La danseuse Jeanne Morel met son art au service de la science

La danseuse Jeanne Morel met son art au service de la science

Elle n'a jamais mis la pointe de pied dans l'espace, mais aime danser en apesanteur. Jeanne Morel collabore avec le Centre national d'études spatiales pour une expérience entre l'art et la science.

Perchée sur des rochers, battue par les vents, Jeanne Morel emmène la danse là où on ne l'attend pas. Sous l'eau pour de somptueuses chorégraphies, plus exceptionnelles encore en apesanteur. "Je trouve beaucoup d'inspirations, beaucoup de forces dans ces endroits-là", dit-elle.

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Ce jour-là, au pied du massif de l’Esterel, la danseuse et son complice l'artiste et designer Paul Marlier se préparent pour une nouvelle séance de travail. "Je passe des capteurs pour capturer les mouvements de Jeanne. On prend aussi des données de l'environnement". Des donnes précieuses pour sonder l'adaptabilité du corps à l'environnement.

Sur l'écran, l'avatar de Jeanne reproduit fidèlement ses mouvements. Sa chorégraphie est ensuite transformée en studio en œuvre d'art numérique, poétique presque hypnotique. "On est au-delà d'un film ou d'une photo. On peut zoomer à l'infini, on peut regarder la cheville exactement comment elle s'est déplacée. J'aime cette espèce d'abstraction du dessin créé par les mouvements".

Leur travail, aux confins de l'art et de la science, intéresse aussi les scientifiques. L'Observatoire de l'Espace leur a ouvert les portes de l'Airbus Zéro-G pour des créations en apesanteur. "Quand l'avion accélère, je suis plaquée au sol, je fais deux fois mon poids, je ressens une vraie contrainte musculaire. Ensuite, il y a vraiment un moment d'envol, c'est là qu'arrive l'apesanteur. Je peux mettre la tête en bas, me relever, je peux faire des saltos en toute facilité. Donc, c'est à la fois une grande liberté et à la fois l'inconnu", décrit Jeanne Morel.

L'astronaute Jean-François Clervoy compte trois missions spatiales à son actif. Il accompagne les vols paraboliques, à bord desquels artistes et scientifiques se côtoient. "Le corps humain en apesanteur est un être extraterrestre, il doit reprogrammer son cerveau. L'astronaute doit reprogrammer sa façon de commander ses gestes quand ils doivent être très précis en particulier. "Elle (Jeanne) est un cobaye d'expérience scientifique idéal pour ceux qui étudient la psychomotricité".

Dans l'immédiat, la magie de créations de Jeanne et Paul contribue avant tout à poétiser l'espace. À travers eux, l'inconnu devient désirable.

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