C'est une première astronomique : voici M87*, le premier trou noir supermassif à être pris en photo

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CLICHÉ GALACTIQUE - La première photographie d'un trou noir a été dévoilée ce mercredi 10 avril par une équipe de scientifiques. Un document historique qui fournit la preuve la plus directe de l'existence de ces monstres du cosmos. M87*, c'est le nom de cet objet céleste, est donc le premier à se laisser capturer par les télescopes.

Un rond sombre sur un disque rouge orangé d'intensité variable : ce que vous apercevez sur l'image ci-dessous est la silhouette de M87*. Pour la première fois dans l’histoire de l’astronomie, une équipe internationale de scientifiques est en effet parvenue à capturer l’ombre d’un trou noir supermassif. Ce gargantua du cosmos, situé dans la galaxie Messier 87, à 53 millions années-lumière de notre planète, possède une masse 6,5 milliards de fois supérieure à celle du Soleil. "Nous avons réussi quelque chose qu’on pensait impossible il y a encore une génération", se félicite Sheperd Doeleman, directeur du projet. 


Ce cliché historique constitue donc la preuve la plus directe de l'existence des trous noirs. Pour l'obtenir, les astronomes du télescope de l’horizon des événements (EHT, pour Event Horizon Telescope" en anglais) ont combiné les données de huit télescopes  et radiotélescopes répartis sur le globe qui forme un "télescope virtuel" du diamètre de la Terre. "C'est un grand pas pour l'astronomie doublée d'une sacrée prouesse technologique", souligne Guy Perrin, astronome à l’Observatoire de Paris, interrogé par LCI. "La qualité de l'image est excellente. Nous pouvons enfin voir à quoi ressemble vraiment M87*. C’est formidable", s'enthousiasme-t-il.

Si l’image est de qualité et revêt de fait un caractère historique, il est cependant impossible d'en tirer quoi que ce soit d'un point de vue scientifique. "Sur la photo, nous voyons le pôle de M87*. Mais l’angle ne nous permet pas de calculer son spin, c’est-à-dire sa vitesse de rotation. C'est la seule chose qui nous manque concernant l'étude de cet objet. Nous connaissons sa masse et nous sommes convaincus qu'il n'est  pas chargé électriquement. Ce n’est pas la faute des chercheurs de l'EHT, c’est la faute de l’univers", explique Guy Perrin. 


L'image de ce monstre cosmique fera malgré tout le tour du monde. 

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