Rapport du "Giec de la biodiversité" : "Le temps est compté" pour éviter une extinction de masse, alerte un expert

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LA FIN D'UN MONDE - Notre planète face au péril environnemental

ENVIRONNEMENT - Des scientifiques et des diplomates de plus de 130 pays se sont réunis au début du mois de mai à Paris pour dresser l'état de la biodiversité dans le monde. Paul Leadley, un des principaux auteurs d'un rapport alarmant sur cette question, publié lundi 6 mai, estime auprès de LCI que nous faisons face à une crise aussi importante que celle du climat.

Des conclusions alarmantes. Un rapport, publié lundi 6 mai, tire la sonnette d'alarme dans son évaluation mondiale des écosystèmes depuis près de 15 ans. Une parution qui intervient au lendemain de la conclusion de la réunion des scientifiques et diplomates de 130 pays réunis sous la bannière de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques, début mai à Paris.

Ce groupe a été créé en 2012 pour favoriser la communication entre scientifiques et décideurs politiques. Le rapport final qui rendu le 6 mai est une évaluation de la biodiversité planétaire. Les chercheurs ont voulu analyser les causes du déclin et proposer des solutions, en vue d'un prochain somme prévu en 2020 en Chine. Les premières informations transmises, près d’un million d’espèces, animales et végétales, pourraient disparaître dans les prochaines décennies.

Climat et biodiversité, même urgence

Un des objectifs de ce sommet était d'exposer la crise de la biodiversité au grand public. Jusqu'à présent, elle ne bénéficiait pas de la même notoriété que le réchauffement climatique. Pourtant, le sujet ne doit pas être sous estimé, affirme Paul Leadley, professeur à l’université Paris-Sud et principal auteur du rapport: "C’est tout aussi important que le réchauffement climatique. Il y a un exemple très clair avec la pollinisation qui ne peut pas se faire sans insectes comme les abeilles. Leur déclin entraînera forcément celui des cultures qui en dépendent et notamment les fruits et légumes". Ces deux crises sont d'une intensité similaire et dépendent l'une de l'autre : " Les forêts des tropiques sont détruites alors qu’elles sont indispensables pour absorber le carbone. A l’inverse, le réchauffement climatique fait bouger les espèces et leur faire perdre du territoire".  

L'homme est dépendant de cette nature qui lui rend des services vitaux : la pollinisation, l’absorption du CO2 par les forêts et les océans mais aussi les médicaments et l'eau potable. Pourtant, le premier consommateur de la nature est aussi son premier destructeur. 

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Nous ne sommes pas encore à l'heure de la sixième extinction de masse mais on s'y dirige (...) Le temps est compté- Paul Leadley, professeur à l'université Paris-Sud et membre de l'IPBES

Plusieurs scientifiques s'accordent pour dire que nous vivons la sixième extinction de masse. Les causes des précédentes extinctions sont liées à des phénomènes naturels imprévisibles et inéluctables, celle ci est la première imputable à un être vivant, l'homme. Selon Paul Leadley, le terme est trop fort pour la situation actuelle: "Nous ne sommes pas encore à l'heure de la sixième extinction de masse mais on s'y dirige. Il est vrai qu'il y a des signes clairs comme la diminution abondante des espèces ou la dégradation des écosystèmes comme les récifs coralliens. Le temps est compté. On peut l'éviter si l'on entame une transformation immédiate".

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Le rapport du "GIEC de la biodiversité" donne plusieurs solutions pour éviter une telle catastrophe. Des pistes dont Paul Leadley, interviewé quelques jours avant son publication, : "Le régime alimentaire est un bon exemple. Si les habitants des pays développés mangeaient équilibré, notamment en consommant moins de viande rouge, ça aurait un effet bénéfique sur leur santé mais aussi sur le climat". L'élevage d'animaux est une des activités les plus néfaste pour l'environnement puisqu'elle alimente les émission de gaz à effet de serre et demande beaucoup de terres agricoles pour nourrir les bêtes.

Mais selon le scientifique, la véritable solution viendra d'une approche beaucoup plus globale: "Il faut intégrer le problème. Tout le monde doit se mobiliser que ce soit l'ensemble des citoyens, des gouvernements mais aussi des ministères. Et pas seulement le ministère en charge de la Transition écologique. Il faut dépasser la limite actuelle des gens déjà mobilisés". La rapport qui sera révélé lundi présentera probablement un tableau bien sombre de l'état de la biodiversité dans le monde mais les scientifiques insistent sur le fait qu'il est encore temps d'agir.

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