VIDÉO - Antarctique : écoutez le chant (effrayant) de la banquise

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PÔLE SUD - Des scientifiques ont enregistré, sans le vouloir, une mélodie étrange, inaudible pour l'oreille humaine, qui provenait de la barrière de Ross, une région située à l'ouest de l'Antarctique.

Dans les immensités blanches et glacées de l’Antarctique, des sonorités étranges, jusqu’ici inaudibles à l’oreille humaine, ont été enregistrées par des chercheurs, à l’occasion d’une mission scientifique sur la barrière de Ross, dans l’océan Austral. Les scientifiques avaient enfoui en 2014 des moniteurs sismiques, à deux mètres de profondeur sous la banquise, afin d’étudier l’impact de l’air chaud et de l’eau de mer sur la fonte des glaces, qui laisse présager une élévation du niveau de la mer sans précédent. 


En analysant la bande d’enregistrement, les scientifiques ont constaté que leurs instruments avaient capturé un mystérieux "bourdonnement" qui se propageait de manière continue. Mais l’origine de cette mélodie étrange échappait alors à toute explication.

Un indicateur de la fonte de la banquise

Dans un article scientifique, paru ce mardi 16 octobre dans la revue Geophysical Research Letter, les chercheurs ont apporté quelques explications quant à l’origine de ce chant étrange, dont quelques extraits sont disponibles en écoute sur la plateforme YouTube. Les vibrations, dont émane ce bruit, sont créées par des vents violents, soufflant dans les dunes de la barrière de Ross, ce qui ferait vibrer la glace, écrivent les scientifiques. Pour qu'il soit audible, Julien Chapuit, géophysicien à l'université du Colorado (Etats-Unis), a modifié la fréquence de ces infrasons et aaccéléré l'enregistrement près de 1200 fois.

En écoutant la bande, le scientifique a d'abord remarqué que le bourdonnement changé de fréquence après le passage de tempêtes. Mais ce qui a vraiment retenu l'attention du chercheur est une période chaude de janvier 2016, quand les températures se trouvaient au-dessus du point de congélation. La tonalité de la mélodie a alors chuté, indiquant que la neige et des morceaux de glace avaient fondu, ralentissant de ce fait la propagation des ondes sismiques à travers le sol.


Plus important encore, la baisse de la hauteur tonale ne s'est pas inversée après le refroidissement des températures, ce qui indique des modifications permanentes ou semi-permanentes de la couche de protection, souligne l'équipe de scientifiques. L’Antarctique a perdu 3000 milliards de tonnes de glace depuis 1992, assez pour faire monter le niveau global des océans de presque 8 millimètres, révélait en juin dernier une étude parue dans le magazine Nature. Grâce à ces scientifiques, on a désormais la bande son de ce film d’horreur. Et cela fait froid dans le dos....

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