Sciences participatives : on a testé trois applis pour faire avancer la recherche

Sciences participatives : on a testé trois applis pour faire avancer la recherche

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COUP DE POUCE - Partenaire du Prix Entreprises pour l’environnement (EpE), LCI vous livre pendant un mois des articles autour de la thématique digital et environnement. Cette semaine, nous nous penchons sur les sciences participatives. Espace, ornithologie ou encore botanique... LCI a testé trois applis accessibles à tous.

Un petit clic pour l'utilisateur, un grand pas pour la science. Parfois débordés par l'ampleur du travail qu'ils ont à accomplir, les chercheurs font appel à l'aide des internautes. C'est ce qui s'appelle la science participative. Loin des laboratoires et des experts en tous genres, les avancées se font donc désormais aussi grâce aux citoyens. Depuis quelques années, de plus en plus de programmes se développent sur internet pour que tout un chacun puisse participer aux recherches en matière d’astronomie, d’écologie ou encore de biologie. Et pour cela, nul besoin d'être un crack en matière de sciences. Généralement, seul un bon sens de l’observation suffit. LCI a testé trois applis.

Répertorier les végétaux qui poussent au coin de votre rue

Vous pensez que le pissenlit qui pousse sur votre coin de trottoir est insignifiant ? Détrompez-vous !  Il intéresse grandement les scientifiques. Le réseau des botanistes francophones, Tela Botanica, en partenariat avec le programme de sciences participatives Vigie-Nature, fondé par le Muséum national d'Histoire naturelle, mène depuis 2011 un projet de recensement de la flore urbaine. "A l’échelle de la ville, les espèces présentes, animales ou végétales, sont à peu près répertoriées même si elles restent lacunaires. À une échelle encore plus fine, celle de la rue, les listes d’espèces n’existent pas. Pourtant, ces données sont indispensables pour comprendre comment les 'brèches urbaines' (pieds d’arbres, espaces engazonnés…), les structures urbaines et les modes de gestion influent sur la qualité de la biodiversité", explique l'association.


Pour prendre part au projet, rien de plus simple. Il vous suffit de télécharger l'application Sauvages de ma rue (ici pour Android, pour iOS), de cliquer sur "Participer" et d'entrer l'adresse où vous vous situez. Vous n'avez plus qu'à vous mettre à quatre pattes pour explorer les recoins et fissures insoupçonnées du macadam. Dès que vous avez une plante sous les yeux, sélectionnez les caractéristiques qui la composent (feuilles dentelées, poilues, couleur des fleurs, etc.). Une liste de photos de végétaux et des noms scientifiques correspondant s'affiche alors. Sélectionnez le bon et ajoutez-le à votre liste de "sauvages" en indiquant son lieu de pousse et en annotant des commentaires si nécessaire. Notez que la reconnaissance des végétaux est d'autant plus facile au printemps ou en été, quand les plantes ont des fleurs.

Si la plante que vous avez devant les yeux ne figure pas dans la liste, vous pouvez dans ce cas l'ajouter en cliquant sur "Pas dans la liste". Renseignez son nom scientifique si vous le connaissez, son lieu de pousse, et prenez-la en photo avant de l'enregistrer.

Une fois que vous avez enregistré toutes les plantes qui se trouvaient sur votre parcours, retrouvez-les dans la rubrique "Mes sauvages" et partagez-les avec la communauté des scientifiques. Les données sont enregistrées dans les bases de données du Muséum national d’Histoire naturelle et de Tela Botanica et pourront éventuellement être fournies aux collectivités désirant en savoir plus sur leur diversité végétale. Les relevés des participants sont également visibles sur une carte disponible sur le site internet de Tela Botanica.

Rapporter le comportement des oiseaux de son jardin/balcon

Jouer tout en aidant la science, c'est ce que propose l'application Birdlab (ici pour Android, pour iOS) pilotée, comme Sauvages de ma rue, par Vigie-Nature. Le principe est simple : reproduire en temps réel sur votre smartphone, d'un simple geste du doigt, les allées et venues des oiseaux dans votre jardin ou sur votre balcon après leur avoir installé une mangeoire. Pour participer, nul besoin d'être un ornithologue averti. L'application vous apprend, grâce à un quiz basé sur des photographies, à identifier les vingt-sept espèces les plus communes fréquentant les mangeoires. Perruche, corneille, pigeon ramier... La leçon est vite apprise.

Une fois le niveau "Novice" validé, et après avoir enregistré vos mangeoires dans l'application, vous pouvez commencer à partager vos observations. Grâce à celles-ci, Carmen Bessa-Gomes et François Chiron, chercheurs et enseignants à l’Institut des sciences et industries du vivant et de l’environnement (AgroParisTech), sauront si tel ou tel oiseau préfère se nourrir là où d’autres congénères sont déjà présents ou s'il préfère s’isoler, ou encore si certaines espèces coopèrent ou sont en compétition.

Si vous ne souhaitez pas ou ne pouvez pas installer de mangeoires chez vous, Vigie-Nature propose une cartographie des mangeoires mises en place dans des lieux publics, et ce dans toute la France.

Décrypter le climat de la planète Mars

C'est une région de Mars encore assez méconnue. La zone polaire sud de la planète rouge est en ce moment même soumise à l'expertise des internautes par les planétologues. Ceux-ci cherchent à mieux comprendre le climat qui règne sur l'astre. Votre mission est assez simple : repérer, sur des clichés capturés par Mars Reconnaissance Orbiter et mis en ligne sur le site de sciences participatives Zooniverse, des tâches rondes ou en forme d'éventail. Celles-ci pourraient représenter, selon les scientifiques, la direction et la force du vent. "En repérant ces 'éventails' et ces 'tâches' sur une période de plusieurs années martiennes et en regardant comment ils se forment, évoluent, disparaissent et se reforment, nous pouvons aider les planétologues à mieux comprendre le climat de Mars", explique le mode d'emploi du projet.

Si l'aide des internautes est ici précieuse, c'est parce que le nombre d’images récoltées par Mars Reconnaissance Orbiter est bien trop élevé pour qu’un groupe de scientifiques puisse toutes les analyser. De plus, les ordinateurs ne seraient pas doués pour détecter les caractéristiques qui doivent être marquées. A la fin du projet, chacun de vos marquages sera recoupé avec ceux des autres participants. Grâce à une moyenne, les scientifiques seront en mesure de réaliser une carte "extrêmement fiable" des "éventails" et des "tâches" de la surface de Mars pour obtenir "la première mesure à grande échelle du vent sur cette planète".


D'autres projets sont disponibles sur l'application Zooniverse (ici sur Android, là sur iOS). Celle-ci n'est malheureusement disponible qu'en anglais.

Entreprises pour l’Environnement (EpE), associée LCI, lance pour la 13e année consécutive, son appel à candidature pour le Prix Jeunes pour l’Environnement doté de plus de 10.000€. Cette année, les concurrents doivent réfléchir à la question suivante : "Digital et Environnement : quelles connexions ?"

Les jeunes de moins de 30 ans ont carte blanche ! Ils sont invités à présenter des idées inédites, des solutions concrètes de services ou d’applications, d’objets connectés, de chatbot, etc… favorisant l’environnement (climat, biodiversité, ressources, eau…) ou, à l’inverse, des solutions concrètes pour diminuer l’impact du recours au digital. Pour plus d'information, rendez-vous sur le site dédié.

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