TESS, le chasseur d'exoplanètes de la NASA, prêt à s'élancer en quête d'une Terre bis

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ESPACE - Le nouveau chasseur d'exoplanètes de la Nasa va être mis en orbite dans la nuit du lundi au mardi 17 avril. Pendant deux ans, ce patrouilleur de l'espace va scruter la voûte céleste et ses innombrables étoiles, avec l'espoir de débusquer des "sœurs jumelles" de la Terre.

Il se nomme TESS (pour Transiting Exoplanet Survey Satellite). Ce télescope spatial de la Nasa s’élancera à bord d’une fusée Falcon 9 de Space X, ce mardi 16 avril 2018 (à 00 h 32, heure de Paris) depuis Cap Canaveral en Floride (Etats-Unis), en vue d’un long périple à travers le cosmos. Une fois en orbite, l’engin d'observation aura pour mission d’épier la voûte céleste et ses innombrables étoiles, avec l’espoir d’y débusquer de nouvelles planètes habitables hors de notre Système solaire.


Le nouveau chasseur d'exoplanètes de la Nasa pourrait découvrir jusqu'à 20.000 nouvelles exoplanètes, dont une cinquantaine de la taille de la Terre et près de 500 qui seraient deux fois plus grandes que notre planète, promet l'Agence spatiale américaine sur son site internet.

C'est quoi sa mission ?

Pendant deux ans, le satellite d'observation TESS va passer au crible l'ensemble de la sphère céleste, en la divisant en 26 secteurs différents. Pour ce faire, il utilisera un système de caméras comportant quatre unités d'imagerie avec une résolution de 16,4 mégapixels. Chacune d'elles observera en détail chaque secteur pendant au moins 27 jours, en scrutant les étoiles les plus brillantes à une cadence d'une toutes les deux minutes.

Comme Kepler, le premier télescope du genre lancé en 2009, il utilisera la méthode dite des "transits. Il va examiner 200.000 étoiles et sera en mesure de déceler pour chacune d'elles la plus infime baisse temporaire de luminosité lorsque, par chance, une planète passe devant son étoile hôte. La mission Kepler a déjà permis de découvrir 2.300 nouvelles exoplanètes confirmées par d'autres télescopes. TESS pourra quant à lui couvrir une zone 350 fois plus vaste.

Quantité d’informations pourront alors être tirées des observations collectées par le chasseur d'exoplanètes. Si la luminosité baisse à intervalles réguliers, il y a fort à parier qu’il s’agit d’une planète, celle-ci effectuant un mouvement régulier périodique autour de son étoile. La taille de la planète et la distance qui la sépare de son étoile peuvent ensuite être calculées, donnant de précieuses indications sur sa nature.

La quête d'une Terre bis

Les exoplanètes les plus prometteuses, celles qui sont rocheuses et qui évoluent dans la zone d'habitabilité de leur système -c’est-à-dire à une distance de leur étoile telle que si l’eau existe à leur surface, elle soit présente sous forme liquide - seront sélectionnées pour être ensuite étudiées par le télescope spatial James Webb (JWST), qui succédera à Hubble. Ce dernier sera opérationnel en 2020 et bénéficiera d'une sensibilité cent fois supérieure à celle de son prédécesseur. Il pourra scruter leur atmosphère et y identifier des éléments pouvant constituer la signature d'une activité biologique. Dans l'espoir de découvrir des "sœurs  jumelles" de la Terre. 

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De nouvelles exoplanètes découvertes, mais c'est quoi au juste ?

Des mondes lointains inaccessibles

Cependant, même s’il s’agit bien d’une exoplanète, il faut rester prudent sur l’emballement concernant les "sœurs jumelles" de la Terre, parfois annoncées par la NASA de façon spectaculaire. Car si l’intitulé laisse rêveur, la réalité est bien souvent moins tranchée. Certes, il s’agit de planètes de taille proche de celle de la Terre, qui se situent dans la zone habitable, mais sans informations complémentaires sur la composition de la planète ou la présence éventuelle d’atmosphère, impossible de savoir si ce nouveau monde est véritablement habitable, et si la vie a pu s’y développer. D'autant que ces mondes lointains, situées à des centaines d’années-lumière de la Terre, c’est-à-dire à des millions de milliards de kilomètres, sont malheureusement inaccessibles, et risquent de le rester pendant encore longtemps.

Actuellement, nous n'avons pas encore des moyens techniques pour maintenir des astronautes en vie pour un voyage qui durerait plusieurs générations. Pour contourner ce problème, certains songent à envoyer des robots à la place des êtres humains. A l’instar de l’astrophysicien Stephen Hawking et du milliardaire russe Yuri Milner qui, en avril 2016, ont dévoilé le prototype d’un nano-vaisseau baptisé "StarChip". 

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