VIDÉO - SpaceX : à quoi ressemblent la voiture et "Starman" qu'Elon Musk a envoyé dans l'espace ?

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ESPACE - Cette belle cylindrée rouge vif, au volant de laquelle se trouve un mannequin habillé d'un scaphandre, est la première voiture de série propulsée dans l'espace. Un exploit un peu fou qui porte la griffe du richissime et fantasque fondateur de SpaceX, Elon Musk

En plus d'avoir fait le show, c'est un nouveau défi technologique que vient de relever l'entreprise américaine SpaceX. A 21h45 pétantes, mardi 6 février, le lanceur lourd Falcon Heavy s'est élancé dans l'espace pour la première fois, devenant la fusée la plus puissante depuis la Saturn V de la Nasa qui envoya des Américains sur la Lune, le 16 juillet 1969. Un peu moins de cinquante ans après cet exploit historique, des centaines de milliers de personnes à travers le monde ont pu assister en direct au lancement de la "Big fucking Rocket" d'Elon Musk, depuis la base de lancement de Cap Canaveral, en Floride (Etats-Unis).


Le vacarme pétaradant des vingt-sept moteurs Merlin répartis sur les trois propulseurs de la fusée s'allumant ensemble dans un nuage de gaz et de poussière était déjà impressionnant. Mais peut-être pas autant que les images époustouflantes d'une voiture électrique Tesla décapotable rouge, en orbite avec la Terre en toile de fond. "Apparemment, il y a une voiture en orbite autour de la Terre", a tweeté le richissime et fantasque fondateur de SpaceX, Elon Musk, avec un lien renvoyant vers la vidéo de cette mise en scène digne d'un film de science-fiction.

A bord de la belle cylindrée, solidement arnachée à l'étage supérieur de la Falcon Heavy, on peut sur ces images "Starman" (en hommage au morceau de David Bowie), un mannequin factice affublé d'un scaphandre blanc et assis sur le siège conducteur, un bras au volant, l'autre accoudé à la portière. Des caméras, fixées à la carlelingue de la voiture de sport de Tesla, ont permis au public de suivre en direct son épopée vers la planète Mars, du moins jusqu'à la coupure du signal. Ultime détail, non perceptible à l'image, la légendaire chanson "Space Oddity" de David Bowie est jouée en boucle par l'auto-radio du véhicule. 


"J'adore l'idée d'une voiture dérivant apparemment à l'infini dans l'espace et qui sera peut-être découverte par une race extraterrestre dans des millions d'années", avait déclaré début décembre sur Twitter Elon Musk, qui prépare depuis 2011 ce lancement inédit. Le bolide de Tesla sera propulsée en direction du Soleil à une distance similaire à celle de Mars, mais très loin de la planète rouge en fait.  Elle errera dans l'univers... peut-être pendant un milliard d'années comme le dit Musk, avec une pointe d'humour, mais l'on n'a peu de chance de savoir ce qu'elle deviendra vraiment.

J'adore l'idée d'une voiture dérivant apparemment à l'infini dans l'espaceElon Musk, le patron de l'entreprise américaine SpaceX, le 2 décembre dernier sur Twitter

La seule utilité de ce véhicule, si rutilant soit-il, sera donc d'avoir servi de charge-utile-test. En vue d'un prochain tir, où l'entreprise SpaceX chargera peut-être un satellite au bénéfice d'un commanditaire. La Falcon Heavy, qui mesure 70 mètres de hauteur sur douze mètres de largeur, est formée de trois fusées Falcon 9, sa petite soeur, attachées de front pour former le premier étage sur lequel est installé un second étage. Elle est considérée comme la fusée la plus puissante au monde et a été conçue pour transporter des astronautes et des équipements lors de futures missions vers la Lune et Mars.  Avec cette puissance (l'équilivant de dix-huit Boeing 747), Falcon Heavy pourra mettre jusqu'à 63,8 tonnes en orbite terrestre basse, soit près de trois fois la charge que peut emporter Falcon 9.

Ce coup de com' génialissime ne doit pas non plus faire oublier un autre exploit. Celui d'avoir réussi à faire réattérir sur Terre deux des trois propulseurs de la fusée. Comme pour les précédents tirs avec Falcon 9, l'entreprise SpaceX avait pour ambition de faire revenir se poser en douceur le premier étage et les deux  propulseurs d’appoint pour les réutiliser. Une mission à moitié accomplie : les deux boosters sont parvenus à revenir et à atterir en douceur simultanément, mais le troisième, censé atterir sur une plateforme en pleine mer, a quant à lui loupé sa cible et a percuté l'eau à 450 km/h, car un des moteurs ne s'est pas rallumé, a indiqué SpaceX, dans les heures qui ont suivi son lancement. Une chose est sûre : Elon Musk a remporté la palme de la mise en scène. 

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