VIDÉO - Sur Europe, des geysers et peut-être des traces de vie extraterrestre

DEMAIN
DE LA VIE ? - La sonde spatiale Galileo n'est plus de ce monde, mais elle a encore des histoires à raconter. Quinze ans après sa disparition, les données collectées par l'engin d'observation entre 1995 et 2003 semblent confirmer la présence de jets de vapeur d'eau à la surface de l'astre. Des conditions pouvant être favorables à l’apparition d’une vie au moins microbienne.

Quand on parle d'Europe, le satellite naturel de Jupiter, on pense tout de suite à l'espoir d'y trouver des formes de vie extraterrestre. La plus petite des quatre lunes de cette géante gazeuse, découvertes en 1610 par Galilée, est depuis plusieurs années dans le collimateur des astronomes. La principale raison est qu’elle possède un océan d’eau liquide sous sa surface, et des conditions pouvant être favorables à l’apparition d’une vie extraterrestre. Avec 3.100 kilomètres de diamètre, Europe est presque de la taille de notre bonne vieille Lune, mais c'est là que s'arrête la comparaison. Alors que notre satellite est comme un gros caillou, Europe, elle, offre l'aspect d'une croûte glacée sillonnée de rayures sombres.

De Galileo à Juno, en passant par Hubble, les différentes instruments d'observations qui ont pu observer Europe ont déjà ramené des éléments intéressants. Sa masse et sa densité ont été les premiers indices retenus pour lancer l'hypothèse d'un océan sous sa surface. Puis, dans les années 1990, les mesures prises par la sonde américaine Galileo ont apporté de nouveaux arguments en faveur de cette thèse, mettant en avant la manière dont le champ magnétique de Jupiter agit sur Europe, et qui irait également dans le sens de la présence d'une masse d'eau souterraine. Une masse tellement importante qu'elle pourrait indiquer une quantité d'eau supérieure au contenu de tous les océans terrestres.

De nouvelles preuves de l'existence de geysers

Ensuite, en 2012, le télescope spatial Hubble avait détecté ce que les scientifiques pensaient être des panaches de vapeur d'eau au pôle sud de l'astre, qui auraient été le signe d'une activité hydrothermale. Mais on n'avait pas pu confirmer la nature de ces observations depuis. Pourtant, les geysers en question allaient jusqu'à une altitude de 200 kilomètres. Une nouvelle étude, publiée lundi 14 mai dans la revue Nature Astronomy, vient apporter de l'eau au moulin de cette thèse. "Les changements observés dans le champ magnétique et le plasma autour d'Europe s'expliquent facilement par la présence de jets de vapeur d'eau", indiquent les auteurs de cette étude, dont les conclusions relancent l'espoir de trouver de la vie ailleurs dans notre système solaire.

Depuis la découverte d'un vaste océan sur ce satellite naturel de Jupiter, les agences spatiales américaine et européenne estiment qu'Europe est l'un des meilleurs endroits du système solaire pour accueillir la vie en dehors de la Terre. L'océan sub-glaciaire de ce satellite naturel de Jupiter contiendrait deux fois plus d'eau que tous les océans terrestres réunis sous une croûte de glace extrêmement froide et très dure, dont l'épaisseur est à ce stade inconnue, indiquent les nouvelles données publiées par la Nasa. Ces geysers, si leur existence est confirmée, pourraient offrir un jour un moyen d'obtenir, grâce à l'envoi de robots, des échantillons de l'eau se trouvant sous la glace pour les analyser sans avoir à faire de forage dans des kilomètres de glace. Cela permettrait aussi de faire des recherches pour y trouver des signes de l'existence de la vie. 

Les agences américaine et européenne prévoient des missions

Le mieux serait d'aller voir, mais ce n'est pas pour demain. En attendant, on pourrait prouver de manière définitive l'existence des panaches de vapeur d'eau grâce au télescope spatial James Webb, le successeur d'Hubble, qui sera lancé en 2020. Ensuite, deux agences spatiales ont Europe dans le collimateur. L'agence spatiale européenne a prévu de lancer en 2022 la mission Juice, qui devra récolter des données sur Jupiter et ses quatre plus grosses lunes (dont Europe). La Nasa travaille également sur une mission dédiée à Europe dont le lancement est prévu "dans les années 2020". Aucune de ces deux missions n'inclut pourtant de robot atterrisseur qui permettrait d'aller sonder les profondeurs d'Europe. Pour cela, il faudra encore patienter. 

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