VIDÉO - Presque aussi agile que la vôtre, voici Dactyl, la main robotique du futur

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Jusqu'où ira l'intelligence artificielle ?

MONDE DE DEMAIN - Fabriquer une main aussi agile que celle de l’homme est, avec la marche, l'un des grands défis de la robotique. En voyant cette main d'acier en train de résoudre un Rubik's cube, difficile ne pas l'imaginer vous servir un café ou vous jouer un air de Bach sur un piano.

Une main robotique dans un gant de velours. Dactyl, c’est son nom, est de gabarit humain, possède cinq doigts et suffisamment de moteurs pour imiter tous les mouvements de la main de l’homme. Encore à l’état de prototype, cette main à l’apparence humaine, conçue par une équipe de chercheurs du laboratoire d'intelligence artificielle de la société californienne OpenAI, est probablement l’une des plus avancées au monde. A la différence de la plupart des autres versions de main robotique, Dactyl n’est pas encombré d’imposants capteurs et de câbles. Esthétiquement proche de la perfection, il ne lui manque, pour ainsi dire, qu’une peau synthétique pour la recouvrir.

Sa dextérité remarquable, tiré d'une intelligence artificielle couplée à une technologie d’ "apprentissage automatique", lui permet ainsi de manipuler un Rubik’s cube. Et de le résoudre, de façon quasiment autonome, avec une seule main. Son pouce et ses quatre phalanges d'acier, effleurant avec délicatesse et par tâtonnement chacune des faces de l’objet, n'ont eu besoin que de quatre minutes pour solutionner ce casse-tête. Bluffant, tout simplement. "La résolution d'un Rubik's cube n'est pas très utile en soi. Mais elle montre à quel point nous pouvons pousser ces techniques, souligne Peter Welinder, l'un des chercheurs qui a travaillé sur le projet. Cette démonstration ouvre la voie à des robots capables de gérer une plus grande variété de tâches", affirme-t-il dans un interview au New York Times.

Dactyl s'est entraîné pendant... 10.000 ans

Fabriquer une machine capable de résoudre un Rubik’s cube n’a rien d'un exploit. Il existe même des robots pouvant effectuer cette tâche complexe en à peine une seconde. En juin dernier, un robot du Massachusetts Institute of Technology (MIT) a par exemple réalisé cette prouesse en moins de 0,4 seconde. Sauf que lui et les précédentes versions n’avaient pas l’apparence d’une main humaine.

De même, alors les roboticiens doivent généralement passer des mois et des mois à programmer le moindre geste, la main robotique de OpenAI a appris par elle-même via des simulations. Plus connue sous le nom d' "apprentissage automatique", cette technique consiste à former une machine en lui faisant répéter inlassablement la même tâche. Plus concrètement, Dactyl a passé virtuellement 10.000 ans à déplacer des petits cubes de haut en bas et de gauche à droite afin de résoudre le casse-tête, encore et encore, décrit la société californienne dans son communiqué.

Et c’est bien là tout le problème : si les roboticiens sont capables sans trop de difficulté de faire mimer n’importe quel mouvement humain à une main robotique, cela ne fonctionne que pour une tâche unique et très précise, pré-programmée, un peu à la manière d’un automate. 

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Le vrai défi, consistant à créer une main capable de saisir n’importe quel objet, dans n’importe quel contexte, de le manipuler correctement et d’être capable de s’adapter aux imprévus, n'est encore que de l'ordre du fantasme. Mais les recherches pour développer un système robotique intelligent qui puisse continuer d’apprendre pendant sa vie, comme nous, progressent à vitesse grand V. Petit à petit, Dactyl pourra réaliser de plus en plus de gestes, promettent déjà les chercheurs de OpenAI. L'un des premiers défis reste néanmoins de doter le robot d'un système reconnaissance d'objets. A titre d'exemple, pour le moment, aucune machine n'est capable de trier de manière fiable une corbeille d'objets aléatoires traversant un entrepôt.

Mais voilà, tout cela coûte cher, très cher. Et OpenAI n'a pas les moyens de Google qui effectue ce type de recherches avec 14 bras mécaniques qui ont, des milliers d’heures durant, appris à saisir des objets de nature très différente. C’est pourquoi OpenAI, dirigée par le gourou des technologies Sam Altman, a récemment signé un contrat d’un milliard de dollars avec Microsoft. Et c'est aussi la raison pour laquelle pourquoi le laboratoire a voulu que le monde entier assiste à une démonstration de sa main robotique résolvant un Rubik's cube.

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