Ce qu’il faut savoir sur Tiangong-1, la station spatiale chinoise qui va retomber sur Terre cette nuit

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ESPACE – Hors de contrôle, la station Tiangong-1 doit retomber dans l’atmosphère terrestre ce lundi au plus tard. LCI vous dit tout ce qu’il faut savoir sur la première la station spatiale chinoise de l’histoire, lancée en 2011.

En orbite au-dessus de nos têtes, Tiangong-1 va tomber sur Terre de façon imminente. Hors de contrôle depuis de longs mois, la station spatiale chinoise, dont le nom signifie littéralement "Palais céleste", doit, selon l’Agence spatiale européenne (ESA), entrer dans l’atmosphère au plus tard ce lundi 2 avril en milieu de nuit. Un retour qui inquiète car des débris du module pourraient entrer en collision avec la surface terrestre. La probabilité de voir ces résidus faire des dégâts, matériels ou humains, reste cependant (très) faible.


"Il y a un buzz énorme parce qu’on parle de 'station chinoise’ et que le mot 'station' nous fait tout de suite penser à l’ISS (la station spatiale internationale, ndlr) ; 400 tonnes, 100 m sur 100 m. Mais là, ce n’est pas du tout ça", nous expliquait il y a quelques semaines Christophe Bonnal, spécialiste des débris spatiaux au Cnes (Centre national d’études spatiales). De fait, précise l’expert, l’essentiel de Tiangong-1 devrait se détruire dans sa chute.

De quoi rassurer mais assurément pas de faire retomber la curiosité. En attendant ce retour, donc, LCI vous dit tout ce qu’il faut savoir sur la première la station spatiale chinoise de l’Histoire.

Les dimensions d’un autobus

Comme le soulignait Christophe Bonnal, Tiangong-1 n’a strictement rien à voir en termes de taille et de poids avec sa "grande cousine", l’ISS. Pesant quelque 8,5 tonnes, le module chinois mesure dix mètres de haut pour 3,35 mètres de diamètre. L’envergure des panneaux solaires l’alimentant en énergie est quant à elle de 18,4 mètres. "Dans la liste des objets dangereux, Tiangong-1 se place autour de la 60e ou de la 70e place", précisait le spécialiste du Cnes. Jusqu’à présent, avec 120 tonnes environ, c’est la station spatiale russe MIR qui reste le plus gros objet revenu dans l’atmosphère. L'événement avait eu lieu fin mars 2001. 

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La vitesse d’une voiture de sport

Actuellement en orbite à un peu plus de 200 kilomètres d’altitude à environ  29.000 km/h, Tiangong-1 va peu à peu perdre en célérité avant d’entrer dans l’atmosphère à une centaine de kilomètres au-dessus du sol. Selon les experts du Cnes, la descente prendra alors entre 20 et 30 minutes, soit une vitesse proche des 300 km/h. Assez pour préférer s’éviter une chute de débris, même de taille infime. "La station va fondre, mais partiellement. Entre 10 à 20% de la masse survivra et impactera la surface du globe, qui, il faut le rappeler, est composée à 70% d’eau", insistait Christophe Bonnal selon qui "la probabilité de faire une victime est vraiment excessivement faible".

Une zone d’impact toujours inconnue

Si la date du retour de Tiangong-1 est connue - l’ESA mise sur le 31 mars – ou presque, la zone d’impact d’éventuels débris reste, elle, indéterminée. "On sait où elle ne va pas tomber", indiquait malicieusement Christophe Bonnal. Car la zone d'impact est plutôt... large. "D’après les données que nous avons, elle tombera entre le 43e parallèle sud et 43e parallèle nord, qui est à peu près au niveau de Perpignan. Il est donc quasiment impossible que la France métropolitaine soit touchée." Réalisé par l’ESA, le planisphère ci-dessous détaille les autres zones potentielles de collision (en vert). Au total, près de 20 millions de kilomètres carrés de la Terre sont concernés. 

Un symbole de la conquête spatiale chinoise

Lancé en 2011, le module Tiangong-1 a longtemps fait figure d’emblème de la volonté chinoise de conquérir l’espace. Une volonté réaffirmée ces dernières années avec le développement du programme spatial de l’Empire du Milieu, matérialisé, entre autres, par le lancement de Tiangong-2 en septembre 2016. Depuis, les réussites s’enchaînent. Outre l’achèvement de sa plus longue mission habitée (deux astronautes chinois étaient restés 33 jours à bord de Tiangong-2), Pékin était parvenu, début 2017, à envoyer dans l’espace son premier cargo spatial, Tianzhou-1 ("Bateau céleste"). Des succès censés ouvrir la voie au déploiement, en 2022, d'une station spatiale bien plus grande. 

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