire une idée assez précise de son sol, afin de préparer les collectes d’échantillons que fera Hayabusa 2 ; la première aura lieu fin octobre", rappelle Aurélie Moussi, la chef de mission Mascot au Cnes, en soulignant que l'engin a été conçu comme un éclaireur au service de la sonde nippone.

Prélever des échantillons et les ramener sur la Terre

L’objectif principal de la mission consiste à rapporter sur Terre quelques minuscules prélèvements de l’astéroïde. Ces échantillons seront ramenés d'ici à la fin 2020. Et leur analyse éclairera sans doute les astronomes sur la composition du système solaire primitif, dont ce type de corps est un parfait représentant. 

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