La "Lettre sur Dieu" d’Einstein vendue 2,5 millions d'euros aux enchères

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ARCHIVE - Une lettre d'Albert Einstein a été vendue 2,5 millions d’euros lors d'une vente aux enchères à New York. Dans cette lettre, celui qui a théorisé la relativité, évoque notamment sa conception de Dieu et de la religion juive.

"Le mot Dieu n’est pour moi rien d’autre que l’expression et le produit des faiblesses humaines, et la Bible un recueil de légendes vénérables mais malgré tout assez primitives. Aucune interprétation, aussi subtile soit-elle, n’y changera rien (pour moi)". Une lettre manuscrite d'Albert Einstein dans laquelle le physcien met en doute l'existence de Dieu a été vendue 2,5 millions d’euros lors d'une vente aux enchères organisée mardi 4 décembre à New York par la maison Christie's.


Le précieux document, également connu sous le nom de "The God Letter" (en français, "Lettre sur Dieu"), a été rendu public en 2008 lors d’enchères à Londres. Sa vente à un collectionneur privé avait alors atteint la somme de 355.000 euros. Cette lettre manuscrite, datée de 1954 et écrite en allemand, était adressée au philosophe Eric Gutking. Ce jour-là, Einstein lui écrit après avoir lu son livre Choose Life : The Biblical Call to Revolt (en français, Choisir la vie : l'appel biblique à la révolte).

Je crois au Dieu de SpinozaAlbert Einstein

Comme le révèle "The God Letter", Einstein ne croit pas au Dieu que l'on peut retrouver dans les religions monothéistes. Mais il ne se présente pas comme athée pour autant. Il y mentionne par ailleurs Spinoza pour appuyer son propos. Le philosophe juif du XVIIe siècle l’a largement inspiré dans sa vision de la religion. Comme le souligne l’historien Simon Veille dans un article écrit pour Le Monde des religions, lorsqu’on lui demande s'il croit en Dieu, Einstein répond : "Je crois au Dieu de Spinoza, qui se révèle dans l'harmonie de tout ce qui existe mais non en un Dieu qui se préoccuperait du destin et des actes des êtres humains."


Dans cette missive d’une page et demie, l’auteur de la théorie de la relativité, qui écrit ces mots un an avant sa mort en avril 1955, n'épargne pas le judaïsme. "Pour moi la religion juive est, comme toutes les autres religions, l'incarnation d'une superstition primitive", soutient-il. "Et le peuple juif auquel j'appartiens fièrement, et à la mentalité duquel je me sens profondément ancré, n'a pas pour autant une forme de dignité différente des autres peuples". Et de conclure : "Au vu de mon expérience, ils ne sont pas meilleurs que les autres groupes humains, même s'ils sont protégés des pires excès par leur manque de pouvoir. Sinon je ne perçois rien d''élu' chez eux." 

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