VIDÉO - États-Unis : sur Twitter, la rébellion des scientifiques contre Donald Trump s'organise

Sciences
RÉSISTANCE - Face aux différentes mesures adoptées par l'administration Trump à l'égard du traitement de l'information concernant - notamment - le changement climatique, la communauté scientifique américaine a fait le choix de la rébellion. Plusieurs comptes Twitter officieux et alternatifs de grandes institutions américaines ont ainsi vu le jour, dénonçant ouvertement la censure du nouveau gouvernement.

Un vent de résistance souffle au sein de la communauté scientifique. Alors que le gouvernement Trump semble bien décidé à museler les chercheurs sur certains sujets ayant trait à l'environnement - en particulier le changement climatique - la riposte s'organise. Plusieurs comptes Twitter - dont un baptisé Rogue NASA - se chargent désormais de partager des faits scientifiques susceptibles de bientôt ne plus être autorisés sur le compte officiel de l'institution. Un nom qui offre, au passage, un beau clin d'oeil à l'Alliance de Star Wars et à ses rebelles.


Officiellement toutefois, ces comptes ne sont pas tenus directement par des employés des agences gouvernementales concernées puisque les risques de représailles seraient trop grands. Toujours est-il que le succès de l'opération est indéniable. Après seulement une journée d'existence, Rogue NASA, pour ne citer que lui, dénombre près de 600.000 followers. "Si poster des faits sur Twitter depuis ce compte est ce que nous devrons faire pour les quatre prochaines années, vous pouvez compter sur nous", peut-on lire. 

Et la célèbre administration de recherches spatiales n'est pas la seule à prendre le maquis numérique. Pour l'heure, une demi-douzaine d'agences gouvernementales se retrouvent elles aussi dôtées d'un compte alternatif officieux, rapporte The Independent. Le National Park Service, en charge des parcs du pays, a reçu l'ordre de ne plus tweeter après avoir partagé un message concernant la faible participation des Américains lors de la cérémonie d'investiture. En réaction, un compte officieux a aussi vu le jour  : "Nous avons hâte que le président Trump nous traite de 'fake news' ! Vous pouvez confisquer notre compte officiel, mais vous n'aurez jamais notre temps libre", peut-on y lire. 

Une administration ouvertement climatosceptique

Une opération qui n'a rien d'anodine : la défiance de Trump et de son administration envers le réchauffement climatique suscite une vive inquiétude parmi la communauté scientifique. Et les exemples ne manquent pas pour justifier cette appréhension. Mardi 25 janvier, le compte officiel du parc national des Badlands, situé dans le Dakota du Sud, a par exemple dénoncé, via trois tweets, la quantitié de dioxyde de carbone présente dans l'air ainsi que l'acidification toujours plus prononcée des océans. Trois messages qui ont, depuis, mystérieusement disparu. Et si la direction assure qu'aucune directive ne leur a toutefois été imposée, le contexte trouble du moment jette le doute. 


Car dans le même temps, l'administration Trump s'évertue à passer au peigne fin le site internet de l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) afin d'en supprimer certaines publications relatives au changement climatique. Ouvertement climatosceptique, le 45e président des Etats-Unis entend bien faire disparaître les travaux n'allant pas dans ce sens. Officieusement, en tout cas. Interrogé par CNN, Doug Erickson, porte-parole de l'agence, affirme : "Vous êtes en droit de spéculer si vous le voulez mais je n’ai pas dit ça. Je dis juste que nous passons en revue le site internet afin de nous assurer que son contenu reflète la nouvelle administration". Donald Trump a pris soin de nommer, à la tête de l'EPA, Scott Pruitt, climatosceptique convaincu. Lundi 23 janvier, les employés de l'agence ont reçu un mémo leur interdisant désormais d'utiliser les réseaux sociaux. 


A peine installé dans le Bureau ovale, le controversé président a par ailleurs pris soin de supprimer la page du site internet de la Maison Blanche portant sur le climat pour la remplacer par une autre, "l'Amérique d'abord : un plan énergétique".  Les scientifiques, eux, appellent désormais à une grande marche sur Washington, prévue courant mars. 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter