Elon Musk promet que sa constellation de satellites ne gênera pas la contemplation des étoiles

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ESPACE - Apostrophé par des astronomes sur la pollution lumineuse que risque de générer le futur réseau de satellites Starlink, Elon Musk a relativisé les critiques, mais s'est engagé à ce que des corrections soient faites.

La future méga-constellation de satellites de SpaceX est loin de faire l'unanimité. Et notamment dans la communauté des astronomes. La semaine dernière, l’entreprise spatiale d’Elon Musk a placé en orbite les soixante premiers engins de Starlink, le premier jalon d’un projet ambitieux visant à donner un accès internet haut débit depuis l’espace à des milliards de personnes vivant dans les régions les plus reculées ou les plus pauvres de la planète.


Défilant dans le ciel nocturne à 550 kilomètres d’altitude, la farandole de points lumineux, visible depuis par la Terre avec une bonne vue et par temps dégagé, a surtout le don d’agacer au plus haut point la communauté des astronomes. D’autant que si tout va bien, à l'horizon 2020, la méga-constellation de SpaceX pourrait compter jusqu’à 12.000 satellites, créant de fait une pollution lumineuse qui pourrait s’avérer particulièrement gênante pour leurs observations. Beaucoup craignent en effet que tous ces points brillants dans la nuit ne gâchent les images des télescopes.

Dans moins de 20 ans, les gens verront plus de satellites que d'étoiles à l'œil nu pendant une bonne partie de la nuit.Bill Keel, astronome à l'université de l'Alabama.

De la taille d’une grosse machine à laver, c’est surtout l’architecture de ces engins qui pose souci : ils sont plats et possèdent un grand panneau solaire reflétant la lumière. Ils étaient particulièrement brillants peu après leur lancement jeudi 24 mai, alors qu'il se trouvaient à environ 440 kilomètres au-dessus du plancher des vaches. Depuis, les satellites ont atteint leur altitude de croisière et leur brillance, qui dépend de l'angle des panneaux et de leur orbite, a été grandement atténuée.


Reste que si les futures méga-constellations restent aussi brillantes que dans les premiers jours de Starlink, "dans moins de 20 ans, les gens verront plus de satellites que d'étoiles à l'œil nu pendant une bonne partie de la nuit", s'alarme Bill Keel, astronome à l'université de l'Alabama. "S'il y en a 12.000 là-haut, cela veut dire que des centaines se trouveront au-dessus de l'horizon à tout instant", prévient de son côté Jonathan McDowell, du centre d'astrophysique d'Harvard et Smithsonian.


Or les télescopes ont souvent besoin d'une exposition longue, par exemple 15 minutes, dit-il à l'AFP. Si des dizaines ou des centaines de satellites passent dans le champ pendant cet intervalle, "l'image sera rayée de traits lumineux (...) au point qu'il sera difficile de voir les galaxies très faiblement visibles que vous cherchiez à observer". 

Elon Musk promet de modifier les satellites Starlink

Elon Musk a répondu aux critiques sur Twitter avec un mélange de hauteur et de légèreté. "Il y a déjà 4 900 satellites en orbite, que les gens remarquent environ 0% du temps. Starlink ne sera vu par personne à moins de regarder très attentivement et aura un impact d’environ 0% sur les progrès de l’astronomie", écrit le milliardaire. De toute façon, ajoute-t-il, "nous devons mettre les télescopes en orbite". Il argue par ailleurs que fournir internet à des "milliards de gens économiquement désavantagés" est un "bien supérieur".


Mais il a tout de même dit avoir demandé à ses équipes de réduire l'albédo (la part de lumière renvoyée par la surface des satellites) des prochains appareils.

Le patron de SpaceX a le temps de corriger le tir : Starlink nécessitera encore une douzaine de lancements avant de commencer à être opérationnelle.

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