Une transplantation réussie sur la Grande Barrière de corail offre "une lueur d’espoir"

Sciences

NATURE - Des chercheurs australiens ont réussi un petit exploit : faire pousser du corail et transplanter les larves obtenues sur la Grande barrière en Australie. Une avancée scientifique majeure pour la sauvegarde de ces récifs dans le monde.

Les barrières de corail qui meurent une à une à travers le monde seraient-elles sauvées ? Même s'il est encore un peu tôt pour l'affirmer, de nouvelles avancées scientifiques ont allumé une petite lumière au bout du tunnel. Des chercheurs de l'université australienne Southern Cross ont réussi l'exploit d'élever du corail et de le transplanter sur la Grande barrière en Australie.

Dans une étude rendue publique ce dimanche, ils expliquent leur projet débuté il y a tout juste un an. Ces chercheurs ont tout d'abord collecté fin 2016 de grandes quantités d'ovules et de sperme de coraux à Heron Island, au large de la côte orientale. A partir de ces éléments, ils ont pu produire des quantités massives de larves qu'ils ont ensuite transplantées sur des zones endommagées de la Grande barrière. Huit mois plus tard, le corail juvénile avait survécu et grandi.

Un grand espoir même s'"il reste encore beaucoup à faire"

La directrice de la fondation Great Barrier Reef reconnait que ces recherches sont une avancée importante mais alerte cependant sur la nécessité de poursuivre en parallèle la lutte contre le réchauffement climatique. Car si la Grande barrière s'étend aujourd'hui sur environ 345.000 km2 le long de la côte australienne et constitue le plus vaste ensemble corallien du monde, elle est sérieusement menacée par la montée des températures et la pollution. "Il y a encore beaucoup à faire, mais c'est clairement un grand bond en avant pour la Grande Barrière et pour la restaurations des barrières de corail à travers le monde", nuance Anna Mardsen interrogée par Australien Associated Press.

Une méthode qui pourrait fonctionner à grande échelle

Cet exploit vient en tout de même confirmer la faisabilité de la méthode, déjà testée avec succès aux Philippines sur un récif fortement endommagé par la pêche à la dynamite. Elle pourrait, selon le chercheur, fonctionner à plus grande échelle : "Les résultats sont très prometteurs. Nos travaux montrent que l'apport de fortes densités de larves permet l'obtention de davantage de coraux". Jusqu'à aujourd'hui, les méthodes utilisées étaient l'élevage de corail en pépinières et le "jardinage corallien" qui consiste à casser des branches de corail sain pour les réimplanter sur des récifs, dans l'espoir qu'elles repousseront.

L'équipe de chercheurs est déjà repartie à Heron Island ce mois-ci pour collecter à nouveau ovules et spermes pour une nouvelle étape du projet.

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