Face cachée de la Lune : les premiers tours de roue du robot Yutu-2 sur ce sol inexploré

Sciences
ESPACE - Le robot chinois Yutu-2, arrivé jeudi 3 janvier à bord de l'atterrisseur Chang'e-4, a commencé à arpenter la face cachée de la Lune. Il va collecter des données durant un ou deux mois avant de rendre l’âme.

Un astromobile chinois a commencé à explorer la face cachée de la Lune, a annoncé ce vendredi 4 janvier l'agence spatiale chinoise, au lendemain de l'alunissage historique de son module d'exploration Chang'e-4. Le robot lunaire Yutu-2 (qui signifie Lapin de jade, en chinois) a foulé la surface lunaire jeudi à 10h22 heure de Pékin (14h22 heure de Paris), soit 12 heures après que la Chine eut réussi le premier alunissage jamais réalisé d'un engin spatial sur la face cachée de la Lune.


L'agence spatiale chinoise a publié une première photo prise par l'atterrisseur Chang'e-4 montrant des traces de son compagnon téléguidé tandis qu'il quittait l'engin spatial. L'agence chinoise n'a pas précisé la distance parcourue par le robot. "Même s'il ne s'agissait que d'un petit pas pour le rover, je pense que c'est un grand pas pour le peuple chinois", s'est félicité Wu Weiren, l'ingénieur en chef du programme chinois d’exploration lunaire, dans un entretien avec la télévision d'Etat CCTV.

Doté de six roues pour un poids de 140 kilogrammes, Yutu-2 va collecter des données durant un ou deux mois avant de rendre l’âme. Pour ce faire, il embarque quatre instruments scientifiques. De quoi lui permettre d’étudier de manière ultra détaillée la topographie et la composition du sol de cette partie encore inexplorée de la Lune. Grâce à ces informations, les scientifiques espèrent en apprendre davantage sur les premiers chapitres de l'histoire de notre satellite.

Etudier le cratère Von Kármán

Le robot lunaire Yutu-2 a pour mission d'explorer la zone qui l'entoure et de prendre des photos du paysage grâce à ses deux caméras. L’emplacement n'a pas été choisi au hasard. Il se trouve dans une région du pôle sud de la Lune, le bassin Aitken, dont le terrain est particulièrement complexe et escarpé. Le cratère Von Kármán est l'un des plus grands et des plus anciens cratères qui existent sur l'astre. 


En utilisant son radar LPR (pour "Lunar Penetrating Radar"), Yutu-2 en profitera pour étudier les structures géologiques du sous-sol et cartographier le régolithe lunaire – une couche de poussière créée sous l'effet du bombardement incessant de micrométéorites, des rayons cosmiques et des particules provenant du vent solaire qui, durant des milliards d'années, n'ont pas cessé de décomposer les roches de surface.

Un retour d'échantillon en 2020

La face cachée étant toujours orientée dans le sens opposé à la Terre, il n’y a pas de chemin direct pour transmettre les signaux, sauf à installer un relais. La Chine a donc lancé en mai dernier un satellite nommé Queqiao, positionné en orbite lunaire de manière à relayer les ordres et les données échangées entre la Terre et son robot lunaire. Depuis cette fenêtre, le satellite a en visibilité à la fois la Terre et le site d'atterrissage de Chang'e-4.


C'est la deuxième fois que le géant asiatique envoie un engin explorer la Lune après le petit robot motorisé Yutu en 2013. Il était resté actif pendant 31 mois, sur la face visible de l'astre. Après la mission Chang'e-4, Pékin prévoit déjà de lancer l’an prochain Chang’e-5 pour recueillir des échantillons et les ramener sur Terre. La Chine envisage également d'établir une base sur notre satellite naturel à l'horizon 2030. 

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