Un pas de plus vers la première transplantation de tête humaine

Un pas de plus vers la première transplantation de tête humaine

SCIENCE - Deux chirurgiens, un Italien et un Chinois, ont prévu de réaliser la première transplantation de tête humaine sur un corps d'ici fin 2017. Un scénario peu crédible aux yeux de la communauté scientifique. En attendant, les deux docteurs Frankestein avancent.

Greffer une tête sur un corps. Ou, pour être plus exact, raccorder un corps qui aurait tous ses organes sains mais un cerveau mort, à la tête d'une personne qui, elle, fonctionne parfaitement, mais dont le reste de l'organisme est défaillant. C’est le pari insensé que veulent mener à bien deux savants fous. On sauverait ainsi cette deuxième personne en lui greffant d'un coup tous les organes du premier, cliniquement mort. 

Le neurochirurgien italien Sergio Canevero avait déclaré au début de 2015 que lui et ses collègues chinois seraient en mesure d’effectuer la première transplantation de tête humaine sur un corps d’ici fin 2017. Pas sûr qu’ils y parviennent. Cependant, force est de constater qu'ils avancent méthodiquement. Le controversé neurochirurgien et ses confrères de l’université de médecine de Harbin viennent de franchir une nouvelle étape en parvenant à sectionner puis raccorder une colonne vertébrale chez des rats. 

Une expérimentation qui fait polémique

Leurs recherches, parues mercredi 14 juin dans la revue scientifique CNS Neuroscience et Therapeutics, ne mentionnent pas le terme de transplantation de tête. Mais reconnecter la moelle épinière avec succès, tout en s'assurant du bon fonctionnement neurologique du "patient", est l’un des nombreux obstacles à surmonter. L'opération a réussi dans 14 cas sur 15, selon le compte-rendu d’étude. "Dans les 36 heures qui ont suivi l'intervention l'encéphalogramme et l'électrocardiogramme étaient normaux. Il n'y a pas eu non plus de nécrose des tissus ni d'anomalie vasculaire post-opératoire." 

L’expérimentation, menée par ce neurochirurgien italien un peu zélé, fait beaucoup de bruit dans le milieu médical, qui la juge contraire à l’éthique, en raison notamment du fait qu’il n’existe aucune étude complète de transplantation de tête chez les animaux avec une survie à long terme.

L'intérêt ? "Sauver des millions de gens"

"Il n’existe toujours pas de moyen efficace de sauver un esprit sain lorsque le corps est confronté à la défaillance de ses organes, en raison d’une blessure grave de la moelle épinière, d’un cancer métastatique ou d’une maladie héréditaire provoquant une atrophiation des muscles", a fait valoir en novembre le chirurgien chinois Ren Xiaping, estimant que réussir à greffer la tête de ce genre de patients sur un corps sain permettrait de "sauver des millions de gens".

Concrètement, l’opération durera 36 heures. La tête du patient sera gelée pour éviter la mort des cellules en attendant que son cou soit partiellement cousu et que ses vaisseaux sanguins soient connectés au corps du donneur à l’aide de tubes. La colonne vertébrale sera ensuite coupée. Ensuite, la tête du patient sera attachée au corps du donneur. Pour finir, les vaisseaux sanguins seront connectés aux nerfs.

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Un cobaye (humain) s'est déjà fait connaître

Le neurochirurgien italien Sergio Canavero et son associé le chirurgien chinois Ren Xiaping n’en sont pas à leur coup d’essai. Le premier a annoncé récemment avoir trouvé un premier candidat humain, alors que le second affirme être parvenu à expérimenter la procédure sur des milliers de spécimens de souris, un singe et même un chien. Le candidat cobaye serait Valery Spiridonov, un informaticien russe de 31 ans souffrant de la maladie de Werdnig-Hoffman, une affection provoquant une dégénérescence progressive des muscles. Toutefois, selon The Independent, la première tête à changer de corps pourrait plutôt être chinoise.

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