Réchauffement climatique : 2017, année la plus chaude jamais enregistrée (hors El Niño)

Réchauffement climatique : 2017, année la plus chaude jamais enregistrée (hors El Niño)

Sciences
DirectLCI
MÉTÉOROLOGIQUE - Selon l'ONU, cette année affichera les températures les plus hautes jamais enregistrées, hors années durant lesquelles le phénomène El Niño (à l'origine d'un réchauffement anormalement élevé de l'eau dans la partie Est de l'océan Pacifique Sud) était à l'œuvre. Ce dernier avait contribué aux fortes hausses enregistrées lors des deux années précédentes.

2017 a été chaude, très chaude.... Cette année sera, dans les faits, l'une des trois années où l'on observera les températures les plus élevées depuis le début des relevés météorologiques, au 19e siècle, a indiqué à la mi-décembre l'Organisation météorologique mondiale (OMM). Des chiffres qui prennent en compte les 11 premiers mois de l'année et qui confirment le bilan d'un rapport publié le 6 novembre, à l'ouverture de la COP23 sur le climat. 


"Les trois dernières années sont les plus chaudes qui aient jamais été enregistrées et s'inscrivent dans la tendance au réchauffement à long terme de la planète", soulignait alors le Secrétaire général de l'OMM, Petteri Taalas, dans un communiqué. 

En vidéo

Depuis plus de 20 ans, des experts alertent sur le réchauffement climatique

Les auteurs du rapport rappellent que l’année 2017 a été marquée par "de nombreux phénomènes à fort impact parmi lesquels des ouragans et des inondations catastrophiques ainsi que des vagues de chaleur et des sécheresses particulièrement néfastes". Sous l'effet d'un puissant Nino, 2016 devrait tout de même conserver son statut d'année la plus chaude, les années 2015, également traversé par ce phénomène météorologique, et 2017 se disputant la deuxième et la troisième place. El Nino vient tous les trois à sept ans affecter températures, courants et précipitations.

Pics de températures, ouragans sans précédent, inondations massives...

Ce courant revient tous les trois à sept ans et affecte les températures comme les précipitations et les courants. "Nous avons assisté à des conditions météorologiques exceptionnelles, par exemple des pics de température à plus de 50°C en Asie, des ouragans d'une intensité record dans les Caraïbes et dans l'Atlantique qui ont atteint l'Irlande, des inondations dévastatrices causées par la mousson et frappant des millions de personnes, ou bien encore une terrible sécheresse en Afrique de l'Est", a rappelé Petteri Taalas.

   

"Nombre de ces phénomènes – des études scientifiques approfondies en révéleront le chiffre exact – portent indiscutablement la marque du changement climatique causé par l'augmentation des concentrations de gaz à effet de serre engendrés par les activités humaines", a ajouté Petteri Taalas.


Le rapport alarmiste du 6 novembre devait servir de base aux discussions des pays réunis à Bonn du 6 au 17 novembre pour consolider la mise en œuvre de l'Accord de Paris sur le climat, lors de la COP23. "Tout cela met en lumière les menaces croissantes qui pèsent sur les populations, l'économie des pays et même sur les mécanismes de la vie sur Terre, si notre action ne devait pas être à la hauteur des objectifs et des ambitions incarnés par l'Accord de Paris", a déclaré Patricia Espinosa, secrétaire exécutive de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), qui chapeaute la conférence de Bonn.

Dans la mauvaise direction

La COP23 avait pour but d'avancer dans la recherche des moyens à mettre en œuvre pour limiter la hausse de la température mondiale à moins de 2 degrés Celsius et si possible à 1,5. Un engagement pris par les 196 pays signataires de l'accord de Paris de 2015. Mais les efforts financier promis jusqu'ici devraient mener à une augmentation de température de trois degrés.


Mais le bilan est plutôt décevant, et la COP23 n'a pas permis de clarifier les règles d'application de l'accord de Paris, notamment sur le plan de la comptabilité des engagements financier et de la transparence des réductions d’émissions de CO2 des différents pays.


Selon l’OMM, les tendances à long terme vont toutes dans la mauvaise direction. D’autant que les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère continuent d’augmenter. En comparaison avec les niveaux de 1750, les concentrations de méthane et de CO2 sont 2,5 et 1,5 supérieures.    

La hausse du niveau de la mer et l'acidification des océans, entre autres indicateurs du changement climatique, se poursuivent. "L'océan absorbe jusqu'à 30% des émissions annuelles de CO2 produites par l'homme," relève l'OMM. "Mais cela a un coût", pour les coraux, l'aquaculture, la chimie élémentaire des mers. L'étendue de la banquise de l'Arctique demeure inférieure à la normale tandis qu'en Antarctique, la banquise, stable auparavant, affichait un minimum record ou quasi record, ajoute l'OMM.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter