EXPLORE - Ryugu comme si vous y étiez : découvrez des images inédites de l'astéroïde

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EXPLORE : plongée dans les mystères de l'espace

#ÉPISODE54 - Pour son numéro de rentrée après la pause estivale, nous consacrons cette semaine notre format Explore à l'astéroïde Ryugu, dont des échantillons reviendront sur Terre en 2020. La surface de ce petit rocher spatial situé quelque part dans l'espace entre Mars et la Terre a été photographiée ces derniers mois par le robot Mascot. De nouveaux clichés viennent d'être rendus publics.

L'astéroïde Ryugu continue de livrer ses secrets : de nouvelles photos prises par le petit module d'atterrissage franco-allemand Mascot doivent aider les scientifiques à comprendre la formation de notre Système solaire. De la taille d'une boîte à chaussures, Mascot a voyagé pendant quatre ans accroché au dos de la sonde japonaise Hayabusa-2 avant de se poser le 3 octobre 2018 sur la surface de ce petit rocher spatial large de 900 mètres et situé quelque part dans l'espace entre Mars et la Terre. 

Après une chute de 41 mètres, Mascot, lourd d'une dizaine de kilos, a rebondi plusieurs fois sur le sol très accidenté de l'astéroïde, en raison du manque de gravité, avant de se stabiliser. Une fois la surface atteinte, le robot a effectué des petits bonds de moins d’un mètre. Outre relever des mesures, il en a profité pour prendre une série de photos. Depuis, les clichés sont analysés par des scientifiques. Jusqu'à présent, aucune prise de vue depuis la surface n'avait fuité. Mais à l'occasion d'une publication dans la revue "Science",  les premières images ont été dévoilées.

Ryugu est constitué de deux types de roche

Ces images impressionnantes constituent de fait les premières images à ce niveau de détails d’un astéroïde carboné. On y apprend notamment que deux types de rochers et de blocs y sont distinguables : foncés et rugueux, à la surface friable, ou clairs et lisses. "Cela montre que Ryugu est le produit d'un processus violent", explique à l'AFP le professeur Ralf Jaumann, du Centre allemand d'aéronautique et d'astronautique (DLR).

Ryugu pourrait ainsi être le "fils" de deux corps parents qui sont rentrés en collision, se sont séparés et se sont ensuite rassemblés à cause de la gravité, selon les chercheurs. Une autre théorie voudrait que l'astéroïde ait été lui-même victime d'une collision avec un autre corps. Cela aurait provoqué la création des deux types de roches. Beaucoup de roches sur Ryugu contiennent également des petites "inclusions" bleues et rouges - des matériaux qui se sont coincés dans la roche pendant sa formation. Or, ces inclusions sont similaires à de rares météorites primitives trouvées sur Terre, les chondrites carbonées.

"On retrouve ces inclusions dans beaucoup de météorites, mais pas toutes, explique l’astrophysicien Patrick Michel, directeur de recherches au CNRS et spécialiste des astéroïdes à l’Observatoire de la Côte d’Azur, sur le site du Cnes. C’est grâce à elles qu’on a pu dater l’âge du Système solaire à 4,567 milliards d’années, parce que c’est le matériau le plus ancien qu’on ait trouvé."

De quoi aider les chercheurs à résoudre la plus grosse question de l'histoire de l'Humanité : comment s'est formé notre Système solaire? "Nous ne savons pas comment les planètes se sont formées au commencement. Nous devons retrouver les petits corps, ces corps primitifs, primordiaux dans l'histoire de l'évolution, pour comprendre les 10 à 100 premières millions années de la formation des planètes", souligne Ralf Jaumann.

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Le petit robot franco-allemand ayant terminé sa mission, il restera l’hôte de Ryugu tandis qu’Hayabusa-2 retournera vers la Terre pour y livrer en 2020 les deux échantillons prélevés lors de ses descentes. Une des autres raisons d'étudier Ryugu est notre survie, qui pourrait bien un jour dépendre de notre connaissance des astéroïdes. 

Cependant, depuis le sol, nous disposons de très peu d’informations sur la composition en surface de ces corps. Hayabusa-2, tout comme la mission américaine OSIRIS-Rex avec l’astéroïde Bennu, vont donc nous permettre d’affiner nos stratégies de défense planétaire, dans l'éventualité où un astéroïde venait à croiser la route de la Terre.

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