Homo sapiens : notre espèce serait beaucoup plus vieille qu'on ne le croyait

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SCIENCES - Des restes d'Homo sapiens, vieux de 300.000 ans, ont été mis au jour au Maroc. Ils font reculer de 100.000 ans les origines de notre espèce, selon deux études publiées mercredi dans la revue "Nature".

Un coup de vieux de 100.000 ans. Des restes d'Homo sapiens - qui n'est autre que notre espèce - ont été mis au jour au Maroc où ils ont été datés de 300.000 ans. En clair : l'homme d'aujourd'hui est plus "vieux" que ce qu'on le croyait jusqu'à présent.


"Cette découverte représente la racine même de notre espèce, l'Homo sapiens le plus vieux jamais trouvé en Afrique ou ailleurs", explique le Français Jean-Jacques Hublin, directeur du département d'évolution humaine à l'Institut Max-Planck de Leipzig (Allemagne) et coauteur des travaux.

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Comme si on y était : au milieu de trésors préhistoriques dans des grottes inaccessibles

Au centre de cette découverte : le site de Jbel Irhoud, dans le nord-ouest du Maroc. Un "nid de restes humains", où se sont déroulées "des découvertes tout à fait remarquables, notamment une face humaine et une mandibule, probablement la plus belle mandibule d’Homo sapiens d'Afrique", précisent les chercheurs. Loin d'être au bout de leur surprise, ils ont alors constaté que "la face d'un de ces premiers Homo sapiens est la face de quelqu'un que l'on pourrait rencontrer dans le métro".


Le site, situé dans la région de Safi, à 400 km au sud de Rabat, est bien connu des archéologues. En 1968 déjà, il a livré le fossile d'un jeune enfant Homo sapiens, appelé d'Irhoud 3, initialement daté à 40.000 ans puis à 160.000 ans. Sceptiques quant à la véracité de cette datation, Jean-Jacques Hublin et les membres de son équipe engagent de nouvelles fouilles en 2004. Les archéologues reviennent avec bien plus qu'une nouvelle datation et font l'objet, mercredi, de deux études distinctes dans Nature ainsi que la couverture de la revue. "On a fait passer le nombre de restes humains du site de 6 à 22", s’enthousiasme le chercheur. Des restes appartenant au moins à cinq individus : trois adultes, un adolescent et un enfant. "Et ce n'est pas fini!", ajoute-t-il.

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