VIDÉO - Tourisme spatial : le Japon va tester la faisabilité d'un ascenseur pour les étoiles

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FUTUR - Aller dans l'espace en prenant l'ascenseur. Le projet semble fou, et pourtant une équipe de chercheurs de l'université de Shizuoka, au Japon, va réaliser un premier test avec un ascenseur miniature.

Un espace accessible à tous, ou presque, où l'on pourrait séjourner à plusieurs milliers de kilomètres au-dessus du plancher des vaches et expérimenter l’apesanteur. C’est depuis une décennie l’objectif de quelques sociétés privées - de SpaceX (Elon Musk) à Blue Origin (Jeff Bezos) en passant par Virgin Galactic (Richard Branson) - qui assurent être proches du but malgré de nombreux retards techniques.


Depuis le début des années 2000, quelques "happy few" ont déjà eu l’occasion de séjourner dans la Station spatiale internationale, qui se trouve en orbite basse (à une altitude comprise entre 330 et 410). Prix du ticket ? De 25 à 30 millions de dollars. Et des particuliers peuvent d’ores et déjà imiter les scientifiques en prenant place à bord d'un vol parabolique de l'Airbus ZeroG, pour vivre quelques dizaines de secondes cumulées de microgravité à 8.000 mètres d'altitude.

Un mini-ascenseur spatial va être testé par le Japon

De son côté, une équipe de scientifiques japonais planche sur la construction d'un ascenseur spatial. Elle va réaliser prochainement un premier test dans le cosmos avec une version miniature : ces scientifiques de l'université de Shizuoka espèrent réussir à déplacer une boîte de tout juste six centimètres de long sur trois centimètres de large et autant de hauteur, le long d'un câble de 10 mètres tendu dans l'espace entre deux petits satellites.


La fusée H-2B transportant le matériel nécessaire à ce projet doit décoller le 11 septembre de la base de Tanegashima, dans le sud de l'archipel. "Il s'agira de la première expérience au monde qui teste le mouvement d'ascenseur dans l'espace", a assuré à l'AFP un porte-parole de l'université. Le déplacement de cette cabine d'ascenseur miniaturisée sera surveillé par des caméras placées dans les satellites.

Un câble en nanotubes de carbone de 96.000 km de long

Une entreprise japonaise du bâtiment des plus sérieuses, Obayashi corporation, qui collabore avec l'équipe de Shizuoka, étudie elle aussi des moyens de bâtir son propre ascenseur pour emmener des touristes dans l'espace. Elle avait expliqué en 2012 envisager de tendre un câble en nanotubes de carbone, une structure matérielle vingt fois plus résistante que l'acier. Le système  serait constitué d'une station spatiale attachée entre une ancre et un contrepoids en orbite terrestre.


La cabine de l'ascenseur pourrait embarquer jusqu'à 30 personnes et se déplacerait le long de ce câble géant qui mesurerait pas moins de 96.000 kilomètres de long, le quart de la distance de la Terre à la Lune. Le voyage prendrait environ une semaine, selon l'entreprise, qui imagine en faire le point de départ des futurs voyages spatiaux en direction de la Lune ou de Mars.

Un ascenseur spatial pourrait voir le jour en 2050

Le plus gros obstacle à ce stade consiste à développer un matériau suffisamment solide pour construire des câbles de plusieurs milliers de kilomètres de long et capables de transporter des cargaisons de 100 tonnes. La société Obayashi estime que l'ascenseur spatial pourra fonctionner d'ici 2050, de quoi ramener à terme le coût du kilogramme en orbite à quelques centaines d'euros seulement, contre quelques milliers actuellement lorsque du matériel est affrété jusqu'à la Station spatiale internationale.


Le concept d'ascenseur spatial remonte au XIXe siècle : le fondateur de l'astronautique soviétique Konstantin Tsiolkovski en a eu l'idée en 1895 après avoir vu la Tour Eiffel à Paris. Près d'un siècle plus tard, le romancier Arthur Clarke la revisitait dans son roman d'anticipation Fontaines du paradis publié en 1978. Mais les barrières technologiques ont pour l'heure cantonné ce rêve au stade théorique.

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