La spiruline et les autres microalgues sont-elles la nourriture du futur ?

La spiruline et les autres microalgues sont-elles la nourriture du futur ?
Sciences

ALIMENTATION - Et si demain votre mayonnaise se tenait sans oeuf et vos gâteaux sans beurre ? C'est la promesse de certains superaliments très en vogue : les microalgues, des substituts végétaux qui font des miracles et séduisent chercheurs et investisseurs.

Elles existaient avant nous et sont présentées comme l'avenir...  Les microalgues entrent dans la composition de très nombreux produits et commencent à être intégrées dans certaines recettes culinaires. Elles sont considérées comme une alternative tout à fait crédible à de nombreuses ressources, comme  les protéines issues de la pêche ou le pétrole. Leur marché a doublé en cinq ans, les Etats-Unis multiplient les investissements. Voici les secrets de ces bactéries à qui l'ont promet un avenir industriel radieux. 

200 producteurs de spiruline en France

Si parmi vos amis, vous avez des habitués des magasins bio, vous avez certainement déjà entendu parler de la "spiruline", la star des micro-algues, à qui l'on prête mille vertus, dont notamment des gains de vitalité. Qu'elle soit en comprimés ou en poudre, elle séduit de nombreux consommateurs. Malgré son prix, environ 150 euros le kilo, les ventes ne cessent d'augmenter au point d'atteindre des hausses de 15% chaque année en France. 

Dans son exploitation, Kevin Soulié, producteur de spiruline à Cevenn'Algues à Montoulieu dans l'Hérault, cultive ces micro-algues qu'il préfère appeler des "cyanobactéries". Des organismes appartenant à "la famille des premiers êtres vivants sur terre qui étaient là avant nous, il y a des milliards d'années", dit-il. Il la cultive, la ramasse puis la filtre. En France, ils sont environ 200 à s'être lancés sur ce marché. Pour certains d'entre eux, "la spiruline est la protéine végétale écologique de demain". Mais elle n'est pas la seule microalgue à avoir la côte. 

Des microalgues que l'on retrouvent déjà dans les cosmétiques, la nourriture...

Des laboratoires spécialisés ont vu le jour et dans leurs locaux, on observe et on étudie ces micro-algues comme celle qui contient de la lutéine à qui l'on prête des vertus antioxydantes, ou encore la sénédesmus qui est capable de produire du carburant naturel en consommant du dioxyde de carbone. "Dans nos algues, on va retrouver des molécules avec des effets hydratants, anti-rides, anti-âge, des effets anti-bactériens aussi", détaille le docteur Thibaut Michel, responsable recherche et développement du laboratoire Greensea à Mèze dans l'Hérault. L'entreprise fournit ainsi des groupes pharmaceutiques et cosmétiques. D'autres projets sont également à l'étude dans ce laboratoire mais ils demeurent secrets. 

Reste que ces organismes intéressent toute une industrie prête à financer des projets de recherche à hauteur de plusieurs millions d'euros, comme c'est le cas du laboratoire Algama, en région parisienne. L'entreprise a levé 9 millions d'euros depuis sa création il y a 6 ans, avec une ambition : développer la nourriture de demain. Grâce aux microalgues réduites en poudre, l'entreprise élabore des recettes pour imiter les produits connus des consommateurs à l'instar de la mayonnaise sans oeuf, déjà dans le commerce. 

L'entreprise espère produire du lait, à base d'algues ou encore, du saumon sans poisson. Mais cela n'est pas tout à fait pour demain, comme l'explique Jean-Paul Cadoret, directeur scientifique du laboratoire : "pour le saumon et la viande, il faut travailler sur la texture. Lorsque la viande grille par exemple, elle devient brune, pour le saumon, il faut veiller à ce que le goût ne soit pas trop prononcé..." Très riches en protéines et en oméga 3, les microalgues pourraient devenir indispensables pour nourrir les 10 milliards d'êtres humains à l'horizon 2050. 

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 Ces super végétaux sont aujourd'hui convoités par tous les secteurs. Dans la zone industrielle de Fos-sur-Mer, on tente de fabriquer du biocarburant à partir de microalgues nourries aux fumées industrielles depuis juin 2019. Le principe de ce projet de recherche est simple : les fumées chargées en CO2 de trois usines sidérurgiques de Kem One, Arcelor Mittal et Solamat-Merex ont été injectées directement dans des bassins de culture de microalgues. "La partie 'biomasse'de ces cultures est ensuite extraite, déshydratée et transformée en une pâte que l'on envoie" vers une branche spécialisée du CEA (Commisariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives), avant d'être raffinée en biocarburant", explique Magali Deveze, chef du département développement durable et valorisation domaniale du Port de Marseille Fos, qui coordonne le projet Vasco 2.

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Ces microalgues pourraient aussi être utilisées pour isoler votre maison ou pourquoi pas dépolluer l'air des villes."On est loin d'avoir exploré toute la diversité des algues, car on ne connait pas la totalité de ces algues, sur la planète", assure Yves Brunel, directeur de Greensea. 

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