VIDÉO - Satellites grillés, couche d'ozone endommagée... quels impacts aurait une "super éruption solaire" sur notre planète ?

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LET THE SUNSHINE IN - Un satellite de l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA) a réussi à capturer les images d'une éruption solaire, lundi 19 juin. L'occasion de revenir sur ce phénomène et d'analyser les conséquences possibles de cette saute d'humeur solaire sur notre planète.

Le Soleil a beau se trouver à près de 150 millions de kilomètres de nous, le moindre de ses caprices peut avoir des impacts très concrets sur notre bonne vieille planète bleue. Parmi les phénomènes les plus connus – et, dans une certaine mesure, les plus redoutés – se trouvent les fameuses éruptions solaires. 


Cette fois, c’est un satellite appartenant à l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA) qui a réussi à capturer les images de cette tempête de tous les diables, survenue à la surface du Soleil le 19 juin dernier.  L'occasion de revenir sur ce phénomène impressionnant et sur ses conséquences possibles sur notre environnement. 

Éruption solaire, kézako ?

Une éruption solaire se produit après une accumulation d'énergie magnétique dans l'équateur solaire, énergie qui se retrouve soudain libérée.  La déconnexion puis la reconnexion des champs magnétiques de notre étoile se trouve à l'origine du processus. Une fois déchaînées, ces tempêtes engendrent des émissions électromagnétiques sur un très large spectre : ces dernières peuvent alors toucher la Terre en quelques jours seulement. Et si ces fameuses ondes peuvent sembler innofensives  - c'est elles qui sont, par exemple, à l'origine des aurores boréales - elles sont surtout connues pour être capables d'engendrer des blackouts, voire des pannes informatiques de grandes ampleurs dans les cas les plus graves. 


Jean Lilensten, astronome français exerçant à l'Institut de planétologie et d'astrophysique de Grenoble, précise encore :  "Il est notoire qu’ils sont également susceptibles d’occasionner des pannes du réseau électrique, de dégrader ou d’interrompre la navigation GPS et les transmissions radio et de données, d’endommager ou de détruire des satellites, de provoquer, sur certaines lignes, des pannes à bord des avions ou de soumettre le personnel de bord à un surplus de radiation".

Mille milliards de dollars de dégâts évités de justesse en 2012

C’est à l’astronome Richard Carrington que revient la paternité de la première observation de cette saute d’humeur du Soleil, le 1er septembre 1859. Selon le CNRS, ce jour-là, deux éruptions solaires ont débouché sur la destruction pure et simple de 5% de l’ozone de notre atmosphère, tout en perturbant fortement les télécommunications par télégraphe électrique en Amérique du Nord et en Europe. Plus récemment, en janvier 2012, une éruption solaire massive a manqué la Terre de peu. Selon les spécialistes, elle aurait pu causer plus de mille milliards de dégâts.  


La question se pose alors : dans notre société ultra-connectée, qu’adviendrait-il si une "super éruption solaire" venait à se déclarer ? Faudrait-il s’attendre à voir le monde plonger dans le chaos ? Très certainement. Si ce scénario ne déplairait sans doute pas à Roland Emmerich et à Hollywood, il n’en est pas moins possible ! Car si l’atmosphère de la Terre fait office de bouclier contre les éruptions "standards", une tempête conséquente pourrait bien avoir raison de nous. Dans ce cas précis, le phénomène serait  susceptible d'endommager notre couche d'ozone (qui filtre les rayons ultraviolets) et de mettre à mal nos moyens de communications (les particules ionisées détraquant notre électronique).  Pire : Selon une étude publiée dans la revue Nature communications et relayée par Slate, une éruption solaire "10.000 fois supérieur à la normale" pourrait tout simplement carboniser notre planète. 


Que l’on se rassure cependant, selon l'astrophysicien Francis Rocard, qui s’exprimait sur le sujet dans les colonnes de l’Express, " le risque est très modéré, mais pas nul".  L'apocalypse - solaire, en tout cas - n'est donc pas pour demain. 

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