Maintenant c’est sûr, l’Archéoptéryx savait voler

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DÉCOUVERTE - Des chercheurs européens ont établi de façon certaine que l’Archéoptéryx, ce célèbre dinosaure à plumes qui vivait il y a environ 150 millions d’années, pratiquait le vol actif. Il y a peu, les scientifiques pensaient qu’il ne volait pas du tout…

"Toutes les théories possibles ont été avancées. On est allé d'un animal ne volant pas du tout, à un vol quasi moderne, en passant par le vol plané - qui est passif - et par la course assistée." Comme le rappelle Paul Tafforeau, paléontologue à l’ESRF (European Synchrotron Radiation Facility), cité par l’Agence France Presse, tout ou presque a été dit sur le supposé vol (ou absence de vol) de l’Archéoptéryx, le petit dinosaure à plumes. Enfin dinosaure… Pour certains chercheurs il appartient à la classe des oiseaux. Autre preuve que son cas interpelle.

Pas très endurant

Quoi qu’il en soit, une étude publiée mardi dans Nature Communications (menée par Dennis Voeten, chercheur à l'ESRF qui fait sa thèse à l'Université de Palacky en République tchèque, et réalisée avec l’aide d’une équipe internationale de scientifiques au Synchrotron européen de Grenoble) établit avec exactitude que l’Archéoptéryx pratiquait bel et bien un vol actif, c’est-à-dire en se servant de ses ailes. "Notre étude permet de conclure que l'Archéoptéryx volait vraiment et qu'il volait de façon active mais sur de courtes distances, a expliqué à l’AFP Dennis Voeten. Nous apportons une preuve directe."

Pour réussir à obtenir de telles conclusions, les chercheurs ne se sont pas contentés d’examiner de nouveau l’anatomie externe de ce lointain cousin des oiseaux actuels. Non, ils ont dû étudier en détails la structure osseuse interne de ce dinosaure qui avait la taille d’un pigeon ou d’un faisan. Pour y parvenir, ils ont scanné des fossiles d’Archéoptéryx. "Le synchrotron nous a notamment permis de couper virtuellement les os longs des ailes et d'étudier la répartition, l'épaisseur et la forme de la partie externe de ces os, précise Paul Tafforeau. En plus de les imager en 3D, il a fallu reconstruire la forme originale de l'os en séparant toutes les fractures."

Ces recherches ont permis également d’établir que l’Archéoptéryx n’avait pas la capacité de pratiquer le vol battu des oiseaux modernes (ndlr : battement répété des ailes). "Il n'avait pas les adaptations pectorales pour voler comme les oiseaux modernes", conclut le professeur Stanislav Bures, de l'Université Palacky.

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