EXPLORE - Ce "zepellin du futur" ira-t-il conquérir Vénus ?

Sciences
COSMOS - La Nasa planche sur un projet de dirigeable pour explorer Vénus depuis son atmosphère. Une meilleure connaissance de cette planète "jumelle" de la Terre pourrait aider à mieux déterminer les évolutions climatiques de notre planète bleue.

L’agence spatiale américaine envisage d’envoyer un ballon dirigeable à bord d’une navette spatiale en direction de Vénus. Une fois sur place, il serait largué seul au-dessus de la planète et se déploierait comme un satellite. Cette mission de haut vol, encore à l’état de projet, doit permettre d’explorer Vénus, souvent considérée comme la jumelle de la Terre. Comme cette dernière, c'est une planète tellurique. Elles ont probablement été formées à partir de matériaux rocheux semblables, par un même phénomène dit d'accrétion, il y a quelque 4,6 milliards d’années.


Sauf que la comparaison s’arrête là. A la différence de la Terre, Vénus est sèche comme un caillou. Son atmosphère est composée principalement de dioxyde de carbone et d’azote. L’air y est donc irrespirable. Des nuages d’acide sulfurique déversent à sa surface des pluies mortelles. Pire encore, il y fait 465 °C. A ce niveau de température, le plomb fond. Ce qui rend donc une mission à sa surface quasiment impossible. D’où l’idée de la Nasa d’utiliser un ballon dirigeable ! 

Car cinquante kilomètres plus haut, "la haute atmosphère de Vénus est le lieu le plus semblable à la Terre dans le système solaire", expliquent Gareth Dorrian, postdoctorant de l’université de Lancaster, et Ian Whittaker, professeur à l’université de Nottingham Trent (Royaume-Uni), deux physiciens, dans un article publié sur le site The Conversation, le 15 octobre. 


Les astronautes qui seraient à bord de ce zepellin de l'espace n’auraient pas besoin "de porter des combinaisons pressurisées puisque c’est plus ou moins l’équivalent de la pression atmosphérique que l’on trouve au sommet du Kilimanjaro, en Tanzanie", soulignent les deux scientifiques. D’autant que la température y est plutôt agréable, "entre 20 et 30 °C", assurent-ils. En outre, la densité et la gravité y sont les mêmes que celles sur Terre. De sorte qu’un dirigeable peut donc aisément flotter dans l’atmosphère de Vénus. 

Une mission de trente jours

Nom de code de cette mission pour le moins originale : HAVOC, pour High altitude Venus operational concept (en français, Concept opérationnel de haute altitude Vénus). Équipé en panneaux solaires, l'engin pourrait transporter deux astronautes et du matériel, pendant 30 jours. Pour le protéger de la corrosion des nuages d’acide sulfurique, l’agence pense avoir trouvé le matériau idéal pour façonner l’extérieur du dirigeable : du fluoroéthylène propylène, c’est-à-dire du Teflon-FEP, qui supporte des températures jusqu’à 205 °C.

Aucune date n’a encore été avancée pour ce projet, mais avec les technologies actuelles, il est réalisable. La Nasa l’envisage surtout comme un projet au très long terme et entend d’abord mener de petites missions d’essai. Sur Mars, par exemple ? Gareth Dorrian et Ian Whittaker voient en cette planète, un moyen de "tester nos modèles climatiques actuels en utilisant les extrêmes observés sur Vénus. […] Nous pourrions déterminer plus précisément tout ce que cela implique pour l’évolution de la Terre".

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