VIDÉO - Fuite d'oxygène dans l'ISS : deux cosmonautes passent 7h45 dans l'espace pour inspecter un trou de 2 millimètres !

Sciences

INVESTIGATIONS - Deux cosmonautes russes ont effectué une sortie dans l'espace de plus de sept heures ce mardi pour effectuer des prélèvements et colmater un trou de deux millimètres découvert en août dernier sur un vaisseau Soyouz amarré à la Station spatiale internationale.

De la haute voltige. A quelque 400 kilomètres au-dessus du plancher des vaches, deux cosmonautes russes ont effectué une sortie dans l’espace, mardi 11 décembre, pour effectuer des travaux à l’extérieur de la Station spatiale internationale (ISS). Ils ont notamment inspecté le trou découvert en août dans un vaisseau Soyouz MS-09 amarré à l'ISS, qui avait provoqué une légère dépressurisation à bord du laboratoire spatial.

Pendant sept heures et quarante-cinq minutes, Oleg Kononenko et Sergueï Prokopiev se sont attelés, à l'aide de couteaux et grattoirs, avec difficulté, à percer la protection du vaisseau. Avant de prendre des images et de prélever un échantillon de matière autour du trou de deux millimètres de large, et d’y placer une nouvelle couverture thermique.

Un sabotage à bord ?

"Les échantillons et les images fourniront des informations supplémentaires qui faciliteront l'enquête sur la cause de la fuite de pression", a indiqué la Nasa dans un communiqué. L'objectif est de savoir s'il a été fait dans l'espace ou sur Terre, avait expliqué plus tôt Roskosmos, l'agence spatiale russe. "

C'est un défi. Toutes les sorties spatiales sont intéressantes, mais celle-ci encore plus car elle est vraiment unique, complexe", a commenté Oleg Kononenko. La mission a été particulièrement difficile car le vaisseau Soyouz, comme l'ISS, n'a pas été conçu pour subir des réparations lors de sorties dans l'espace. Il est en particulier dépourvu de rampes extérieures qui auraient permis aux cosmonautes de s'y tenir. "Il n'y a rien, c'est le problème", a relevé Oleg Kononenko.

L’affaire remonte au 30 août dernier, quand une baisse de pression a été enregistrée à bord de la station orbitale. L’équipage s’est aussitôt mis à la recherche de l’origine de la fuite, fermant un à un les différents modules pour remonter à sa source. Cette enquête l’a conduit au vaisseau Soyouz qui, en juin, avait acheminé trois personnes. Derrière une protection de tissu, un trou de 2 millimètres de diamètre avait donc été découvert, bordé de griffures. Un adhésif puis la pose d’une résine ont permis de colmater la fuite, ramenant une pression normale à bord.

Moins d'une semaine après la découverte de la fuite d'oxygène, le directeur de Roskosmos, Dmitri Rogozine, avait jeté le trouble en évoquant un possible "acte prémédité". L'enquête dirigée par l'agence spatiale russe révélera quelques semaines plus tard que le trou n’avait manifestement pas été fait par une micrométéorite, comme l’avait d’abord soupçonné l’équipage. L'orifice aurait été fait sur Terre par erreur lors de l’assemblage du module.

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Les ouvriers auraient colmaté le trou avec de la colle, sans en aviser le contrôle qualité. Ce calfeutrage aurait permis au vaisseau de passer les tests d’étanchéité avant le décollage de l’engin, le 6 juin. Mais la colle aurait séché et lâché une fois en orbite. C'est donc cette thèse - plus crédible que celle d'un sabotage par un occupant de la station - que doit permettre de confirmer les prélèvements et images prises par les deux cosmonautes russes lors de leur sortie dans l'espace.

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