VIDÉO - Tasmanie : la bioluminescence, un phénomène féerique mais une menace pour l'environnement

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SPLENDIDE - Dans l'océan austral de Tasmanie, de nombreux photographes capturent de superbes moments : des côtes recouvertes d'un bleu turquoise qui scintille. Un très beau phénomène qui s'accompagne cependant de mauvaises nouvelles pour l'environnement.

C’est un spectacle impressionnant et d’une grande beauté. Ces derniers jours, les eaux de la côte nord-ouest de Tasmanie se parent d’une robe d’un bleu étincelant. Ce phénomène visible dans la baie Preservation et au cap Rocky est connu sous le nom de bioluminescence. Il s’agit de simples cellules de plancton du nom de Noctiluca scintillans. Face au mouvement des vagues, ces organismes cherchent à se protéger des prédateurs. Elles se déplacent et produisent de la lumière dans leur cytoplasme. En bref, elles brillent dans l’eau pour faire peur, voire pour attirer d'autres espèces susceptibles de les protéger. Une vraie alarme naturelle. 

"Un symptôme du réchauffement climatique"

Mais ce phénomène féérique a aussi son côté sombre. "Ces apparitions sont un symptôme du réchauffement climatique", explique au journal New Scientist Anthony Richardson, du CSIRO, l’agence nationale scientifique d’Australie. Ces micro-organismes étaient inexistants dans cette région du monde il y a encore une vingtaine d’années. Mais "comme l’océan Austral se réchauffe, il est devenu suffisant chaud pour que Noctiluca survive", poursuit M. Richardson.


Quel est le risque ? Que ces cellules de plancton tuent directement ou indirectement les organismes vivants dans les mers de Tasmanie. Leur présence pourrait bien faire disparaitre certaines algues en les affamant. Car Noctiluca dévore avec une certaine voracité les diatomées, des micro-algues qui représentent également la nourriture des krills, une espèce proche de la crevette présente dans la région. "Aussi merveilleuse et amusante que soit Noctiluca, il s’agit également d’une espèce qui pourrait causer la mort de poissons", ajoute Gustaaf Hallegraeff de l’université de Tasmanie. Ces cellules de plancton pourraient irriter les branchies des poissons ou conduire à un manque d’oxygène. 

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